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La classe de demain est-elle tout simplement dehors?

Radio-Canada

L'enseignement à l'extérieur est une méthode qui a fait ses preuves, notamment dans les pays scandinaves, et qui s'intègre lentement dans certains milieux au Québec. L'École secondaire de l'Odyssée, à Valcourt, a emboîté le pas cette année avec l'inauguration de sa première classe extérieure.

Un texte d'Émilie Richard

Des tables à pique-nique et un tableau installé sous un arbre composent cette classe qui sort de l'ordinaire. On l'a baptisée La classe du saule.

On veut sauver l'environnement. Je pense que la meilleure façon d'y arriver, c'est de faire une connexion entre l'élève et l'environnement. La meilleure place pour le faire, c'est être dehors. Moralement, je sens qu'on a une formation en environnement à donner aux élèves. Pour moi, ce n'est pas une tâche, c'est un devoir, croit l'un des enseignants de cette école, Nicolas Busque.

Nicolas Busque, un enseignant de l'École secondaire de l'Odyssée, à Valcourt, qui utilise la classe extérieure régulièrement.Nicolas Busque, un enseignant de l'école L'Odyssée de Valcourt qui utilise la classe extérieure régulièrement. Photo : Radio-Canada

L'idée d'apprendre sous le soleil plaît beaucoup aux élèves. Ce n'est pas toutes les écoles qui ont ça. Ce n'est pas tous les professeurs qui s'investissent là-dedans, toutes les commissions scolaires qui acceptent les projets fous. Je trouve qu'on est chanceux , s'exclame Camille Richard-Poitras.

L'École de l'Odyssée, à Valcourt, n'est pas la seule qui sort son enseignement de ses murs. Petit à petit, des initiatives se mettent en place dans certaines écoles du Québec. Le potager éducatif de l'École LaRocque, à Sherbrooke, la forêt éducative avec des plantes médicinales de l'École secondaire la Concorde, en Abitibi, ou les programmes de plein air, de survie ou d'ornithologie au Saguenay-Lac-Saint-Jean en sont des exemples.

Julie Moffet coordonne le projet Enseigner dehors de la Fondation Monique-Fitz-Back. D'une durée de trois ans, le projet consiste à inspirer et à outiller les enseignants du primaire et du secondaire. On veut vraiment encourager les enseignants, à se doter d'une classe extérieure oui, mais on veut leur donner la vision qu'enseigner dehors, ce n'est pas simplement de faire asseoir les élèves à l'extérieur. On veut vraiment utiliser la plus-value, le bénéfice de l'environnement et qu'ils soient actifs dans leurs apprentissages, soutient-elle.

Des élèves assis à une table à pique-nique.Des élèves apprécient vraiment l'expérience d'apprentissage en plein air. Photo : Radio-Canada

Selon un sondage commandé par la Fondation Monique-Fitz-Back, 75 % des 374 intervenants du milieu scolaire qui ont répondu au questionnaire disent avoir réalisé des activités ou des projets extérieurs.

L'enseignement en plein air ce n'est pas réservé qu'à l'éducation physique. On peut faire autre chose en même temps. On peut faire des sciences, du français, des mathématiques. C'est là qu'on s'en va de plus en plus. Ce que l'on veut faire, c'est d'aller voir ces gens-là, de montrer au réseau comment ils font ça, comment ils intègrent le programme québécois et comment ils surmontent les obstacles de météo, de gestion de classe, de préparation , ajoute Mme Moffet.

À Valcourt, La classe du saule a rapidement trouvé sa place dans la routine. On se bat pour la classe! Tous les profs, quand on a de la belle température, quand il fait beau, la veulent. Je dirais que, pour la grande majorité des élèves, c'est quelque chose de gagnant et c'est très positif, affirme Nicolas Busque.

Motivation et apprentissages mieux intégrés sont notés parmi les bénéfices. On est vraiment dans les compétences du 21e siècle avec cette approche-là. Esprit scientifique, esprit créatif et, en plus, on fait bouger nos jeunes », rappelle Mme Moffet, de la Fondation Monique-Fitz-Back.

Julie Moffet coordonne le projet Enseigner dehors de la Fondation Monique-Fitz-Back.Julie Moffet coordonne le projet Enseigner dehors de la Fondation Monique-Fitz-Back. Photo : Radio-Canada

J'ai vraiment remarqué une différence. Quand tu es enfermé entre quatre murs, on dirait que c'est un peu moins le fun d'étudier. Mais juste les arbres, le bruit des oiseaux... , raconte William Bouthillette, un élève.

Son enseignant, Nicolas Busque, soutient que des études, faites en Californie, affirment qu'il y a une diminution de la violence de 12 % lorsque les élèves apprennent en classe extérieure.

Des obstacles freinent toutefois la réalisation de certains projets. Les enseignants veulent de la formation. C'est sûr qu'actuellement, on manque d'outils, on manque de ressources, mais on est plusieurs acteurs, plusieurs organisations à se concerter pour voir ce que l'on peut offrir aux écoles , soutient Julie Moffet.

D'ici 2020, la Fondation Fitz-Back souhaite notamment publier des capsules vidéo informatives à ce sujet.

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