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Projets d'infrastructure : l’immense défi du ministre François-Philippe Champagne

Un homme qui porte un casque de sécurité, des lunettes et un costume jaune aux bandes réfléchissantes observe une poutre.
Le ministre de l'Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, observe une poutre du nouveau pont Champlain. Photo: Radio-Canada / Marc Godbout
Radio-Canada

Trois ans après avoir annoncé un programme d'infrastructure sans précédent, le gouvernement Trudeau doit se défaire d'une image de lenteur et de confusion. Mieux vendre ce plan de 180 milliards de dollars est devenu la mission du ministre François-Philippe Champagne.

Un texte de Marc Godbout

Il est 7 heures. François-Philippe Champagne a déjà la bougeotte. Il est en gestion de crise.

L’ouverture du nouveau pont Champlain sera retardée de plusieurs mois et il devra passer la journée à expliquer pourquoi.

Mais le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités carbure à l’adrénaline. Il ne manquera pas d'occasion d'en sécréter au cours des prochains mois.

Le vaste chantier qu’il dirige est encore plus complexe que celui du pont Champlain.

Il faut s’ajuster, il faut changer. On m’appelle un ministre impatient.

François-Philippe Champagne, ministre de l’Infrastructure et des Collectivités

Le député de la Mauricie a hérité du dossier clé de l'infrastructure lors du remaniement ministériel de l’été, laissant son poste au Commerce international. François-Philippe Champagne prenait ainsi la relève d’Amarjeet Sohi, qui a été muté aux Ressources naturelles.

Une décision stratégique du premier ministre pour mieux faire la promotion des projets, notamment au Québec. « Ma mission, c’est de faire une saine gestion des fonds publics, mais en même temps de "livrer". Vous comprendrez que le temps presse », explique-t-il.

Une photo montre des travailleurs qui déplacent une poutre sur le chantier du nouveau pont Champlain.Des travailleurs déplacent une poutre sur le chantier du nouveau Pont Champlain Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Frustration

C’est une des politiques centrales du début du mandat du gouvernement Trudeau, celle qui en campagne électorale justifiait des déficits.

Des investissements de 180 milliards de dollars sur 12 ans pour stimuler l’économie et combler les grandes lacunes en infrastructure au pays.

Mais la dernière année a plutôt laissé une impression de lenteur, au point de devenir un irritant pour le gouvernement qui n’y trouve pas l’effet politique recherché.

Un signe qui ne ment pas se trouve dans la lettre de mandat remise au ministre Champagne par Justin Trudeau après le remaniement de juillet.

À la page trois, elle évoque une frustration et un mécontentement.

Veiller à la comptabilisation et au flux des investissements en matière d’infrastructure au fur et à mesure que les travaux de construction avancent. Les crédits alloués à l’infrastructure chaque année correspondent aux investissements que le gouvernement et le Parlement planifient d’effectuer. Il ne devrait pas y avoir de fonds inutilisés.

Extrait de la Lettre de mandat du ministre de l’Infrastructure et des Collectivités

Corriger le tir

Au fil des derniers mois, le gouvernement libéral s’est exposé à des critiques. D’abord, les chiffres du dernier budget fédéral laissent entendre que des milliards de dollars en projets d'infrastructure ne seront finalement pas dépensés avant la prochaine élection.

Le directeur parlementaire du budget n’a pas été le seul à émettre des doutes sur l’efficacité du plan. Encore aujourd’hui, des économistes comme Jean-Pierre Aubry s'interrogent et ont du mal à s’y retrouver.

On dirait que c’est tout éparpillé, où est le rapport d’ensemble? Ce n’est pourtant pas le projet d’une binerie.

Jean-Pierre Aubry, économiste

En réponse à ces critiques, Infrastructure Canada publiera bientôt des grilles d’avancées des projets et des dépenses.

Le ministère promet des tableaux plus clairs, plus détaillés et transparents qui devraient donner une meilleure idée de l’état des projets et de l’évolution du financement dans chacun des 14 ministères.

Un projet pilote a aussi été mis sur pied au Québec et en Ontario. Au lieu de voir se succéder les multiples étapes d’approbation d’un projet d’une entité de gouvernement à l’autre, le ministre propose que tous les représentants soient assis à la même table. Le but : « Faire épargner du temps et être plus efficace », insiste le ministre Champagne.

Toujours par souci d’efficacité, le gouvernement veut mieux prévoir le moment de l’approbation des projets pour optimiser la durée de la saison de construction.


Coup d'oeil sur les programmes d'infrastructure du gouvernement Trudeau

1) Phase 1 (eaux usées et transport en commun)

  • 3500 projets
  • 99 % sont en cours, dont 57 % sont achevés

2) Investir dans le Canada

  • 4400 projets
  • 97 % sont en cours, par contre on ne sait pas quel pourcentage est terminé
Une photo du ministre de l'Infrastructure, François-Philippe Champagne, qui rencontre des travailleurs sur le chantier du nouveau pont Champlain.Le ministre de l'Infrastructure, François-Philippe Champagne, rencontre des travailleurs sur le chantier du nouveau Pont Champlain. Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

La logistique, mais aussi le marketing

Revoir les façons de faire ne sera pas suffisant. Le gouvernement le sait. Il s’attend aussi à ce que le ministre vende mieux les investissements effectués.

François-Philippe Champagne a compris la commande. Depuis sa nomination, il multiplie les visites sur les chantiers pour donner plus de visibilité aux projets.

En infrastructure, le temps est souvent une denrée rare, comme en politique. À 12 mois des élections, la pression est forte et elle vient avec l’attente de résultats.

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