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Magasiner ou prier le dimanche : le débat s’ouvrait il y a 30 ans

Une enseigne de la boucherie Bisson, qui indique être ouverte 7 jours par semaine.

Une enseigne de la boucherie Bisson, qui indique être ouverte 7 jours par semaine.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le magasinage dominical est la norme aujourd'hui, mais cela n'a pas toujours été le cas. Au Québec et en Ontario, il aura fallu attendre 1992 avant que les magasins n'ouvrent leurs portes le jour du Seigneur. Cette décision déchire les commerçants de l'Outaouais à l'époque.

C’est la Loi sur l’observance du dimanche, datant de 1907, qui interdisait toute activité commerciale en cette journée.

Avec le rapatriement de la Constitution en 1982 et l’élaboration de la Charte canadienne des droits et libertés, la liberté de religion se trouve réaffirmée. Certains Canadiens d’autres confessions religieuses font alors tranquillement valoir leur droit de ne pas accorder de valeur particulière au dimanche, l'équivalent du jour du sabbat dans la religion catholique.

Le premier article de la Loi sur l'observance du dimanche, qui explique les dispositions générales. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La loi québécoise sur l'observance du dimanche a été abrogée en 1986.

Photo : Radio-Canada

La Cour suprême du Canada juge donc inconstitutionnelle, en 1985, la Loi sur l’observance du dimanche. Trois ans plus tard, le 1er novembre 1988, le Québec annonce l'intention de permettre l'ouverture des commerces le dimanche.

Ouvrir le dimanche, est-ce que ça vaut la peine?

Chez les employeurs et les consommateurs, l'opinion est partagée. L'opposition s'organise, avec en tête l'Église catholique.

Ce n’est pas tout le monde qui était partisan. C’est sûr que les gens qui étaient habitués de travailler juste la semaine, eux, avaient crainte de travailler le dimanche. [Il y a aussi] les syndicats [qui] s’opposaient à ça pour ne pas briser l’habitude des gens d’être en congé le dimanche, se souvient Pascal St-Pierre, directeur de Metro Kelly.

M. St-Pierre explique par contre que, d’un point de vue comptable, il n’était pas nécessairement rentable d’ouvrir le dimanche. Ça ne faisait que répartir les ventes normales hebdomadaires sur une semaine composée d’un jour additionnel.

Une image d'archives des années 1980 dans un commerce. Une dame est à la caisse.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Il y a trente ans, le débat sur l'ouverture des magasins le dimanche était entamé.

Photo : Radio-Canada

Des politiciens, eux, promettent de maintenir le dimanche jour de repos. Nous allons lutter pour protéger le temps de loisir que nous avons gagné depuis des générations dans cette province. C'est ce que nous allons faire dans cette campagne, annonçait Bob Rae, alors premier ministre de l’Ontario.

Bob Rae, alors premier ministre de l'Ontario.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bob Rae, alors premier ministre de l'Ontario

Photo : Radio-Canada

En Ontario, devant le flou juridique, des commerces font fi des contraventions et décident d'ouvrir illégalement leurs portes le dimanche. Des commerçants d'origine juive, notamment, qui se disent pénalisés financièrement parce qu'obligés de fermer leurs commerces le samedi, jour du sabbat, en plus du dimanche.

Le mouvement prend de l'ampleur, et l'effet d'entraînement se fait sentir jusqu'en Outaouais en raison de la concurrence avec Ottawa. Devant les pressions, l'Ontario adopte une loi en juin 1992 qui permet l'ouverture des magasins le dimanche. Au Québec, c'est en décembre de la même année qu'une loi similaire est approuvée par l'Assemblée nationale.

Près de trois décennies plus tard, le dimanche est devenu l’une des journées les plus lucratives pour les commerçants. Le dimanche, c’est la journée la plus occupée de la semaine, confirme le propriétaire de Metro Kelly.

D'après le reportage de Daniel Bouchard

Ottawa-Gatineau

Histoire