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Méganne Perry Mélançon, une élection qui dépasse la fiction

Méganne Perry-Mélançon
Méganne Perry-Mélançon sera la porte-parole du Parti québécois pour le Tourisme, les Sports et la Jeunesse. Photo: Radio-Canada / Romain Schué
Radio-Canada

Élue après un improbable recomptage des voix dans la circonscription de Gaspé, la jeune députée du Parti québécois Méganne Perry-Mélançon, qui rêvait durant son enfance d'une carrière dans le cinéma, a vécu une intense arrivée sur les bancs de l'Assemblée nationale. Une réalité qui dépasse la fiction, avoue-t-elle.

Un texte de Romain Schué, correspondant parlementaire à Québec

Les scénaristes américains auraient-ils pu imaginer le scénario de cette soirée électorale du 1er octobre dernier à Gaspé?

« C’était vraiment House of Cards. Je pourrais écrire un film dans mes heures perdues », dit à la blague Méganne Perry-Mélançon, quelques jours après l’heureux dénouement pour le Parti québécois.

Passionnée de documentaires, marquée par Le peuple interdit du Québécois Alexandre Chartrand, qui évoque le scrutin catalan pour l’indépendance en 2014, la Gaspésienne de 28 ans a écrit ces dernières semaines sa propre histoire.

Une boîte qui change l'élection

Une boîte de scrutin avait alors complètement changé la donne. Celle-ci, initialement, donnait l’intégralité de ses 194 bulletins au libéral Alexandre Boulay, qui disposait alors d’une avance de 132 voix sur la candidate péquiste.

Pour l’intéressée, le sort en était jeté. « Je n’avais aucune lueur d’espoir. J’avais fait mon discours de défaite. J’étais à la fois fière de ma campagne et très triste. Je me posais des questions sur mon avenir. Je me visualisais uniquement comme future députée, je ne voulais pas retourner sur les bancs d’école », se rappelle-t-elle.

Après avoir repris espoir en ayant eu connaissance de la compilation de cette fameuse boîte 61, Méganne Perry-Mélançon a vécu un énorme soulagement en apprenant sa victoire le 10 octobre, dans les locaux du palais de justice de Percé, après un recomptage des voix.

Une fête est alors organisée en compagnie du chef intérimaire, Pascal Bérubé, qui s'est rendu sur place.

La candidate et le chef du PQ les bras levésMéganne Perry-Melançon célèbre sa victoire en compagnie du chef intérimaire du PQ Pascal Bérubé Photo : Radio-Canada / Claude Côté

Je n’ai jamais vécu de telles émotions. C’était surréel, du jamais vu. C’était un beau moment, un dénouement heureux et l’occasion de mettre le comté de Gaspé dans l’œil des médias.

Méganne Perry Mélançon, députée de Gaspé

Ne manquez pas nos autres portraits de nouveaux députés :

Le tourisme avant la politique

Installée dans un café situé à quelques pas de l’Assemblée nationale, la nouvelle députée de Gaspé a le sourire. Ravie, elle ne souhaite aucunement revenir en arrière pour changer le moindre élément de ce rocambolesque scrutin.

« La politique est rendue plus intense que tout ce qu’on voit à la télévision », glisse l’élue, qui, durant sa jeunesse, rêvait d’une carrière de réalisatrice.

Finalement, après un passage par le Collège Montmorency, à Laval, où elle étudie en cinéma, elle opte pour le tourisme et l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ), à Montréal, qui lui permet, à travers des stages, de découvrir durant plusieurs mois Barcelone et la Jamaïque. Son but? Reprendre en main l’auberge familiale à Gaspé.

Mais un appel en 2014 de l’équipe du député péquiste Gaétan Lelièvre, à la recherche d'une attachée politique, va modifier sa trajectoire professionnelle. « Au départ, j’avais hésité. J’avais même refusé poliment l’offre, avant d'accepter quelques jours plus tard », raconte-t-elle.

Même si le parti fittait avec mes valeurs, je ne connaissais pas ce milieu et je doutais de mes capacités. Je voyais la politique comme un défi trop difficile à surmonter.

Méganne Perry Mélançon, députée de Gaspé

Ses parents, qui ne sont pas des militants, ont joué un rôle important, poursuit-elle. Ancien notaire, son père a d’ailleurs été l’un des membres actifs des Patriotes gaspésiens, un mouvement réclamant des ressources pour la région.

« Ils voulaient sensibiliser le gouvernement pour l’avancement de la Gaspésie. Bernard Landry, puis Pauline Marois ont toujours eu une belle écoute, c’est pour ça que la région est restée attachée au parti malgré la vague de la CAQ », avance Méganne Perry-Mélançon.

Place aux jeunes

Avec Marwah Rizqy (33 ans, PLQ), Simon Jolin-Barrette (31 ans, CAQ), Mathieu Lacombe (30 ans, CAQ) ou encore Catherine Fournier (26 ans, PQ) et Emilise Lessard-Therrien (26 ans, QS), Méganne Perry-Mélançon est l’une de ceux et celles grâce à qui souffle un vent de renouveau sur la politique québécoise. « On ressent la volonté du changement pour faire de la politique autrement. Ça amène une vraie représentativité des électeurs. On a des intérêts différents de ceux qui ont l’âge de nos parents », explique-t-elle.

Baisser le prix des billets d’avion pour la Gaspésie

Au sein d’un parti auquel elle a redonné le sourire – et accessoirement le titre de deuxième opposition, devant Québec solidaire –, Méganne Perry-Mélançon ne cache pas son ambition.

Bien que la course à la chefferie ne l’intéresse aucunement à ce jour – « j’y vais vraiment un pas à la fois » –, la députée compte participer activement « à la reconstruction et la relance » du Parti québécois.

Les députés du PQ lors de leur assermentationMéganne Perry Mélançon, à droite, en compagnie des neuf autres députés du Parti québécois. Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

Sur les bancs de l’Assemblée nationale, elle espère sensibiliser le gouvernement Legault aux coûts « faramineux » des billets d’avion pour se rendre en Gaspésie.

« Je viens de payer 500 $ pour un aller simple. C’est un gros enjeu, le manque de transport accessible est un frein pour l’investissement », juge-t-elle, en évoquant l’idée de financer d’éventuels concurrents d’Air Canada, mise de l’avant par Jean-François Lisée au cours de la dernière campagne.

Une sorte de coopérative, financée par l’État, pourrait être une solution. « Ça reste à définir, mais j’ai bon espoir qu’on puisse collaborer avec la CAQ », reconnaît-elle, avant de plier bagage pour passer la fin de semaine à Gaspé.

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