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La Turquie, la Russie, la France et l'Allemagne souhaitent préserver la paix à Idlib

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Les dirigeants russe, allemand, turc et français ont souhaité que perdure la fragile trêve en place à Idlib, en Syrie.

Photo : Reuters

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les dirigeants de la Turquie, la Russie, la France et l'Allemagne ont appelé samedi, lors d'un sommet sur la Syrie à Istanbul, à préserver le cessez-le-feu en vigueur dans la province rebelle d'Idlib et à trouver une « solution politique » au conflit qui ravage le pays depuis 2011.

Le sommet « a insisté sur l'importance d'un cessez-le-feu durable [à Idlib], tout en soulignant la nécessité de poursuivre la lutte contre le terrorisme », selon la déclaration finale lue à l'issue de la réunion par le président turc Recep Tayyip Erdogan.

La réunion a salué « les progrès » accomplis à Idlib (nord-ouest de la Syrie) en ce qui concerne la mise en place d'une zone démilitarisée et le retrait des groupes radicaux de cette zone, aux termes d'un accord turco-russe conclu en septembre.

M. Erdogan, les présidents russe, Vladimir Poutine, et français, Emmanuel Macron, ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel ont en outre affirmé leur détermination « à travailler ensemble pour créer les conditions propices à la paix et à la sécurité en Syrie » et à « soutenir une solution politique et renforcer le consensus international à cet égard ».

En cas d'élections, il appartient aux Syriens « de l'intérieur et de l'extérieur » de décider du sort d'Al-Assad, a affirmé M. Erdogan.

« Nous devons avancer dans le processus politique qui doit conduire à des élections libres, ouvertes à tous les Syriens, y compris ceux de la diaspora. »

— Une citation de  La chancelière allemande Angela Merkel

Les quatre dirigeants ont aussi appelé à « l'établissement et à [une première] réunion à Genève avant la fin de l'année du Comité constitutionnel » censé élaborer une nouvelle loi fondamentale sous les auspices de l'ONU, « si les conditions le permettent ».

Ils ont aussi souligné l'importance d'« assurer l'accès rapide, sûr et sans restrictions des organisations humanitaires à travers la Syrie ».

Situation explosive

Le sommet, inédit dans ce format, a en outre appelé à créer les « conditions » permettant un retour « sûr et volontaire » des réfugiés et déplacés syriens.

Le conflit en Syrie a fait plus de 360 000 morts et des millions de déplacés depuis 2011.

Cette rencontre est survenue alors que la situation dans la province rebelle d'Idlib reste explosive : des frappes du régime y ont fait sept morts vendredi, le bilan le plus élevé depuis l'entrée en vigueur à la mi-septembre d'un accord russo-turc ayant imposé un relatif silence aux armes.

Dans des déclarations à l'issue du sommet, M. Macron a appelé la Russie à « exercer une pression très claire sur le régime syrien » pour garantir un « cessez-le-feu stable et durable à Idlib ».

« Nous comptons sur la Russie pour exercer une pression très claire sur le régime, qui lui doit sa survie », a-t-il déclaré.

M. Poutine a toutefois affirmé que Moscou se réservait « le droit d'aider le gouvernement syrien à éliminer toute menace terroriste à Idlib en cas d'attaques menées par les radicaux ».

L'accord conclu entre Moscou, allié du régime, et Ankara, parrain des rebelles, prévoyait notamment la mise en place d'une « zone démilitarisée » de 15 à 20 kilomètres de large pour séparer les territoires insurgés d'Idlib des régions gouvernementales.

MM. Erdogan et Poutine avaient conclu cette entente in extremis alors que le régime était sur le point de lancer une offensive de grande ampleur sur cet ultime grand bastion de l'opposition, au risque de provoquer une catastrophe pour l'humanité.

La formation d'un Comité constitutionnel auquel le sommet d'Istanbul a apporté son soutien s'annonce comme l'un des principaux défis en raison du blocage du régime qui refuse que l'ONU désigne un tiers des 150 membres de cet organisme.

L'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui a déploré vendredi la paralysie de son plan, était lui aussi présent au sommet d'Istanbul.

Axe Ankara-Moscou-Téhéran

La Turquie et la Russie forment avec l'Iran un trio incontournable sur le terrain, où ces trois pays aux intérêts distincts ont investi d'importantes ressources militaires.

La France et l'Allemagne font partie avec cinq autres pays, dont les États-Unis, du groupe sur la Syrie qui travaille notamment à trouver une solution politique. Leurs efforts ont cependant été éclipsés par le processus dit d'Astana, mené par Ankara, Moscou et Téhéran.

Le sommet d'Istanbul a souligné « l'importance d'une coordination accrue entre les différentes initiatives internationales visant à parvenir à une solution crédible et viable du conflit syrien ».

Deux acteurs importants du conflit en Syrie, l'Iran et les États-Unis, qui sont à couteaux tirés, étaient absents samedi. M. Macron s'est toutefois entretenu jeudi avec le président Donald Trump pour qu'ils accordent leurs positions.

Face à l'influence que Moscou obtient grâce à ses victoires militaires au bénéfice du régime, le ministre américain de la Défense, Jim Mattis, a affirmé samedi que la Russie ne pourrait « pas remplacer les États-Unis » au Proche-Orient.

Syrie : l'engrenage de la guerre

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