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Quand l’implication scolaire mène au surmenage

Rosalie Dumais-Beaulieu présente des histoires de surmenage chez les étudiants.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Quand j'avais 16 ans, j'avais de bonnes notes, j'étais dans tous les comités étudiants, je jouais du violon, j'avais un emploi. Raconté de cette façon, le bilan de mon quatrième secondaire semble plutôt positif. Mais la vérité, c'est qu'à cet âge, j'ai fait un « burn-out ».

Un texte de Rosalie Dumais-Beaulieu

Je ne suis pas la seule à avoir vécu un surmenage à l’adolescence. Pour plusieurs, l’implication parascolaire rend l’école encore plus agréable. Pour moi, c’était l’occasion de bâtir des projets, réaliser des spectacles, m’investir dans mes passions, me garder en forme. Tout ça en plus de mes devoirs…

Un jour, j’en avais trop sur les épaules et j’ai dû tout laisser de côté.

C’est un peu la même histoire qui résonne chez Daphné Hébert, une jeune fille de 17 ans, aujourd’hui étudiante au Cégep de Saint-Félicien. À 14 ans, son anxiété de performance la poussait à donner son 100 % partout, quitte à s’oublier.

J’ai dû arrêter l’école pendant un mois. Je faisais beaucoup de crises de panique dans mes cours parce que je savais que je n’écoutais pas et que mes notes allaient baisser, témoigne-t-elle.

Ses enseignants se sont vite rendu compte que quelque chose ne tournait pas rond et l’ont questionnée.

Je n’arrivais pas à l’accepter, je me disais : " tu es capable de continuer".

Daphné Hébert, étudiante

Entre 10 % et 40 % des jeunes vivront une situation semblable et seront confrontés à des symptômes d’épuisement selon différentes études. À l’école, le personnel sait que la pression est forte, mais le plus difficile est parfois d’ouvrir les yeux aux étudiants.

On les voit, les élèves qui en prennent trop en début d’année. Moi, je les questionne et je leur demande s’ils pensent qu’ils en ont trop pris, raconte la technicienne en loisirs à la Polyvalente des Quatre-Vents, Catherine Roy.

Je garde toujours un oeil ouvert et si jamais c’est trop, on en enlève un peu.

Catherine Roy, technicienne en loisirs, Polyvalente des Quatre-Vents

Selon Nancy Fortin, une ressource régionale en psychopathologie au ministère de l'Éducation, entre 3 % et 5 % des adolescents seulement recevront un diagnostic de troubles de santé mentale. Dans cette société où tout va vite, l’épuisement professionnel est souvent observé chez les adultes, mais les jeunes vivent aussi cette problématique.

Il faut avoir les meilleures notes possible, on leur dit qu’ils sont jeunes et qu'ils sont capables d’en prendre. Je trouve que c’est un discours dangereux.

Nancy Fortin, ressource régionale en psychopathologie au ministère de l’Éducation

Mon histoire s’est bien terminée et celle de Daphné aussi. Mais, j’en suis consciente aujourd’hui plus que jamais : l’épuisement chez les jeunes est bien réel et ce n’est pas parce qu’on est adolescent que c’est moins important.

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Saguenay–Lac-St-Jean

Santé mentale