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Affaire Khashoggi : l'Arabie saoudite se charge de poursuivre les suspects du meurtre

Le ministre parle au micro.

Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite parle lors d'une conférence sur la sécurité à Manama, au Bahreïn.

Photo : Reuters / Hamad I Mohammed

Radio-Canada

Les suspects du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, tué dans le consulat saoudien à Istanbul, seront poursuivis en Arabie saoudite, a déclaré samedi le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, opposant ainsi un refus à la Turquie, qui demande leur extradition.

Le ministre en a profité pour accuser les médias occidentaux d’avoir couvert cette affaire dans l’« hystérie ».

« Sur la question de l'extradition, ces individus sont des citoyens saoudiens. Ils sont détenus en Arabie saoudite, l'enquête est menée en Arabie saoudite et ils seront poursuivis en Arabie saoudite », a déclaré Adel al-Jubeir, lors d'une conférence sur la sécurité à Manama, au Bahreïn.

Le parquet d'Istanbul a lancé vendredi une procédure d'extradition contre les 18 Saoudiens arrêtés en Arabie saoudite et soupçonnés « d'implication dans ce meurtre prémédité ».

La « paix » menacée

Pour le ministre américain de la Défense, Jim Mattis, le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi « doit tous nous inquiéter grandement », car il menace la paix en général et la sécurité dans la région.

« Si l'on garde à l'esprit que la paix et un engagement inébranlable envers les droits de l'homme sont dans notre intérêt collectif, le meurtre de Jamal Khashoggi dans une enceinte diplomatique doit tous nous inquiéter grandement », a déclaré M. Mattis lors de la même conférence au Bahreïn.

« Lorsqu'une nation cesse de respecter les normes internationales et la loi, elle affaiblit la stabilité régionale au moment où elle est le plus nécessaire. […] Quand les voix de l'opposition peuvent être entendues [...] une nation devient plus sûre », a-t-il poursuivi.

Insistant sur la « gravité de la situation », M. Mattis a rappelé que les États-Unis avaient révoqué les visas de plusieurs suspects et qu'ils prendront « d'autres mesures au fur et à mesure que la situation se clarifiera ».

« Mais avec notre respect doivent venir transparence et confiance, a-t-il prévenu. Ces deux principes sont vitaux pour assurer la poursuite de [notre] collaboration ».

Assassiné à Istanbul

Selon des responsables turcs, le journaliste, critique du pouvoir en place en Arabie saoudite, a été victime d'un assassinat soigneusement planifié et perpétré par une équipe d'agents venus de Riyad à Istanbul.

Riyad a d'abord nié la mort du journaliste, affirmant qu'il était sorti du consulat après y être entré le 2 octobre pour des formalités administratives.

Les autorités saoudiennes ont fini par reconnaître qu'il y avait été tué lors d'une opération « non autorisée » et dont le prince héritier Mohammed ben Salmane, considéré comme l'homme fort du royaume, n'avait « pas été informé ».

Jeudi, pour la première fois, le procureur général d'Arabie saoudite, attendu dimanche à Istanbul, a évoqué l'idée que le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi avait pu être « prémédité » par ses auteurs.

« Cette affaire fait l'objet d'une enquête. […] Nous saurons la vérité, nous punirons les responsables et nous mettrons en place un mécanisme pour que cela ne se reproduise plus », a promis pour sa part le ministre saoudien des Affaires étrangères.

Le journaliste saoudien s'était exilé aux États-Unis en 2017 après avoir critiqué le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Le 2 octobre, il s'est rendu au consulat de son pays à Istanbul afin de remplir des formalités en vue de son futur mariage avec sa fiancée turque Hatice Cengiz, mais il n'en est jamais ressorti.

Avec les informations de Agence France-Presse

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