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Vertus amaigrissantes surprises d'une protéine testée contre le cancer

Une souris de laboratoire obèse.
Une souris de laboratoire obèse. Photo: iStock

À la grande surprise d'oncologues américains qui étudiaient les vertus contre le cancer d'une protéine, cette dernière s'est révélée être un régulateur puissant du métabolisme. Explications.

Un texte d'Alain Labelle

Le Pr Anton Wellstein et ses collègues de l’Université Georgetown affirment que, lorsqu’ils ont forcé l'expression de la protéine BP3 chez des souris de laboratoire obèses, leur masse graisseuse a considérablement chuté malgré leurs prédispositions génétiques.

Selon ces chercheurs, cette protéine pourrait s’avérer utile pour renverser les troubles associés au syndrome métabolique, comme le diabète de type 2 et la maladie du foie gras.

Nous avons constaté que huit traitements de BP3 étalés sur 18 jours étaient suffisants pour réduire de plus d'un tiers la graisse chez les souris obèses.

Anton Wellstein

Le saviez-vous?

En 2016, selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 1,9  milliard d’adultes étaient en surpoids. Sur ce total, plus de 650 millions étaient obèses.

L’obésité est le principal moteur du syndrome métabolique, mais il y a aussi : une pression artérielle élevée; une hyperglycémie (un taux de sucre sanguin élevé); un faible taux de « bon » cholestérol; un taux élevé de triglycérides (type de gras circulant dans le sang).

En outre, les traitements ont également permis de réduire un certain nombre d’autres troubles liés à l'obésité chez les souris, comme l'hyperglycémie (un excès de sucre dans le sang souvent lié au diabète) et la présence de gras dans le foie.

Mieux encore, l'examen clinique et microscopique des souris n'a révélé aucun effet secondaire.

Le saviez-vous?

Comme BP3 est une protéine naturelle, des essais cliniques chez l’humain pourraient commencer après une série d'études précliniques.

BP3 est de la famille des protéines de liaison (BP) du facteur de croissance des fibroblastes (FGF). Ces derniers se trouvent dans des organismes allant des vers aux humains et sont impliqués dans un large éventail de processus biologiques, tels que la régulation de la croissance cellulaire et la cicatrisation.

Certains FGF agissent comme des hormones.

BP1, 2 et 3 sont des protéines dites « chaperon » parce qu’elles s'accrochent aux protéines FGF et améliorent leurs actions dans le corps.

BP1 est actuellement à l’étude parce que sa production est élevée dans plusieurs cancers, ce qui laisse à penser que la croissance de certains cancers serait liée à la présence excessive de FGF.

La protéine chaperon BP1 se lie à trois protéines FGF (19, 21 et 23) qui sont impliquées dans le contrôle du métabolisme. La signalisation FGF19 et FGF 21 régule l’entreposage et l'utilisation des glucides (sucres) et des lipides (graisses), tandis que FGF23 contrôle le métabolisme du phosphate.

Nous avons découvert que BP3 apporte une contribution importante au contrôle métabolique.

Anton Wellstein

Le détail de cette étude est publié dans la revue Scientific Reports (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Obésité

Science