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Les excuses officielles de la SQ aux Autochtones n’ont pas eu lieu

Le directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud'homme.

Le directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud'homme

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La directrice du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or (CAAVD), Édith Cloutier, ne cache pas sa déception face au témoignage de Martin Prud'homme à la commission Viens. Elle déplore notamment que M. Prud'homme ait refusé de s'excuser publiquement pour les torts causés aux peuples autochtones par son organisation.

Un texte de Thomas Deshaies

Martin Prud'homme était directeur de la Sûreté du Québec lors des « événements de Val-d'Or ». Au cours de son témoignage à la commission Viens, il a refusé d'offrir des excuses officielles puisqu'il est présentement aux commandes du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Je parle au nom du SPVM [aujourd'hui], puis j'aurais bien apprécié… je ne peux pas parler en son nom [le directeur par intérim de la SQ], a-t-il répondu.

Une justification jugée dérisoire par Édith Cloutier, d’autant plus que Martin Prud'homme devrait reprendre son poste de directeur à la SQ.

Édith Cloutier, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or, lors de la remise d'un doctorat honorifique par l'Université Concordia.

Edith Cloutier, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or, lors de la remise d'un doctorat honorifique par l'Université Concordia.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Malheureusement, ce n'est pas avec le témoignage des autorités de la SQ devant la commission la semaine dernière qu'on va obtenir ce qu'on attendait, affirme-t-elle.

Martin Prud'homme a tout de même pris un autre engagement.

Je m'engage aujourd'hui à poursuivre les actions et à m'assurer que la SQ sera au rendez-vous pour corriger les situations qui ont été, qu'on peut lui reprocher, pour améliorer toutes les relations qu'on peut avoir avec la communauté, avait-il ajouté.

Oui, des excuses, pour nous, c'est un passage obligé, si on veut cheminer vers une confiance rebâtie et une réconciliation également.

Édith Cloutier, directrice du CAAVD

Des exemples de comportements inappropriés

Édith Cloutier estime que Martin Prud'homme ne semblait pas se sentir très concerné, alors que le procureur de la commission d'enquête a « exposé des cas troublants de comportements inappropriés et inadmissibles de policiers. »

Le procureur de la commission d'enquête a en effet lu plusieurs extraits de rapports produits par des policiers de Val-d'Or, où on y retrouve des propos qui semblent nourris par les préjugés.

L'un de ses rapports concerne une femme issue des Premières Nations qui avait été agressée par un inconnu et qui était recroquevillée sur la voie publique.

La policière estimait plutôt qu'il s'agissait d'une mise en scène, tel qu'en témoigne cet extrait de son rapport, lu par le procureur, Paul Crépeau.

« L'endroit où les deux individus est [sic] très connus pour faire de l'auto-stop. De plus, je connais bien ces deux personnes et je crois qu'après avoir attendu quelques minutes [ils] se sont lassés d'attendre et ont établi un autre plan, soit de faire appeler une ambulance afin d'aller au Centre hospitalier de Val-d'Or pour quitter finalement avec un taxi médical où le transport est gratuit afin de retourner au lac Simon », peut-on lire dans le rapport.

Est-ce que ce n'est pas raciste de dire cela, s'était exclamé Paul Crépeau, tout en cherchant à obtenir l'approbation de Martin Prud'homme quant à son analyse.

Je suis très très sensible aux relations qu'on peut avoir avec la population , a déclaré M. Prud'homme sans s’avancer sur l’interprétation fournie par M. Crépeau.

Un écusson sur une veste d'un policier de la Sûreté du Québec

Un écusson de la Sûreté du Québec

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

La « culture policière »

Édith Cloutier estime que le témoignage de Martin Prud'homme ne rassure pas quant aux mauvais côtés de la culture policière. « On a relevé dans cette culture, et on en avait fait mention dans le passé, toute cette question de l'OMERTA, dans la police », déplore-t-elle.

Est-ce qu'on est devant une culture policière qui maintient à l'écart les Autochtones, avec des traitements différents qui briment les droits de la personne?

Édith Cloutier

La directrice du Centre d'amitié autochtone aurait souhaité que la SQ reconnaissance ses erreurs, à l'instar de plusieurs autres corps de police au Canada. Elle déplore aussi que la haute direction de la SQ affirme n'avoir pas été au courant des allégations à Val-d'Or.

Abitibi–Témiscamingue

Autochtones