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Image, formation, climat : l’industrie forestière fait face à de nombreux défis

Des billes de bois empilées en forêt.
L'industrie forestière emploie 60 000 travailleurs dans la province. Photo: Radio-Canada / ICI Radio-Canada

L'industrie forestière a toujours été un des piliers de l'économie québécoise. Une municipalité sur cinq dépend toujours de ce secteur d'activité. Mais les disputes commerciales avec les États-Unis, les changements climatiques et la rareté de la main-d'oeuvre posent de nouveaux défis auxquels tente de répondre le Collectif pour une forêt durable.

Un texte de Michel Marsolais

Créé l'an dernier, le Collectif pour une forêt durable veut redorer le blason d'une industrie qui emploie 60 000 travailleurs dans la province, mais dont l'image a été souvent malmenée.

Dans un point de presse tenu vendredi, le collectif a rappelé les difficultés à trouver de la relève même si le nombre de travailleurs forestiers a beaucoup chuté.

« C'est clair qu’il y a un défi pour l'avenir. D'abord, convaincre les jeunes qu'on n'est plus dans un camp de bûcherons. Parce qu'on a encore un peu cette image-là. Et il faut de la formation », a dit Jacques Létourneau, président de la CSN, un syndicat qui représente environ 10 % des travailleurs de l’industrie.

« On a perdu beaucoup de monde. À la MRC de Kamouraska, en 10 ans, on a perdu l'équivalent d'un gros village », raconte Yvon Soucy, préfet de la MRC et président du regroupement des communautés forestières.

Beaucoup de nos entreprises partenaires nous disent qu'elles refusent des commandes. Qu'elles pourraient ajouter des horaires de production, mais qu’elles n'ont pas la possibilité de le faire à cause des pénuries de main-d'œuvre.

Gaétan Morin, président et chef de la direction du Fonds de Solidarité FTQ

Les changements climatiques amènent aussi leurs lots de défis inattendus. Le réchauffement est en train de faire disparaître certaines essences comme l'épinette noire ou le pin gris du sud du Québec. La forêt mixte remonte de plus en plus au nord.

« Il n'y avait pas de chevreuils au Lac-Saint-Jean il y a 15 ans. Maintenant, on a du chevreuil à Chibougamau. Imaginez l'impact! », souligne Denis Lebel, député de Roberval et PDG du Conseil de l’industrie forestière du Québec.

Tarifs américains

Il ne faut pas oublier les tarifs imposés par l’administration américaine sur le bois d'oeuvre qui freinent toute l'industrie. Les exportations québécoises de produits forestiers atteignent 14,8 milliards de dollars.

Ça démoralise. Puisque ça perdure dans le temps et que c'est répétitif, ça devient agaçant. C'est pour ça qu'on interpelle nos négociateurs pour qu'on puisse régler ça une fois pour toutes.

Pierre Corbeil, maire de Val-d’Or

Malgré quelques scènes désolantes, la pression sur la forêt québécoise a globalement diminué. Les coupes de bois ont baissé de 20 % et on fait davantage d’efforts de reboisement.

Pour mieux protéger la forêt, certains voudraient aussi miser sur le recyclage du bois pour combler certains marchés qui utilisent des copeaux ou des granules.

« C'est vraiment insister pour bannir l'enfouissement du bois », dit Gilles Bernardin, président du Regroupement des récupérateurs et recycleurs de matériaux de construction et de démolition du Québec.

Les 60 organisations du Collectif disent vouloir s'assurer que les emplois en forêt soient encore là dans un siècle.

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