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Succession de Robert Lafrenière à l’UPAC : l'opposition dénonce « un flou »

Robert Lafreniere

Le remplaçant de Robert Lafrenière, qui quittera son poste à l'UPAC le 2 novembre, n'est pas encore connu.

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Radio-Canada

L'identité du successeur de Robert Lafrenière, le grand patron de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), n'est pas encore connue. Alors que sa démission prendra effet vendredi, l'incertitude qui plane toujours est dénoncée par les partis d'opposition.

Un texte de Romain Schué (Nouvelle fenêtre), correspondant parlementaire à Québec

« On n’a aucune information pour le moment. Il y a un flou bien présent », déplore Pascal Bérubé, chef par intérim du Parti québécois (PQ).

« Le gouvernement doit indiquer dès maintenant qui va occuper le poste de commissaire par intérim de l’UPAC. Robert Lafrenière quitte officiellement ses fonctions cette semaine et nous ne savons même pas qui va le remplacer », déclare l’ex-ministre libérale Christine Saint-Pierre, porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique.

Son homologue à Québec solidaire (QS), Alexandre Leduc, va jusqu'à qualifier cette situation d'« inquiétante » et affirme n’avoir même pas entendu « une nouvelle » ni une « rumeur » à ce sujet dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

À ce jour, aucun nom n’a été communiqué, ni par l’unité d’enquête ni par le gouvernement.

Le cabinet de François Legault a renvoyé Radio-Canada vers l’UPAC.

Et l’UPAC, par l'entremise de son porte-parole Mathieu Delisle, a invité les journalistes à contacter le gouvernement caquiste pour avoir des informations concernant le « processus mené par le ministère de la Sécurité publique ».

Un vote aux deux tiers des députés

À la tête de l’UPAC depuis sa création, en 2011, Robert Lafrenière, un ancien directeur des services d'enquêtes criminelles de la Sûreté du Québec qui avait vu son mandat être renouvelé en 2016, avait surpris toute la classe politique en remettant sa démission le matin du 1er octobre, le jour des élections générales provinciales.

Les raisons de ce départ n'ont pas été communiquées et le principal intéressé n'a accordé aucune entrevue.

Un mois plus tôt, François Legault avait promis de revoir le processus de sélection du commissaire de l’UPAC. Celui-ci devrait être nommé par les deux tiers des députés de l’Assemblée nationale, avait assuré le chef de la CAQ.

Cette proposition avait mis en colère Philippe Couillard au cours de la dernière campagne électorale. L’ancien premier ministre avait accusé son futur successeur d'« ingérence politique dans la police », évoquant « un geste […] sans précédent » et « extrêmement grave ».

Une semaine après le scrutin, Simon Jolin-Barrette, leader parlementaire du gouvernement majoritaire, a confirmé l'intention des caquistes de déposer un projet de loi à cet effet avant Noël.

« On est confiants de pouvoir nommer le prochain commissaire à l’UPAC selon la nouvelle formule », affirme maintenant l’attaché de presse du cabinet du premier ministre, Ewan Sauves.

Plusieurs pertes préoccupantes, selon le PLQ

Ce nouveau mode de nomination trancherait avec la volonté du précédent gouvernement de Philippe Couillard.

Ce dernier avait accordé davantage de pouvoirs à l’UPAC, par l’adoption du projet de loi 107 en février, tout en créant un comité de sélection, chargé d’étudier les candidats potentiels, avant de remettre une courte liste au ministre de la Sécurité publique.

Le prochain commissaire de l’UPAC devrait ainsi être nommé pour une période non renouvelable de sept ans, contre cinq années actuellement, selon les termes définis dans le texte.

Ces derniers mois, l’institution policière a perdu plusieurs de ses têtes dirigeantes. Son numéro deux, Marcel Forget, avait démissionné fin 2017, à la suite d’une affaire concernant la promotion d’une entreprise controversée. En avril, le départ du directeur des opérations, André Boulanger, avait lui aussi été annoncé.

Nous trouvons très préoccupant de constater qu’il n’y a plus personne à la tête du corps de police chargé de lutter contre la corruption au Québec.

Christine Saint-Pierre, porte-parole du PLQ pour la sécurité publique

Le PQ et QS soutiennent le nouveau mode de nomination

Le changement de mode de nomination est appuyé à la fois par le PQ et par QS.

Souhaitant la présentation d’un projet de loi « dès la première semaine » des travaux parlementaires, qui débuteront le 27 novembre, Pascal Bérubé espère également que les députés pourront questionner le ou les candidats sélectionnés avant de passer au vote.

« On veut entendre cette personne sur sa vision de la police au Québec, ses relations avec le politique, son indépendance, ses priorités », détaille le chef péquiste, qui « offre [son] concours pour ce projet de loi ».

« Il faut aller le plus vite possible, mais sans sauter les détails. Ce n’est pas un petit entretien d’embauche dans un café. Il faut avoir l’occasion de lui parler », ajoute le député solidaire Alexandre Leduc.

En plus d’un patron issu du monde policier, QS propose également la création d’un poste de co-commissaire civil, « qui serait compétent en matière de gestion, pour éviter les guerres de clans », souligne le député d’Hochelaga-Maisonneuve.

De son côté, le PLQ, fermement opposé sous le mandat de Philippe Couillard à cette révision, souhaite attendre le dépôt de ce projet de loi avant de faire part de sa position actuelle.

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