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Un chantier pénible pour les habitués de la Plaza St-Hubert

Des pelles mécaniques s'activent sur le chantier.

Difficile, ces jours-ci, de faire ses courses sur la Plaza St-Hubert.

Photo : Radio-Canada / Marie-Ève Cousineau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après le boulevard Saint-Laurent, la rue Saint-Denis et la rue Sainte-Catherine, c'est au tour de la Plaza St-Hubert de vibrer au rythme des pelles mécaniques et des marteaux-piqueurs – un chantier qui a un impact sur les commerçants et les résidents du secteur.

Depuis le début des travaux en août, l'achalandage dans les boutiques a baissé de 30 %, selon la Société de développement commercial (SDC) Plaza St-Hubert.

« Ça ne se passe pas bien », admet Nicolas Alzani, gérant du Café crème. Sa clientèle a baissé de 70 % en trois mois, si bien qu'il a déjà dû « laisser partir » sept employés.

« Notre existence sur la rue Saint-Hubert va se terminer », soupire-t-il, précisant que la chaîne compte d'autres succursales à Montréal. « On va se relocaliser. Mais on ne va pas passer à travers deux ans. »

Les travaux, qui se déroulent ces jours-ci entre les rues Saint-Zotique et Jean-Talon, sont effectivement loin d'être terminés. Ils doivent théoriquement arriver à terme à l'été 2020, selon le plan présenté en mars dernier.

Mais si les affaires vont mal pour certains commerçants, d'autres s'en tirent beaucoup mieux. Plusieurs observent par exemple une hausse de l'achalandage en raison de l'ouverture d'une succursale de la Société québécoise du cannabis (SQDC), un peu au sud de Bélanger.

Et puis les travaux se déroulent rondement, remarque le propriétaire de la bijouterie Luna, située à l'angle de Jean-Talon et Saint-Hubert. « Ça a commencé assez vite, les travaux », se rappelle Hovig Baghdassarian. Au début, « le chantier était presque sept jours/semaine », se souvient-il. Mais les choses se sont améliorées depuis, si bien qu'il n'a « pas vraiment senti le côté financier des choses ».

Même son de cloche à la boutique de vêtements pour enfants et pour adultes Rodin Entrepôt. Le commerce a même déménagé il y a un mois dans un local voisin, si bien qu'il a désormais deux entrées : une qui donne sur Saint-Hubert, l'autre qui donne sur Saint-André. Sa coordonnatrice marketing, Camila Ceron, explique qu'elle utilise beaucoup les réseaux sociaux comme Facebook et Instagram pour communiquer avec ses clients. « On demande aux gens de passer par la rue Saint-André, c'est vraiment plus accessible », dit-elle.

Certains commerces seraient même attirés par les rénovations, soutient la SDC de la Plaza. En fait, seuls 9 % des locaux sont actuellement inoccupés, un taux similaire à celui de l'an dernier.

Conceptualisation du plan d'ensemble de la Plaza réaménagée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Plaza Saint-Hubert réaménagée comportera une marquise plus plate et de larges trottoirs.

Photo : Ville de Montréal

Pour aider les commerçants touchés, l'organisme a néanmoins offert de l'accompagnement en matière de réseaux sociaux, de mise en marché, de service à la clientèle, etc. « Et par la suite, il y a toujours un petit suivi qui est fait », insiste Mike Parente, le directeur général de la Société.

La Ville de Montréal a aussi déjà annoncé un programme d'indemnisation qui sera adopté cet automne et qui sera rétroactif. Les marchands qui feront une demande devront essuyer la première perte de 15 %, mais si la baisse de revenus est plus importante, ils pourront recevoir jusqu'à 30 000 $ par année d'ici 2022. Cependant, pour Nicolas Alzani, gérant du Café crème, « la première compensation qui aurait dû être faite, ça aurait été une exemption de taxes foncières et de taxes commerciales pour la durée des travaux ».

Les résidents touchés eux aussi

Le chantier de la Plaza a aussi un impact négatif sur les citoyens du secteur, qui se plaignent entre autres du bruit que produisent les travaux.

L'arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie permet à l'entrepreneur de travailler de 7 h à 23 h, du lundi au samedi. Ce n'est que lors des blitz de travaux que cette plage horaire est utilisée en entier, affirme l'arrondissement. Mais selon les citoyens, ces blitz se multiplient.

« On est rythmés en fonction des travaux », soupire Anne Boesch, une résidente de la rue Saint-André, qui a deux enfants, dont un bébé d'un an. « De 20 h à 20 h 30, ils font une pause. Là, on en profite pour coucher les enfants parce que sinon, ils ne trouveront pas le sommeil. »

Selon l'ordonnance de la Ville, la limite de bruit autorisée sur le chantier est de 75 décibels. Mais les ouvriers « sont dans l'illégalité », estime Mme Boesch, « parce que le marteau-piqueur, il va jusqu'à 130 décibels ». « On l'a mesuré », jure-t-elle.

La Ville dit avoir reçu une dizaine de plaintes de citoyens par rapport au bruit. Elle affirme déployer tous les efforts nécessaires pour limiter les conséquences des travaux. Une firme embauchée par la Ville s'assure que l'entrepreneur respecte toutes les conditions du contrat. Y compris celles relatives au bruit.

Avec les informations de Marie-Eve Cousineau

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