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La chancelière allemande Angela Merkel annonce son départ... dans trois ans

La chancelière Angela Merkel a confirmé qu'elle ne se représentera pas à la présidence de son parti, le CDU, à l'issue de son mandat.

Photo : Reuters / Hannibal Hanschke

Radio-Canada

La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé lundi en privé qu'elle ne sollicitera pas de nouveau mandat à la présidence de son parti. Elle compte cependant demeurer à la tête du gouvernement jusqu'à la fin de son mandat de chancelière, en 2021.

Mme Merkel a fait part de sa décision ce matin aux dirigeants de son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), avant de s'adresser aux médias.

Afin de s'assurer d'un départ ordonné et pour donner le temps nécessaire à son parti pour organiser une course à sa succession en bonne et due forme, la chancelière de 64 ans entend continuer de gouverner le pays jusqu'à la fin de son mandat actuel, qui prend fin dans trois ans.

Expliquant qu'elle n'ambitionne pas d'occuper d'autres fonctions, notamment à l'Union européenne, la chancelière a coupé court aux spéculations sur son avenir en déclarant : « Je ne solliciterai aucune fonction politique après la fin de mon mandat en 2021 ».

« Je crois que nous avons besoin de tourner la page », a ajouté la chef du gouvernement allemand, qui ne sollicitera par ailleurs aucun mandat en cas d'élections anticipées.

Angela Merkel a aussi précisé qu’elle ne proposera pas de successeur elle-même à la présidence du parti, qui se veut un tremplin pour l’obtention du poste de chancelier fédéral.

Je sens que cette phase [de quête d'un nouveau chef de la CDU] est pleine de possibilités, et c'est très bien, car nous ne l'avions pas eue depuis 18 ans.

Angela Merkel, chancelière allemande

Déjà, la secrétaire générale du CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, et le ministre de la Santé, Jens Spahn, ont manifesté de leur intérêt pour une candidature à la présidence du parti.

C'est en décembre prochain que les membres du CDU doivent élire leur nouveau leader.

Son parti en perte de vitesse

Cette annonce survient au lendemain d'une élection décevant pour les conservateurs du CDU dans la région de Hesse, qui a permis au parti d'extrême droite de l'AfD de tripler ses appuis et d'entrer au parlement régional.

Et il y a deux semaines, lors des élections régionales en Bavière, le recul important enregistré par l'Union chrétienne-sociale (CSU), son allié historique, a également ébranlé la solidité du gouvernement d'Angela Merkel. Le CSU a perdu la majorité absolue qu'il détenait dans la région depuis 1950.

L'accueil d'un million de migrants lui coûte cher

Des Allemands brandissent une longue banderole blanche sur laquelle il est écrit en lettres majuscules: « Nous sommes le peuple » en plus de brandir des drapeaux de l'Allemagne.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des manifestants allemands tiennent une bannière sur laquelle il est écrit: «Nous sommes le peuple» lors d'une marche à Chemnitz le 7 septembre 2018.

Photo : Getty Images / John MacDougall

Outre les revers en Hesse et en Bavière, le gouvernement Merkel a connu une année très difficile, encaissant les contrecoups de sa décision d’accueillir plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015.

Cette décision a fourni des arguments et des munitions à l’opposition ainsi qu’aux formations politiques d’extrême droite qui ont gagné du terrain aux législatives de 2017.

Même si la chancelière Merkel a depuis resserré considérablement l’entrée de migrants sur le territoire allemand, l’accueil de plus d’un million de migrants dans le pays lui a coûté de nombreux appuis politiques.

Elle a notamment dû batailler pendant six mois après les législatives pour finalement former une coalition gouvernementale avec des sociaux-démocrates très récalcitrants.

Puis l'été dernier, l'Union chrétienne-sociale (CSU) bavaroise s'est rebellée. Conduite par son chef, le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, la CSU a mis le gouvernement d'Angela Merkel en danger à deux reprises en défendant des positions plus à droite pour regagner le terrain perdu face à la formation d'extrême droite de l'AfD.

Aux commandes de l'Union chrétienne-démocrate depuis plus de 18 ans, Angela Merkel est devenue chancelière fédérale en 2005 en succédant à Gerhard Schröder.

Figure de proue au sein de l'Union européenne, Angela Merkel, physicienne de formation, aura bientôt exercé trois mandats à la tête du gouvernement allemand.

La valeur de l'euro a fortement baissé dès l'annonce de son départ prochain.

Élue pour la première fois au Bundenstag en 1991, Angela Merkel a dirigé son premier ministère, celui des Femmes et de la Jeunesse, au sein du cabinet d'Helmuth Khol, qui lui confiera ensuite le ministère de l'Environnement de 1994 à 1998.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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