•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Après la pollution industrielle, les algues toxiques contaminent le port de Hamilton

On voit le lac Ontario avec, au loin, le port de Hamilton, avec un mélange de bateaux de plaisance, de tours d'habitations et d'industries.

Le port de Hamilton est l'un des sites les plus contaminés en eaux canadiennes.

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Radio-Canada

Depuis août, les habitants de Hamilton doivent éviter la baignade à la plage du Quai numéro 4 et au parc Bayfront à cause de la présence de cyanobactéries. Ces algues bleu-vert toxiques font désormais partie du paysage dans cette baie du lac Ontario, déjà contaminée par plus d'un siècle de rejets industriels et d'eaux usées.

Un texte de Chantal Srivastava, de l’émission Les années lumière

Situés dans la partie ouest de la baie qui abrite le port de Hamilton, le Quai numéro 4 et le parc Bayfront ont été aménagés dans les années 90 sur le terrain d’un ancien dépotoir. La Ville de Hamilton a enlevé 20 000 tonnes de terres et de déchets contaminés pour créer plages, parcs et promenades en bordure de l’eau.

On voit à contre-jour le soleil qui se reflète sur le lac Ontario. Au premier plan, un arbre et le quai de pierres.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La pointe du quai numéro 4, un espace vert du port de Hamilton, sur le lac Ontario

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Malheureusement, les algues et leur odeur gâchent de plus en plus le paysage. De sorte que, souvent, les citoyens ne peuvent pas se baigner à cause des cyanobactéries. Mais ils peuvent néanmoins profiter des installations pour se détendre sur la plage ou pique-niquer, tandis que les enfants s’amusent dans une structure de jeu en forme de bateau géant.

On n’imagine pas qu’un tel lieu existe à Hamilton. Quand les gens pensent à Hamilton, ils pensent à un endroit pollué.

Anne Tennier, résidente de Hamilton depuis deux décennies

Ici, plus rien ne rappelle le passé industriel de ce port lourdement contaminé par les aciéries. « C’est spectaculaire! », se réjouit Anne Tennier, même si elle déplore la présence d’algues qui empêchent souvent la baignade.

On voit Mme Tennier dans le parc adjacent au lac Ontario.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Anne Tennier, dans le parc qui borde le lac Ontario à Hamilton.

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Avant les algues toxiques, il y a eu les bactéries E. coli, introduites par les déjections des oiseaux arrivés en masse lorsque la verdure a remplacé le dépotoir. Diverses mesures, telle l’installation de faux faucons, ont permis de tenir les oiseaux à distance.

Les canards aussi sont là en masse. Et certains poissons, dont le doré, reviennent en nombre dans plusieurs zones du port. Petit à petit, la faune se rétablit tout doucement dans le port de Hamilton, un des sites les plus contaminés en eaux canadiennes.

On voit M. McLaughlin de dos, devant une clôture qui entoure les installations portuaires du port de Hamilton.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Chris McLaughlin devant le récif de Randle, où les sédiments sont en train d’être confinés sous l’eau.

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Un des 43 secteurs préoccupants sur les Grands Lacs

En 1969, la baie a été qualifiée, devant le Parlement, de « bourbier pourri et nauséabond, rempli de saletés et de déchets empoisonnés ». Cinquante ans plus tard, les choses ont bien changé, note Chris McLaughlin, directeur du Bay Area Restauration Council (BARC).

Même s’il y a encore des problèmes, il y a aujourd’hui de quoi se réjouir.

Chris McLaughlin, Bay Area Restauration Council

La situation s’est grandement améliorée au cours des 30 dernières années, depuis que le port de Hamilton a été reconnu comme l'un des 43 secteurs préoccupants en vertu de l’Accord canado-américain relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs. Un plan d’assainissement a été mis en place par les divers ordres de gouvernement et les industries, en collaboration avec des experts et des scientifiques, sous l’œil attentif de Chris McLaughlin, du BARC, qui représente les citoyens.

La pièce maîtresse du plan d’assainissement du port de Hamilton est le confinement de près de 700 000 mètres cubes de sédiments contaminés dans une structure sous-marine étanche. Le projet de 140 millions de dollars doit être achevé en 2022.

Vidéo d’Environnement et Changement climatique Canada sur le projet d’assainissement des sédiments du récif Randle, dans l’est du port de Hamilton

Mais, malgré tous les efforts, les progrès stagnent dans le port de Hamilton.

Depuis 15 ans, la qualité de l’eau ne s’améliore pas comme avant.

Chris McLaughlin

De nouvelles menaces guettent le port de Hamilton. Au premier chef, les changements climatiques, les espèces envahissantes et de nouveaux contaminants comme les produits pharmaceutiques et les microparticules de plastique.

Le reportage de Chantal Srivastava est diffusé à l'émission Les années lumière, dimanche, à 12 h 10, à ICI Radio-Canada Première.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Pollution

Environnement