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Transports collectifs gratuits : un modèle français à imiter?

Des utilisateurs du réseau d'autobus de transport de Dunkerque circulent dans un pôle d'échange.

Depuis septembre, les citoyens de Dunkerque en France ne paient plus pour prendre le bus.

Photo : Communauté Urbaine de Dunkerque

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au début de septembre, Dunkerque est devenue la première agglomération d'Europe de plus de 200 000 habitants à instaurer le transport collectif gratuit. Depuis, les impacts positifs sont nombreux. Des villes comme Québec et Montréal pourraient-elles s'inspirer d'un telle politique? Portrait d'une gratuité payante.

Un texte de Charles D'Amboise

En 2014, l’urbaniste Patrice Viergriete a été élu maire de l’agglomération de Dunkerque avec une promesse phare : moderniser et rendre gratuit le système de transports d’autobus dans cette ville où la voiture était reine.

« La population a eu le choix entre deux grands projets. Nos opposants souhaitaient bâtir un amphithéâtre de 10 000 places, explique le maire. On a décidé d’annuler le projet, ce qui nous a permis de financer la gratuité des transports sans augmenter les impôts. Ça a été un choix politique. »

Le service était déjà financé par un « versement transport », une taxe de 1,55 % que les entreprises versent pour financer le réseau de transport.

Un autobus à Dunkerque, en FranceAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

«Bus 100% gratuit», peut-on lire sur les autobus de Dunkerque, en France.

Photo : Communauté urbaine de Dunkerque

La gratuité a d’abord été instaurée la fin de semaine puis a été appliquée, au début de septembre, à toute la semaine. Des installations ont été aménagées dans l’ensemble du réseau, de nouvelles lignes ont été ajoutées et une cinquantaine de nouveaux bus ont été achetés.

C’était à prévoir, l’achalandage du réseau de transport a augmenté. En semaine, il a doublé. « Le week-end, l’augmentation est de 120 % », note le maire de 48 ans, qui ne s’attendait pas à une telle hausse.

Centre-ville dynamisé

Les mesures de gratuité ont donné un nouveau souffle au centre-ville de Dunkerque, en déshérence depuis plusieurs années.

« Toutes les villes qui sont passées à la gratuité vous le diront. [La redynamisation du centre-ville,] c’est le premier effet. C’est formidable, insiste le maire Viergriete. Il n’y a quasiment plus de locaux vides dans le centre-ville. »

Tout se vend, parce qu’il y a eu un embellissement de la ville et une attractivité du centre-ville.

Une citation de : Patrice Vergriete, maire de Dunkerque

Qui plus est, les mesures de gratuité ont attiré de nouveaux publics.

« Ça a brisé l’isolement chez les personnes âgées, qui sortent davantage de chez [elles] et prennent le bus, soutient le maire. Et il y a beaucoup de cadres qui viennent maintenant travailler en bus. On le voit avec les stationnements au centre-ville, qui sont beaucoup moins bondés. »

Une mesure pour les petites villes?

Spécialiste des transports collectifs, le professeur au Département de science politique à l’Université Laval, Jean Mercier, soutient que les mesures de gratuité en transports en commun « n’ont pas encore fait leur place dans les grandes villes ».

Dans le cas de Dunkerque, les revenus associés aux abonnements et aux billets d’autobus représentaient 10 % du budget total du réseau de transport.

« Pour eux, la gratuité ne représentait pas un énorme coût. Dix pour cent, ça peut facilement être remplacé par d’autres recettes fiscales », affirme le professeur Mercier.

À titre comparatif, les revenus des billets et des abonnements du Réseau de transport de la Capitale (RTC), à Québec, s’élèvent à 69 192 400 $. Ces revenus représentent environ 32 % du budget total du RTC.

On voit surtout le transport gratuit dans des villes plus modestes, moins populeuses, là où la voiture prend beaucoup de place.

Une citation de : Jean Mercier, professeur associé au Département de science politique à l'Université Laval

« On entre dans une époque où les enjeux de transports collectifs, ça devient un sujet de plus en plus important, poursuit le professeur. On le constate autant à Montréal qu’à Québec. On n’a pas fini d’en entendre parler. »

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