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Une étude pour lutter contre la maltraitance des aidants naturels

Le reportage de Marie-Laurence Delainey
Radio-Canada

Les proches aidants qui accompagnent des personnes vulnérables deviennent parfois eux-mêmes victimes de violence physique et psychologique. Cette réalité peu connue fait l'objet d'une étude au Québec.

Un texte de Marie-Laurence Delainey

Un Québécois sur quatre est un proche aidant et au moins 15 % d’entre eux seraient victimes de maltraitance.

D’après Sophie Éthier, professeure agrégée à l’École de travail social et criminologie de l'Université Laval, la violence vient souvent de la personne qui reçoit les soins, mais peut aussi venir des autres membres de la famille ou du système de santé.

« L’entourage fait parfois pression sur le proche aidant, et le réseau de la santé ne les soutient pas suffisamment », dit-elle.

Démystifier et trouver des solutions

C’est elle qui réalise l’une des premières études au Québec sur la question.

Le projet de recherche financé par le ministère de la Famille à travers le programme Québec ami des aînés a ainsi été lancé en partenariat avec le Regroupement des aidants naturels du Québec.

Il a pour but de démystifier le problème et de proposer des solutions.

Normand Trépanier fait partie de ces aidants naturels. Il épaule sa femme qui souffre de la maladie d'Alzheimer.

Les premiers symptômes, tels que des oublis et des crises de colère, se sont manifestés en 2005.

Plus récemment, les crises se sont accentuées.

Il est assis dans une chaise et lit un document.Normand Trépanier Photo : Radio-Canada / Marie-Laurence Delainey

« Elle me disait que j’étais nul. Ça fait mal... Elle me frappait et me crachait dessus », raconte-t-il.

M. Trépanier n’est pas le seul proche aidant à subir de la violence.

« Évidemment, la maladie va faire en sorte que les gens ont des comportements inappropriés au plan physique, psychologique... Mais au-delà de ça, il y a également des personnes qui sont difficiles et étaient déjà difficiles avant la maladie », explique Mme Éthier.

Je trouve que dans la maltraitance, ce qui est pire c’est que c’est un tellement beau geste pour la personne pas juste pour la société. Ça n'a pas de bon sens qu’ils ne soient pas assez soutenus.

Sophie Éthier, professeure agrégée à l’École de travail social et criminologie de l'Université Laval

Mme Éthier précise que des ressources destinées aux proches aidants existent, mais qu’elles sont peu connues et que les services pourraient être mieux adaptés à leurs besoins.

M. Trépanier, de son côté, reçoit de l’aide de son CLSC et d’organismes communautaires. Sa relation avec sa femme se porte beaucoup mieux depuis.

« Tant que je vais être capable, je vais la garder [avec moi] », dit-il.

Société