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La lutte contre le crime, l'enjeu qui pourrait révéler le vrai Jair Bolsonaro

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Le président élu brésilien, Jair Bolsonaro.

Jair Bolsonaro, candidat de l'extrême droite, a remporté l'élection présidentielle au Brésil.

Photo : Reuters / Pilar Olivares

Jean-Michel Leprince
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Élu confortablement au Brésil malgré des propos homophobes, misogynes et racistes qui l'auraient fait disqualifier dans la plupart des pays, le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro s'est présenté, après sa victoire, comme le défenseur de la démocratie, des libertés et de la Constitution. Son premier test pourrait être celui de la lutte contre la criminalité. Les droits individuels seront-ils respectés?

Amorcée en 2008 avec la création des polices de proximité, les UPP, la politique brésilienne de pacification a fait fuir les bandes criminelles des principales favelas, celles de Rio en particulier.

Plusieurs soupçonnent maintenant que le but visé était davantage de rassurer les visiteurs avant la Coupe du monde de soccer, en 2014, et les Jeux olympiques, en 2016, que de faire régner la loi et l’ordre. Les policiers n’étant plus payés pour ces services, ils se sont parfois associés aux narcotrafiquants.

Résultat : près de 64 000 homicides ont été recensés en 2017, soit 3,7 % de plus qu’en 2016.

Les bandes criminelles ont ainsi retrouvé leurs terrains de chasse et de trafic d’armes et de drogues. Des milices illégales se sont donné la mission d’exterminer les petits criminels. La police doit affronter l’un et l’autre.

Le comble a été atteint avec l’assassinat d’une conseillère municipale militante issue des favelas, Marielle Franco, qui a révolté le Brésil tout entier. C’en était trop.

C'est la guerre

« Je crois que c’est une situation de guerre. Ce n’est pas une guerre traditionnelle, évidemment. Il y a des petits pouvoirs locaux, ils perdent toutes les batailles, mais ils ne perdent pas la guerre », dit Rubem César Fernandes, qui dirige Viva Rio, une ONG qui s’occupe des droits, du bien-être et de la sécurité des habitants des favelas depuis plus de 20 ans.

Il y a une jeunesse adolescente qui est en dehors des écoles et du travail dans l’État de Rio; ce sont 96 000 jeunes, d’après les derniers recensements. Ça, c’est la réserve des soldats du crime. C’est avec eux qu’il faut travailler.

Rubem César Fernandes, de l'ONG Viva Rio

Cette année, le gouvernement fédéral a envoyé l’armée dans les favelas. Une bonne idée, selon Rubem César Fernandes, mais qui ne suffit pas.

« Je crois qu’il faut une stratégie du genre mission de paix des Nations unies, avec combinaison de plusieurs dimensions d’engagement. Il faut imposer la paix [peace enforcement], il faut faire la paix, ça demande une participation des institutions de la communauté. Il faut maintenir la paix [peace keeping]. Une stratégie en trois dimensions », explique-t-il.

Que propose Jair Bolsonaro?

Je veux une police civile et militaire qui défende le peuple et qui tire pour tuer.

Jair Bolsonaro, président élu du Brésil

Jair Bolsonaro veut armer les gens, donner le droit de tirer à vue sur les délinquants et abaisser de 18 à 16 ans la responsabilité pénale. Plusieurs redoutent qu’il donne ainsi carte blanche à une chasse aux petits délinquants par des milices. Les électeurs des favelas qui l'ont appuyé pourraient en faire les frais.

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