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Fusillade à Pittsburgh : le réseau social marginal Gab, largué par son hébergeur

Une capture d'écran montrant la page d'accueil de Gab.

La page d'accueil de Gab, telle qu'elle apparaissait en ligne le 21 octobre 2018.

Photo : Gab

Radio-Canada

Le réseau social marginal Gab a été mis hors ligne, lundi matin, après qu'on ait appris que le présumé auteur de la tuerie dans une synagogue de Pittsburgh y avait tenu des propos racistes peu de temps avant les événements.

L’hébergeur GoDaddy a donné jusqu’à lundi soir à Gab pour trouver un nouvel hébergeur, ce qui explique la neutralisation du réseau social. Plusieurs fournisseurs de services Internet auraient déjà refusé de s’associer au site utilisé par de nombreux mouvements d'extrême droite.

Des boutiques d’applications et des services de paiement, dont PayPal et Stripe, ont aussi tourné le dos à Gab, rapportent de nombreux médias américains.

Le réseau social a dénoncé cette situation sur Twitter en appelant le président des États-Unis, Donald Trump, et son directeur de campagne, Brad Parscale, à y porter attention.

Des propos racistes

Gab a reconnu que Robert Bowers, le suspect arrêté après la fusillade de samedi, avait bel et bien écrit sur sa plateforme. Une capture d’écran du message de M. Bowers obtenue par l’Associated Press montre qu’il a tenu des propos racistes peu de temps avant la fusillade qui a fait 11 morts parmi les fidèles réunis dans une synagogue pour le sabbat.

« HIAS [un organisme à but non lucratif venant en aide aux réfugiés, NDLR] aime faire venir des envahisseurs qui tuent notre peuple, a écrit M. Bowers sur son compte vérifié. Je ne peux pas me contenter de rester immobile pendant que mon peuple se fait abattre. Au diable votre bien-pensance, je me lance. »

Gros plan de Robert Bowers.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo de Robert Bowers fournie aux médias par les autorités. Bowers est accusé d'avoir tué 11 personnes dans une synagogue de Pittsburgh.

Photo : La Presse canadienne / AP/Secrétariat au Transport de la Pennsylvanie

Dans une entrevue accordée à NPR, le fondateur et PDG de Gab, Andrew Torba, a dit ne pas avoir vu de menace claire dans le message de Robert Bowers.

« Voyez-vous une menace directe là-dedans? Parce que moi, non. Que voudriez-vous qu’on fasse avec une publication comme ça? Vous voulez qu’on censure quiconque écrit "Je me lance"? C’est absurde. Et de toute façon, la réponse à [...] des discours haineux, peu importe comment vous voulez les définir, c’est plus de discours. »

Gab collabore à l’enquête

Gab dit avoir « fièrement passé les 48 dernières heures à collaborer avec le département de la Justice et le FBI pour que justice soit faite envers un présumé terroriste ». Le réseau social ajoute que grâce aux données qu’il a fournies aux autorités, les policiers ont amplement de preuves pour mener leur enquête à bien.

First responders surround the Tree of Life Synagogue in Pittsburgh, Pa., where a shooter opened fire Saturday, Oct. 27, 2018. (AP Photo/Gene J. Puskar)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les autorités comptent plusieurs morts dans cette fusillade qui a eu lieu samedi matin.

Photo : The Associated Press / Gene J. Puskar

Ce réseau social marginal, qui dit compter 800 000 membres, est souvent associé à des mouvements d’extrême droite en raison de la très grande liberté d’expression qui y règne. Les messages racistes et haineux n’y sont pas interdits, comme c’est le cas ailleurs sur le web. Les appels directs à la violence sont toutefois bannis.

Le chroniqueur Jeff Yates, spécialisé dans la vérification des faits et la culture marginale sur le web, avait constaté l’an dernier que les discours haineux et les théories du complot prolifèrent sur Gab à l’abri des regards.

Le grand public et les médias de masse portent en effet peu d’attention à ce réseau social, en raison de sa taille relativement petite par rapport à celle de Facebook ou de Twitter. Bien que peu nombreux, ses utilisateurs sont toutefois très engagés.

Avec les informations de CNN, The Washington Post, et NPR

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