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La CSDM n’imposera pas d’exercices de confinement

L'entrevue de RDI Matin avec Catherine Harel-Bourdon, présidente de la CSDM
Radio-Canada

Les écoles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) ne seront pas tenues d'organiser des exercices de confinement, a tranché le conseil des commissaires mercredi soir. Ces exercices, censés préparer les élèves et le personnel à l'éventualité d'un « tireur actif », demeureront donc optionnels.

Les commissaires ont pris acte d’un rapport qu’ils avaient commandé il y a deux ans. Le comité qui l’a rédigé avait pour mandat d’analyser les bénéfices et les risques de tels exercices.

« Les exercices doivent rester optionnels et non pas obligatoires, parce que, pour certains élèves jeunes, ça peut créer de l’anxiété », explique Catherine Harel-Bourdon, présidente de la CSDM.

Le rapport explique en effet que les plus jeunes enfants peuvent avoir de la difficulté à faire la différence entre le réel et l’imaginaire, et rester traumatisés par l’expérience. Surtout les plus anxieux. Des personnes ayant déjà vécu des traumatismes pourraient en outre les voir se ranimer.

Mais l’anxiété n’est pas le seul argument invoqué par le comité pour ne pas recommander les exercices de confinement. Le rapport soulève notamment le fait que chaque situation est unique, et qu’elle est impossible à prévoir en contexte d’exercice. De plus, le réseau de la CSDM est très diversifié, avec différents types d’établissement, ce qui empêche la rédaction d’une politique unifiée.

Les exercices de confinement pourraient aussi entraîner une banalisation de l’événement et devenir carrément contre-productifs, estiment les auteurs. Ils pourraient aussi donner à un éventuel « tireur actif » les informations lui permettant de déjouer les stratégies de protection, s'il a participé à de tels exercices par le passé.

Ces arguments surpassent les bienfaits des confinements, puisque le rapport n’en cite que deux : le développement de réflexes et un sentiment de sécurité accru.

« Actuellement, il n’existe aucune étude qui démontre l’efficacité des exercices de confinement dans les écoles pour diminuer les pertes humaines en cas de tireur actif », écrit-on encore.

Former le personnel

Le dépôt du rapport au conseil des commissaires était la première étape avant son acheminement vers les différentes directions d’établissement. Celles-ci pourront toutefois décider de tenir des exercices de confinement si elles le souhaitent, éclairées par les recommandations du rapport.

« Certaines écoles pensaient que c’était obligatoire, alors que c’est optionnel et ça va le rester », confirme Mme Harel-Bourdon.

« Ce que le rapport dit, c’est qu’il faut bien former notre personnel pour être capable d’agir en situation d’urgence et d’avoir différentes techniques », ajoute-t-elle.

Il est en effet recommandé dans ce rapport que « les membres du personnel de tous les établissements scolaires suivent la séance d’information sur les bonnes pratiques à adopter en cas de tireur actif ».

Ces formations doivent d'ailleurs être données le plus souvent possible, explique Mme Harel Bourdon. « Parce qu’il y a l’évolution de la société, l’évolution d’un bâtiment, de son lieu physique [et cela] a des impacts sur les mesures qui vont être prises », fait-elle valoir.

Il faut également faire de la prévention auprès des élèves et du personnel, ajoute la présidente, rappelant que les « tireurs actifs » sont souvent issus du milieu, et peuvent souffrir de problèmes de santé mentale.

En 2016, le Service de police de la Ville de Montréal a participé à 180 exercices de confinement dans les écoles, dont la moitié avec la participation des élèves.

Grand Montréal

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