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La Cour suprême à l'heure de #MoiAussi et des réseaux sociaux

Entrevue avec Richard Wagner, juge en chef de la Cour suprême

Les tribunaux doivent être à l'écoute de la société. C'est ce que croit Richard Wagner, juge en chef de la Cour suprême du Canada, qui veut rapprocher la cour des citoyens.

« Les temps où un juge pouvait simplement rendre sa décision et ne pas se prononcer et ne pas faire preuve de plus de transparence sont révolus », lance le juge en chef, qui était de passage sur le plateau de 24/60, jeudi.

Avec Internet, les gens demandent et doivent avoir l’information, croit le juge. « Plus les gens vont être informés, plus il y aura de crédibilité et de confiance dans le système, parce qu’il n’y a rien de pire que l’ignorance », dit-il.

Je pense qu’il appartient maintenant aux tribunaux et aux juges de dire qui ils sont, ce qu’ils font, comment ils le font et pourquoi ils le font.

Richard Wagner, juge en chef de la Cour suprême du Canada

Richard Wagner, qui affiche une ouverture particulière au numérique, indique qu’à l’ère « où les gens prennent leurs nouvelles des réseaux sociaux, il nous appartient de prendre des mesures pour nous assurer que notre message, que nos décisions passent ».

Le juge en chef de la Cour suprême rappelle d'ailleurs que son institution s’adresse maintenant au public sur Facebook et Twitter. Il cite l’exemple des « causes en bref », des résumés rédigés dans un langage accessible, afin de permettre à toutes les personnes qui le désirent de se renseigner sur les règles de droit.

Il s’agit de développer « une meilleure communication avec les citoyens directement », dit-il.

La confiance en la Justice est fondamentale

Le système judiciaire à travers le monde a été critiqué notamment pour sa lenteur à l’ère du mouvement #MoiAussi, qui dénonce les agressions sexuelles.

Ces scandales se sont retrouvés sur les réseaux sociaux, qui risquaient de se transformer en tribunaux populaires, où l’on se rend justice soi-même.

« Quand les gens perdront confiance dans le système de justice, cela va être le début de la fin », dit le juge Wagner, pour qui « il faut être très soucieux de maintenir cette crédibilité des tribunaux dans l’esprit des gens ».

La compassion, qui n’est pas une notion juridique, « fait partie de nos valeurs morales, de nos valeurs de société et le droit est la traduction de nos valeurs », dit-il.

M. Wagner se dit inquiet que les gens s’éloignent des tribunaux, mais il demeure convaincu qu’au Canada, « nous avons probablement l’une des meilleures magistratures » au monde.

Et pour ramener les Canadiens au système de justice, « les juges doivent faire preuve de transparence ».

L'exemple Kavanaugh

Le juge en chef Wagner qualifie de « déplorable » la situation du juge Brett Kavanaugh, dont la nomination à la Cour suprême des États-Unis a été marquée par des allégations d'agressions sexuelles à son endroit.

« Ce qu’on a vu récemment […] est inquiétant et désolant », affirme le juge Wagner, qui y va d’une mise en garde. « Je pense qu’il serait erroné de se dire simplement, chez nous au Québec, au Canada, ça ne peut pas arriver », dit-il.

Il faut être vigilant, insiste-t-il. « Il faut dénoncer ce qu’on perçoit comme étant des attaques contre ses valeurs fondamentales et rester à l’écoute et faire la promotion de nos valeurs », conclut Richard Wagner.

Société

Justice et faits divers