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  • Archives
  • La petite histoire du Parti rhinocéros

    Partage du jour (audio), 8 novembre 1963

    Il y a 55 ans, en vue des prochaines élections fédérales, un nouveau parti politique voyait le jour : le Parti rhinocéros. Sous le signe de l'humour et de l'ironie, ce parti fondé par l'écrivain et médecin Jacques Ferron tournait en dérision le système politique canadien. Nos archives témoignent du parcours étonnant du Parti rhinocéros.

    Le 8 novembre 1963, le docteur Jacques Ferron présente son nouveau mouvement politique à l’émission radio Partage du jour.

    Dans cette entrevue aux accents surréalistes, le fondateur du Parti rhinocéros explique les motifs qui sous-tendent la création de ce parti et son fonctionnement.

    Nous prenons ce qu'il y a de mieux dans tous les partis politiques. Par exemple, du Parti libéral, nous prenons la bombe atomique. Nous sommes en faveur de la bombe atomique. Je vous ferais remarquer que le rhinocéros est un des rares animaux qui possèdent une cuirasse.

    Jacques Ferron

    Les animateurs Pierre Paquette et Marcel Tremblay maintiennent un ton sérieux tout au long de l’entretien, tout comme l’invité. Impossible cependant de ne pas déceler l’humour pince-sans-rire du Dr Jacques Ferron.

    C'est un parti qui se tient à droite, à gauche, c'est une synthèse, Monsieur. La gauche, la droite, ce sont des notions dépassées!

    Jacques Ferron

    La promesse phare du Parti rhinocéros : repenser la voirie pour faire circuler des rhinocéros sur roulettes de l'Atlantique au Pacifique. Ceux-ci assureront un lien et une cohésion entre les provinces.

    Le congrès de formation du Parti rhinocéros est prévu pour la Mi-Carême.

    De parti officieux à parti officiel

    En 1979, Élections Canada reconnaît officiellement le Parti rhinocéros du Canada qui présente pour une première fois des candidats ailleurs qu’au Québec.

    Le chef d’antenne Bernard Derome annonce la nouvelle au Téléjournal du 6 avril 1979. Le journaliste Paul Racine s’est rendu au lancement de campagne du Parti rhinocéros.

    Dans une ambiance festive, il s’entretient avec le candidat rhinocéros dans Saint-Jacques : Balthasar, un clown-mime qui représente la majorité silencieuse.

    Le journaliste explique que le parti est toujours en période de recrutement. L’engouement est palpable. Le parti a recueilli une trentaine de candidatures dans les dernières 48 heures, et l'on s’attend même à un affrontement de rhinocéros dans certaines circonscriptions.

    Michel Rivard, Simonne Monet-Chartrand et Victor-Lévy Beaulieu feront partie des candidats rhinocéros pour les élections fédérales du 22 mai 1979.

    Sonia « Chatouille » Côté au Parlement?

    C’est la campagne électorale suivante, 9 mois plus tard, qui sera la plus marquante pour le Parti rhinocéros.

    Le 18 février 1980, le Parti rhinocéros recueille plus de 100 000 votes à travers le Canada.

    Dans la circonscription montréalaise de Laurier, la candidate Sonia « Chatouille » Côté surprend les analystes en terminant au second rang avec presque 13 % des suffrages.

    Le candidat libéral David Berger l'emporte avec une bonne majorité, mais la candidate rhinocéros se classe avant le NPD et les conservateurs qui avaient misé sur le journaliste André Payette.

    Sonia "Chatouille" Côté participe pour la deuxième fois aux élections fédérales. C’est un peu la vedette du Parti rhino en même temps que le membre le plus subversif et le plus dynamique.

    Le journaliste Pierre Olivier

    Quelques jours avant ce succès insolite, une équipe de l'émission Télémag produit ce long reportage sur le Parti rhinocéros.

    Le journaliste Pierre Olivier assiste à une soirée d’investiture loufoque, à l’accueil d’une délégation rhinocéros à l’aéroport, puis à un rassemblement improvisé au complexe Desjardins. Pas de doute, on ne s’ennuie pas durant une campagne électorale avec le Parti rhinocéros.

    Aujourd’hui, les candidats proviennent de tous les horizons. Jeunes surtout, étudiants, travailleurs, chômeurs… Pas de prérequis, sinon une immense envie de s’amuser, de ridiculiser le sérieux des partis traditionnels et de perdre un dépôt obligatoire de 200 $.

    Le journaliste Pierre Olivier

    Durant la campagne électorale de 1980, le Parti rhinocéros promet entre autres de raser les montagnes Rocheuses pour favoriser l'unité canadienne et d’utiliser la brosse à dents nucléaire afin d’économiser l’énergie.

    Au cours des élections fédérales subséquentes, les promesses du Parti rhinocéros seront tout aussi colorées sans que le parti ne connaisse un succès comparable.

    En avril 1985, des rhinocéros proposent de saborder le parti à la suite du décès de son fondateur, le Dr Jacques Ferron.

    Ce sera finalement la réforme électorale de 1993 qui donnera son coup de grâce au Parti rhinocéros. La loi oblige désormais chaque candidat à verser une caution de 1000 $ pour voir son nom inscrit sur un bulletin de vote.

    Au nom des cinq millions de Canadiens démunis, le Parti rhinocéros refuse de présenter des candidats et invite les électeurs à voter pour eux-mêmes.

    Le Parti rhinocéros a connu quelques relances depuis. Reste à voir s’il reviendra en force pour les élections fédérales prévues le 21 octobre 2019.

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