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  • Envoyé spécial
  • Fusillade à Pittsburgh : les victimes identifiées, l'enquête progresse

    Des gens se recueillent devant un mémorial improvisé près de la synagogue Tree of Life à Pittsburgh, en Pennsylvanie.

    Photo : Reuters / Cathal McNaughton

    Radio-Canada

    Huit hommes et trois femmes, dont l'âge varie de 54 à 97 ans, ont été tués lors de la fusillade à la synagogue Tree of Life de Pittsburgh, ont indiqué les autorités ce matin en conférence de presse. L'attaque de nature antisémite est qualifiée de crime haineux par la justice américaine.

    Les victimes ont été identifiées sur la scène de crime par le Dr Karl Williams, l’examinateur médical en chef du comté, avec l’aide de leaders de la communauté juive.

    Parmi les victimes, on compte Joyce Fienberg, une Torontoise de 75 ans, ainsi que deux frères et un couple marié.

    L’analyse de la scène de crime pourrait prendre encore une semaine. Certaines familles ne pourront pas enterrer le corps de leurs défunts en respectant la tradition juive, qui alloue une période de 24 heures pour procéder aux funérailles, a appris l'envoyé spécial de Radio-Canada à Pittsburgh, Frédéric Arnould.

    « Dans ce cas-ci, à cause de la difficulté de faire l’enquête et de rassembler les indices qui permettent d’incriminer davantage peut-être le prévenu, malheureusement, ces familles vont devoir passer outre à leurs coutumes juives », a-t-il expliqué sur les ondes d'ICI RDI.

    Six personnes ont aussi été blessées lors de la tragédie. Parmi celles-ci, quatre policiers, dont trois ont été atteints directement par le tireur.

    Robert Bowers, un résident de Pittsburgh âgé de 46 ans, a évoqué le « génocide et son désir de tuer des juifs » pendant l'attaque contre ce lieu de culte, ont confirmé dimanche les autorités.

    Le suspect est entré lourdement armé dans le lieu de culte. Les quatre armes qu'il portait, trois pistolets Glock et un fusil d’assaut de type AR-15, ont toutes été utilisées durant la tuerie.

    Beaucoup de coups de feu ont été tirés, il y avait des douilles partout.

    L’examinateur médical Karl Williams

    Une importante enquête est en cours pour décortiquer chaque aspect de la vie du suspect. Notre envoyé spécial a indiqué sur les ondes d'ICI RDI que le suspect n'était pas connu des policiers.

    Il a déjà été établi qu'il publiait des messages à caractère antisémite sur la plateforme Gab. Des sympathisants du mouvement de la droite alternative (alt-right), souvent bannis de Twitter, s'expriment sur ce réseau social.

    Dimanche, Gab a indiqué qu'il était contraint d'interrompre son activité, puisque la société lui fournissant l'accès à Internet mettra fin à ses services à compter de lundi.

    Paypal a également annoncé qu'il excluait Gab de ses services de paiement en ligne en raison des discours de haine colportés sur ce site avec la bienveillance de ses administrateurs.

    First responders surround the Tree of Life Synagogue in Pittsburgh, Pa., where a shooter opened fire Saturday, Oct. 27, 2018. (AP Photo/Gene J. Puskar)

    Les autorités comptent plusieurs morts dans cette fusillade qui a eu lieu samedi matin.

    Photo : The Associated Press / Gene J. Puskar

    Pour l’instant, la tragédie est qualifiée de crime haineux, mais pas de terrorisme intérieur. Le FBI ne sait pas pourquoi le suspect a attaqué cette synagogue en particulier. Cette attaque serait la plus meurtrière commise contre la communauté juive aux États-Unis.

    Blessé lors de sa confrontation avec les forces de l'ordre, Robert Bowers a été opéré et est hospitalisé dans un état stable, ont indiqué les autorités.

    Il fait face à 29 chefs d'accusation. Il comparaîtra devant un juge lundi à 13 h 30.

    Les chefs d’accusation :

    • 11 chefs d’accusation d’entrave à l’exercice de convictions religieuses entraînant la mort;
    • 11 chefs d’utilisation d’une arme à feu pour commettre un crime violent;
    • 4 chefs d’entrave à l’exercice de convictions religieuses ayant causé des lésions corporelles à un agent de la sécurité publique;
    • 3 chefs d’utilisation et de décharge d’une arme à feu lors d’un crime violent.

    Si Robert Bowers est reconnu coupable, il pourrait être condamné à la peine de mort, selon le ministre de la Justice, Jeff Sessions.

    « Ce qu'il y a de pire dans l'humanité »

    « Les actes de Robert Bowers représentent ce qu'il y a de pire dans l'humanité. Nous consacrons la totalité des ressources de mes services à l'enquête et aux poursuites de ce crime haineux », a dit Scott Bradey, procureur pour l'ouest de la Pennsylvanie.

    Le procureur Scott Brady en conférence de presse.

    Le procureur Scott Brady.

    Photo : Reuters / Aaron Josefczyk

    Robert Jones, agent spécial du FBI à Pittsburgh, a tenu à souligner le courage des policiers qui sont intervenus durant le drame : « Ce sont de vrais héros ».

    Nous avons une relation forte avec la communauté juive de Pittsburgh. Nous pleurons avec vous. Nous vous soutenons [...] C'est une tragédie pour tout le monde.

    Scott Schubert, chef de la police de Pittsburgh

    Le directeur général de la fédération juive de la région métropolitaine de Pittsburgh, Jeffrey Finkelstein, a évoqué une « horrible période pour la communauté juive [...] On va faire tout notre possible pour aider les familles ».

    Pour l'Anti-Defamation League, la principale organisation de lutte contre l'antisémitisme aux États-Unis, la tuerie s'inscrit dans un contexte global délétère.

    « Nous sommes à un moment où l'antisémitisme est presque normalisé », a déploré sur la chaîne NBC son directeur Jonathan Greenblatt, en rappelant avoir enregistré une hausse de 57 % des actes antisémites [menaces, violences, insultes] en 2017 dans le pays.

    Des centaines de personnes de toutes religions confondues, se sont rassemblées, dimanche soir, en mémoire des victimes de la fusillade de la synagogue et pour témoigner de leur solidarité à la communauté.

    Des personnes attendent à l'extérieur d'un bâtiment.

    Des centaines de personnes, toutes religions confondues, assistent de l’extérieur au rassemblement à la mémoire des 11 victimes de la fusillade de Pittsburgh. La salle intérieure est pleine à craquer.

    Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

    Les armes à feu

    Le maire de Pittsburgh, Bill Peduto, a fait valoir l'unité de la ville contre ce crime « irrationnel ». « Pittsburgh est une ville forte. [...] Nous nous sommes toujours sortis [des épreuves] en travaillant ensemble. Nous allons traverser ce jour le plus triste pour notre communauté en travaillant ensemble. »

    « Nous savons que la haine ne l'emportera jamais, que ceux qui essaient de nous diviser à cause de la façon dont nous prions ou de l'origine de nos familles dans le monde vont perdre », a-t-il ajouté.

    L'élu démocrate a également relancé l'épineux débat sur les armes à feu, alors que les fusillades endeuillent régulièrement les États-Unis.

    « J'ai entendu le président dire qu'il faudrait armer des gardes dans nos synagogues », a-t-il déclaré.

    « Notre approche devrait plutôt être : comment retirer les armes à feu – qui sont le dénominateur commun de toutes les fusillades en Amérique – des mains de ceux qui veulent exprimer leur haine raciste par des meurtres? »

    Avec des informations de l'Agence France-Presse

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