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  • Le Brésil : un pays séduit par les solutions militarisées

    Le député Jair Bolsonaro votant la destitution de la présidente Dilma Rousseff au Congrès. Il dédie son vote à l'officier qui a torturé cette dernière pendant la dictature militaire.

    Le Brésiliens viennent d'élire le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro président de leur pays.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Les Brésiliens viennent de propulser Jair Bolsonaro à la présidence du pays. Surprenant? Inquiétant? Des reportages puisés dans nos archives nous donnent une idée de qui est le nouveau président brésilien et pourquoi il a été élu.

    À l’Assemblée nationale en 2015 lors de la destitution de la présidente Dilma Rousseff, victime de torture sous la dictature, il dédie son vote à son tortionnaire.

    Jean-Michel Leprince à propos de Jair Bolsonaro

    C’est un personnage détestable, raciste, xénophobe, machiste. Toutes les qualités qu’on recherche chez quelqu’un, il les méprise.

    Ascanio Seleme, chroniqueur journal brésilien « O Globo » décrivant Jair Bolsonaro

    S’il vous plaît, restez

    Jair Bolsonaro a toujours été proche des soldats brésiliens. Ancien capitaine d’armée, il fait partie de ses réservistes.

    Il faut dire qu’au Brésil, contrairement à plusieurs pays d’Amérique latine, l’institution militaire n’a pas été discréditée par son passage au pouvoir.

    Le sel de la semaine, 14 juin 1966

    En 1966, la journaliste Judith Jasmin se rend au Brésil. Nous sommes deux ans après le coup d'État qui a renversé le gouvernement civil dans ce pays.

    Judith Jasmin nous présente un reportage à l’émission Le sel de la semaine le 14 juin 1966 qui nous montre plusieurs évaluations contradictoires de la dictature brésilienne.

    Judith Jasmin interviewe plusieurs Brésiliens pour ce reportage. Deux de ses invités représentent deux visions particulièrement aux antipodes du Brésil sous le joug militaire.

    D’un côté, la sociologue Maria Isora Pereira de Queroz dénonce la répression pratiquée par les militaires pour mater la dissidence politique dans les universités.

    De l’autre côté se trouve Julio Mesquita, éditorialiste du journal de la haute finance brésilienne O Estado. Il regrette que les militaires aient été trop modérés dans ce qu’il appelle « l’assainissement » du Brésil.

    « L’assainissement » que souhaitait Julio Mesquita, c’était que les militaires éliminent la menace du communisme qui effraie les classes possédantes du pays.

    Julio Mesquita ne souhaitait pas nécessairement que les soldats retournent rapidement dans leurs casernes.

    Les militaires balisent la démocratie

    Ils ont décidé de partir parce qu’ils pensent qu’ils ont rempli la mission qu’ils s'étaient donnée il y a 25 ans, c’est-à-dire ce qu’ils appelaient la menace communiste.

    Bertrand de la Grange

    Voilà le portrait que dessine le journaliste Bertrand de la Grange à l’animatrice Denise Bombardier dans une entrevue présentée à l’émission Le Point le 6 avril 1984.

    Le Point, 6 avril 1984

    En 1979, les militaires brésiliens décident qu’ils doivent retourner dans leurs casernes. Ils ne le feront pas à n’importe quelle condition.

    Un des éléments essentiels pour comprendre le système politique actuel au Brésil, c’est que les militaires n’ont pas cédé le pouvoir en 1985 parce qu’ils étaient discrédités.

    Ayant réussi à garder leur prestige, ils vont démocratiser à petites doses le Brésil entre 1979 et 1985.

    La démocratie dont les officiers sont en train d’accoucher devra être sage.

    Surtout, elle ne cherchera pas à se venger des abus commis contre les droits de la personne ou encore la très piètre gestion économique des juntes militaires.

    Déboussolés

    Ce que le juge Moro et son enquête Lava Jato ont démantelé, c’est le plus grand scandale de corruption de l’histoire du Brésil et peut-être du monde.

    Jean-Michel Leprince

    C'est ce que souligne notre correspondant en Amérique latine Jean-Michel Leprince dans un reportage qu’il présente au Téléjournal le 5 juin 2018 et que présente Céline Galipeau.

    Le Téléjournal, 5 juin 2018

    À partir de 2014, le juge brésilien Sergio Moro démêle les fils d’un immense scandale de corruption et de blanchiment d’argent.

    L’enquête du juge Moro surnommée Lava Jato (lavage express) éclabousse et discrédite une bonne partie de la classe politique du pays.

    La présidente Dilma Rousseff est même démise de ses fonctions dans le sillage de cette enquête.

    L’autre calamité qui mine la démocratie brésilienne, c’est l’anémie de la croissance économique. Le Brésil a connu une importante récession à partir de 2015. La plupart des Brésiliens se sont appauvris.

    La violence est par ailleurs endémique dans le pays.

    Les militaires remplacent de plus en plus les policiers dépassés par les événements dans les bidonvilles brésiliens.

    Le taux d'homicide est un des plus élevés du monde. 64 000 personnes ont été tuées au Brésil l'année dernière.

    Tout cela déboussole les Brésiliens. Leur colère est à fleur de peau. Ils cherchent un sauveur. Beaucoup croient l’avoir trouvé dans l’ex-militaire Jair Bolsanaro.

    C'est un homme qui propose des solutions simples et draconiennes aux problèmes actuels du Brésil.

    Les Brésiliens embrassent avec espoir, comme d'autres pays récemment avant eux, la solution de l’homme fort. Le chemin emprunté mènera-t-il à une impasse?

    L’avenir le dira.

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