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Des responsables palestiniens s'inquiètent d'une « normalisation » entre des pays arabes et Israël

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aux côtés du sultan Qabous d'Oman lors d'une visite surprise dans ce petit pays arabe sans liens diplomatique avec l'État hébreu.
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aux côtés du sultan Qabous d'Oman lors d'une visite surprise dans ce petit pays arabe sans liens diplomatique avec l'État hébreu. Photo: Reuters / Handout .
Radio-Canada

Responsables et analystes palestiniens s'inquiètent d'une « normalisation » des relations entre pays arabes et Israël, après une rencontre entre le sultan Qabous d'Oman et Benjamin Netanyahu, qui a effectué une rarissime visite dans ce pays arabe sans liens diplomatiques avec Israël.

Le sultanat d’Oman affirme avoir avancé des suggestions pour aider Israéliens et Palestiniens à s'entendre, mais ne souhaite pas intervenir comme médiateur.

« Israël est un État présent dans la région, nous devons comprendre cela », a dit Youssef ben Alawi ben Abdallah, ministre omanais des Affaires étrangères, en marge d'un sommet de trois jours consacré à la sécurité et organisé à Bahreïn. « Il est peut-être temps de traiter Israël comme n'importe quel autre État et qu'il assume les mêmes obligations », a-t-il ajouté.

Nous ne sommes pas en train de dire que la route sera facile et pavée de roses, mais notre priorité est de mettre fin à ce conflit et d'entrer dans un nouveau monde.

Youssef ben Alawi ben Abdallah, ministre omanais des Affaires étrangères

Le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Khalid ben Ahmed al Khalifa, a approuvé la position de son homologue d'Oman tandis que le chef de la diplomatie saoudienne Adel al-Jubeir a reconnu que la normalisation des relations avec Israël passait par un processus de paix.

Parmi les pays arabes, Israël n'entretient de relations diplomatiques qu'avec l'Égypte et la Jordanie, pays voisins avec lesquels il est lié par des traités de paix.

La « fin de l'initiative de paix arabe »

« Le système de valeurs et le pacte politique et social arabe n'existent plus », a déploré samedi dans un bref communiqué Mohammed Chtayyeh, membre du comité central du mouvement Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas.

Ce dernier s’était rendu à Oman pour un entretien avec le sultan Qabous en début de semaine, alors que le processus de paix avec Israël est enlisé.

« C'est le début de la normalisation publique et la fin de l'initiative de paix arabe », a assuré M. Chtayyeh, faisant référence à un plan de paix saoudien de 2002 proposant une normalisation entre Israël et les pays arabes en échange d'un État palestinien dans les frontières de 1967, soit avant l'occupation israélienne.

Le vice-président du Parlement palestinien, Hassan Khreiché, a dit constater « une précipitation sans précédent de la part de pays arabes pour une normalisation avec Israël ».

Une ouverture saluée en Israël

Pour certains analystes, les divisions entre Palestiniens et l'incapacité de la classe politique à les régler ont contribué à ce que des États arabes changent d'attitude par rapport à Israël. « Les Palestiniens sont divisés et faibles, et ne peuvent pas empêcher les pays arabes de normaliser leurs relations avec Israël », souligne le politologue palestinien Jihad Harb à l'AFP.

En Israël, la visite de M. Netanyahu à Oman, divulguée vendredi après-midi à son retour, a été perçue comme un gros coup. Le premier ministre israélien avait évoqué la veille un rapprochement avec Israël de la part de certains pays de la région.

Jeudi, M. Netanyahu avait affirmé : « Nous avons toujours cru que nous ouvririons les portes de la paix avec le monde arabe au sens large si nous résolvions le problème palestinien », mais il est « peut-être plus vrai que si vous vous ouvrez au monde arabe et que vous normalisez vos relations avec eux, cela finira par ouvrir la porte à la réconciliation et à la paix avec les Palestiniens ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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