•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pas de nouvel ALENA avant la fin des tarifs douaniers sur l'acier, dit le Mexique

Un négociateur mexicain debout devant un immeuble imposant doté de colonnes et de  lustres.
Juan Carlos Baker, le sous-ministre mexicain du Commerce, photographié à Buenos Aires en Argentine le 18 avril 2017. Photo: Reuters / Martin Acosta
Radio-Canada

Il n'y aura pas de signature de l'Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC) tant et aussi longtemps que Washington continuera d'imposer des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium, selon le sous-ministre mexicain du Commerce, Juan Carlos Baker.

La signature de cet accord est prévue, au plus tôt, à la fin du mois de novembre.

Négociateur de haut rang, Juan Carlos Baker était en visite à Ottawa cette semaine afin de participer à une réunion sur la réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il a affirmé aux journalistes qu'il travaille « chaque jour » pour tenter de résoudre le différend portant sur ces tarifs douaniers.

Un nouveau gouvernement sera à la tête du Mexique à compter du 1er décembre, celui d'Andrés Manuel López Obrador (AMLO), qui a accédé au pouvoir lors du scrutin tenu l'été dernier.

À l'instar du Canada, le Mexique s'oppose aux tarifs douaniers imposés sur l'acier et l'aluminium par les États-Unis, qui invoquent des raisons relatives à la « sécurité nationale » pour justifier ces sanctions.

Faisant écho aux récents propos du Canada à ce sujet, M. Baker a affirmé que toute proposition des États-Unis pour remplacer les tarifs par un système de quota sur les métaux serait refusée par le Mexique. Il a expliqué qu'un tel système ne réglerait pas le problème.

Nous devons faire lever ces tarifs. C'est l'objectif no 1. Comment pouvons-nous y arriver? Ce genre de distorsion ne devrait pas exister en Amérique du Nord.

Juan Carlos Baker, sous-ministre du Commerce du Mexique

Devant l'OMC, dont ils ont réclamé l'arbitrage, le Canada et le Mexique ont soutenu que ces obstacles tarifaires n'avaient rien à voir avec la sécurité nationale et tout à voir avec le désir des États-Unis de mettre leurs fabricants d'acier à l'abri de la compétition.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, avait affirmé qu'aucun pays visé par ces sanctions n'est considéré comme un risque pour la sécurité nationale américaine.

Mais « sans une économie forte, la sécurité ne peut pas être forte », avait expliqué M. Ross. Il avait ajouté que les États-Unis avaient considéré « l'impact global », sur l'industrie américaine, de la « surcapacité d'acier et d'aluminium » sur les marchés.

Des représailles à leur tour contestées devant l'OMC

Cependant, aux yeux du Mexique, il importe que ce litige disparaisse avant la signature de l'AEUMC, auquel le Canada s'est joint in extremis à la fin du mois de septembre.

Le sous-ministre mexicain affirme que Mexico « a échangé quelques idées » avec Washington, mais qu'elles « n'étaient pas concrètes ».

Les tarifs douaniers américains sont de 25 % sur les importations d'acier et de 10 % sur les importations d'aluminium en provenance du Canada, du Mexique et des 28 pays membres de l'Union européenne. Ils sont entrés en vigueur le 1er juin dernier.

Le Canada, le Mexique et l'Union européenne ont riposté en imposant des surtaxes sur les produits américains. Des représailles que les États-Unis contestent devant l'OMC, parce qu'ils estiment qu'elles vont à l'encontre des règles.

La ministre Freeland devant une douzaine de travailleurs de l'acier, vêtus de vestes et de combinaisons de travail.La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, visite des travailleurs de l'acier à Tree Island Steel en Colombie-Britannique, le 24 août 2018. Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Justin Trudeau discute avec le président élu du Mexique

Les représailles exercées par le Canada sur des importations d'acier, d'aluminium et d'autres produits provenant des États-Unis pourraient totaliser jusqu'à 16,6 milliards de dollars canadiens, selon la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Dans une déclaration, le premier ministre canadien Justin Trudeau affirme avoir discuté avec le président élu du Mexique, Andrés Manuel López Obrador, jeudi, par téléphone, du nouvel accord commercial nord-américain. Les deux hommes ont également évoqué les tarifs douaniers.

La discussion entre Justin Trudeau et Andrés Manuel López Obrador a eu lieu quelques jours après que le futur ministre des Affaires étrangères du Mexique, Marcelo Ebrard, s'est rendu à Ottawa pour rencontrer la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

M. Ebrard a suggéré que les droits de douane pourraient être levés une fois le nouvel accord commercial nord-américain signé. Les deux ministres sont cependant demeurés vagues quant au moment où cette signature pourrait s'effectuer.

Le sous-ministre Baker n'a pas écarté la possibilité que l'AEUMC soit ratifié durant le sommet du G20, qui doit s'amorcer le 30 novembre à Buenos Aires.

Les États-Unis, le Mexique et le Canada sont tous les trois membres du G20. Juan Carlos Baker a toutefois reconnu qu'aucune rencontre officielle n'était prévue pour débattre des tarifs douaniers.

Un autre différend, mais entre le Canada et le Mexique

Le sous-ministre Baker a aussi critiqué la surtaxe de 25 % du Canada sur certains produits d'acier étrangers, une mesure visant à mettre fin au dumping. M. Baker a soutenu que la mesure, qui est entrée en vigueur jeudi, était injuste pour les produits mexicains.

« Nous comprenons ce que le Canada essaie de faire. Nous sommes seulement déçus de ne pas avoir été exclus de cette mesure », a précisé Juan Carlos Baker.

Cette surtaxe imposée par le Canada est une mesure temporaire. Le ministre canadien des Finances, Bill Morneau, a affirmé qu'elle était destinée à protéger les fabricants d'acier du Canada d'un afflux soudain de produits de l'acier provenant de fabricants étrangers, qui chercheraient à éviter les tarifs douaniers des États-Unis.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

Accords commerciaux

Économie