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  • Alfred Pellan, le magicien de la couleur, nous quittait il y a 30 ans

    Plan rapproché du peintre Alfred Pellan, devant des costumes qu'il a conçus.
    Le peintre contemporain Alfred Pellan s’éteint le 31 octobre 1988 à l’âge de 82 ans. Photo: Radio-Canada / Reportage de l'émission Femme d’aujourd’hui du 20 décembre 1968

    Le 31 octobre 1988, le Québec perd l'un de ses plus prééminents peintres. Alfred Pellan a révolutionné le monde artistique avec son style surréaliste, coloré et vivant. Retrouvez en archives un des premiers maîtres québécois de l'art contemporain.


    Alfred Pellan se livre sur la vie et la mort

    C’est un homme attentif et franc que la journaliste Françoise Faucher rencontre à l’émission Femme d’aujourd’hui du 20 décembre 1968. Alfred Pellan lève le voile de ses pensées sur les grands thèmes de la vie.

    Rien n’y échappe. Il s’exprime sur le temps qui passe trop rapidement, sur son désir d’être perpétuellement jeune et sur sa peur de la vieillesse.

    Son plus grand rêve serait de pouvoir continuer à tenir ses pinceaux pendant ses vieux jours. Il craint par-dessus tout la paralysie.

    Tout au long de l’entretien, il se prête au jeu, ne sachant parfois quoi répondre, mais restant toujours, au dire de la journaliste, bien modeste.

    Alfred Pellan a pourtant, déjà à l’époque, une longue carrière derrière lui et une succession de réussites que plusieurs rêveraient d’avoir accomplies.

    Des succès qu’il a commencé à accumuler dès ses premiers pas à Paris en 1926.

    Ses années formatrices

    Alfred Pellan devient un des premiers artistes à obtenir une bourse du gouvernement québécois lui permettant de poursuivre sa formation dans la capitale française. Il y passera près de 14 ans.

    Et ses années en France le changent.

    Il s’éblouit de voir un monde artistique en ébullition. Dans la ville, il découvre le renouveau de l’art contemporain, lui qui n’avait évolué que dans le réalisme jusqu’alors.

    Il côtoie de grands maîtres comme Picasso, qu’il n'admirait auparavant que de loin. Il avoue ne pas être capable de se conformer à la rigidité académique, préférant plutôt apprendre de ses contacts avec les artistes et ses visites dans les galeries.

    Il replonge dans ses années formatrices avec le journaliste Wilfrid Lemoine à l’émission Gros plan du 5 août 1970.

    L’artiste discute du mouvement surréaliste, un style qu’il développe à Paris et qu’il dépeint sur les canevas avec des couleurs vives et des formes particulières. Dans ses œuvres, on dénote également des influences des mouvements fauves et cubistes.

    Le peintre s’exprime également sur un important moment de dissension artistique, le manifeste Prisme d’yeux publié quelques mois avant le manifeste Refus global de Paul-Émile Borduas.

    Il y dénonce, avec 14 autres artistes, la vision trop étroite du mouvement des « automatistes ».

    Nous cherchons une peinture libérée de toute contingence de temps et de lieu, d'idéologie restrictive et conçue en dehors de toute ingérence littéraire, politique, philosophique ou autre qui pourrait adultérer l'expression et compromettre sa pureté.

    Extrait du manifeste Prisme d’yeux

    Mais la sortie du Refus global, plus radical, relègue Prisme d’yeux dans l'ombre. Et l’opposition entre Borduas et Pellan ne s’effritera jamais, malgré les années.

    Sa résonance auprès du public

    Le Musée des beaux-arts de Montréal présente, en 1972, une rétrospective de l’artiste. Avec une œuvre déjà bien ancrée dans l’univers artistique, l’exposition crée un engouement. On admire le peintre pour la vivacité de ses couleurs et la joie de vivre qui émane de ses tableaux.

    C’est l’innovation. Je trouve que c’est extraordinaire, dans la vie d’un homme, de changer autant. C’est un maître, c’est certain que c’est un chef de file.

    Femme anonyme visitant l’exposition d’Alfred Pellan

    L’animateur Yvon Leblanc recueille les témoignages élogieux des visiteurs de l’exposition à l’émission 30 dimanche du 26 novembre 1972.

    Germain Lefebvre, conservateur et organisateur de la rétrospective, dégage les principaux thèmes et techniques des tableaux du maître.

    Alfred Pellan s’éteint le 31 octobre 1988 à l’âge de 82 ans.

    Il aura lutté toute sa vie contre les contraintes de l’obscurantisme et de l’académisme. Prônant la liberté de penser, il a contribué, de concert avec d’autres peintres de l’époque, à entraîner le monde artistique québécois dans la modernité.

    Sa contribution à la culture artistique du Québec est indiscutable. La richesse et l’intemporalité de son œuvre le placent comme l’un des artistes québécois les plus importants de son époque.

    Quelques dates de la vie d’Alfred Pellan

    • Il est né à Québec le 16 mai 1906.
    • Il étudie et habite à Paris de 1926 à 1940, revenant au Québec à cause de la Seconde Guerre mondiale.
    • En 1943, il devient professeur à l’École des beaux-arts de Montréal.
    • En 1948, il forme le groupe Prisme d’Yeux et cosigne un texte avec 14 artistes pour contrebalancer le mouvement de l’automatisme.
    • En 1955, le Musée national d'art moderne de Paris présente une exposition individuelle sur Alfred Pellan, le premier artiste canadien à recevoir cet honneur.
    • En 1967, il reçoit l’Ordre du Canada.
    • En 1984, Alfred Pellan reçoit le prix Paul-Émile-Borduas pour l'ensemble de son œuvre.
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