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Redécouvrir le bénévolat

Dicky Dikamba et un groupe de bénévoles de CANAVUA au Tour de l'Alberta, à Edmonton.

Dicky Dikamba et un groupe de bénévoles de CANAVUA au Tour de l'Alberta, à Edmonton.

Photo : CANAVUA

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le besoin croissant de bénévoles en Alberta s'est confirmé à mes yeux cet automne alors que l'un de mes fils s'est retrouvé dans une équipe communautaire de basketball qui recherchait désespérément un entraîneur. La saison était sur le point de commencer et personne n'était disponible pour mener ce groupe de jeunes enthousiastes dont les parents avaient déjà payé plus de 200 $ en frais d'inscription. Pris comme entraîneur bénévole par une autre équipe, je ne pouvais répondre à l'appel des responsables de l'Edmonton Youth Basketball Association.

Un texte de Jean-Marie Yambayamba

Dans les yeux de mon fils, je pouvais lire l'anxiété. Et le soir même où il devait avoir sa première séance d'entraînement, le directeur de l'association a confirmé avoir trouvé un bénévole prêt à embarquer immédiatement. C'était un soulagement pour le jeune homme, pour moi et pour d'autres parents. Je ne pouvais qu'apprécier ce dévouement qui dispose quelqu'un à consacrer quatre à cinq de ses précieuses heures, chaque semaine, à une activité communautaire.

Le sport communautaire n'est pas le seul domaine où le bénévolat fait une différence. En Alberta, la mobilisation de bénévoles aide des quartiers à se développer, des écoles à organiser des activités parascolaires ou de nouveaux arrivants à amorcer leur intégration, incluant au plan professionnel.

Du bénévolat au travail

Du bénévolat en vue d'un emploi, c'est ce qu'offre, par exemple, l'Association des volontaires unis dans l'action au Canada, CANAVUA, qui est installée à La Cité francophone d'Edmonton depuis 2010. « Le bénévolat, nous l'apprenons aux personnes nouvellement arrivées en Alberta pour qu'elles comprennent le système, qu'elles arrivent à y naviguer facilement et parviennent à une intégration réussie au fil des années », explique le directeur Dicky Dikamba.

Dicky Dikamba, directeur de l'Association des volontaires unis dans l'action au Canada, CANAVUA.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dicky Dikamba, directeur de l'Association des volontaires unis dans l'action au Canada, CANAVUA.

Photo : CANAVUA

En participant aux services de l'organisme ou de ses partenaires, les bénévoles développent une expérience professionnelle et un réseau qui pourront les aider à se trouver du travail. « Par un système de référence, un client qui arrive au Centre d'accueil passe par Accès emploi et il est aussi envoyé à CANAVUA », explique Dicky Dikamba qui ajoute que des employeurs s'intéressent aussi à l'organisme et permettent à certains bénévoles de décrocher un emploi.

Avec seulement deux employés, l'organisme compte plus de 900 bénévoles, a déjà formé plus de 2300 personnes dans son programme de permis de conduire et distribue chaque mois près de 4000 kg de denrées alimentaires. « Le bénévolat est une culture au Canada. Les Canadiens, incluant les néo-Canadiens, ont appris à donner de leur temps pour une cause dans leur communauté pour améliorer la vie de leurs concitoyens », conclut le directeur Dikamba. Il espère d'ailleurs relancer CANAVUA à Calgary où l'organisme a fonctionné temporairement, pendant deux ans.

Nouvelle identité à la retraite

Le bénévolat peut aussi ouvrir un nouveau chapitre de vie après une retraite bien méritée. C'est l'expérience d'Alain Nogue, qui s'est reconverti dans l'accompagnement de personnes en soins de longue durée à l'Hôpital St Joseph's, dans le sud d'Edmonton. Cet ancien directeur adjoint à la Direction de l'éducation française de l'Alberta a accumulé diverses expériences de bénévolat depuis son départ à la retraite. « Quand on prend notre retraite, on perd notre identité professionnelle. C'est un sale coup pour l'amour propre. À un moment donné, on se demande: "Qui suis-je?" », explique-t-il.

Alain Nogue assure qu'il s'est redéfini par le bénévolat. « Ça nous donne une nouvelle communauté de travail, on peut se découvrir de nouveaux intérêts. Moi, je me suis développé une nouvelle identité dans le bénévolat », ajoute-t-il

Alain Nogue, tout souriantAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alain Nogue, ancien directeur adjoint de la Direction de l'éducation française de l'Alberta, maintenant bénévole au St. Joseph's Hosipital d'Edmonton.

Photo : Alain Nogue

Ses 5 h par jour, deux fois par semaine, à l'Hôpital St Joseph's sont sa plus récente expérience de bénévolat. « Ma récompense est dans l'acte d'aider mon prochain », souligne Alain Nogue, ajoutant aimer aussi la liberté typique du bénévolat, contrairement aux engagements professionnels classiques. « Je n'ai jamais eu tant de plaisir à m'occuper, que j'en ai aujourd'hui. On est là, parce que vraiment on veut être là. Bien sûr, on crée des liens et il faut être à la hauteur des attentes. »

Chemin faisant, Alain Nogue et ses pairs ont obtenu de Convenant Health, le réseau responsable de l'Hôpital St Joseph's, le feu vert pour recruter et former ceux qu'ils appellent des « super bénévoles ». Ces personnes, aussi à la retraite, seront appelées à répondre à ce qui va au-delà des besoins de base des patients.

À tous les âges de la vie

Engagement communautaire, expérience d'intégration professionnelle ou redéfinition identitaire, ces trois différents aspects révèlent à mes yeux la richesse de l'expérience bénévole. Un besoin personnel m'aura fourni l'occasion de redécouvrir cet engagement reconnu dans la société canadienne et particulièrement en Alberta. Dans cette province, le bénévolat semble parfois combler l'absence des services sociaux qui peuvent être portés ailleurs par les gouvernements.

Bravo, en tout cas, à tous nos bénévoles! En ce qui me concerne, c'est avec une fierté renouvelée que je pense poursuivre mon bénévolat en qualité d'entraîneur à l'Association de basketball des jeunes d'Edmonton!

L'Enquête sociale générale (ESG) de 2013 indique que:

  • 6 Canadiens sur 10 âgés de 15 ans et plus ont fait du bénévolat à un moment ou un autre de leur vie
  • le bénévolat représentait l'équivalent d'un million d'emplois à temps plein, avec une moyenne annuelle de 154 heures
  • les bénévoles avaient un calendrier de bénévolat récurrent, la fréquence la plus courante étant un engagement hebdomadaire

Source: Statistique Canada, étude de Maira Sinha

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