•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Au coeur du nouveau « magasin » de l'Hôpital Fleurimont

Paul Ferland travaille à l'hôpital depuis 42 ans. On le voit dans une petit magasin d'un département de l'Hôpital Fleurimont. Tout est judicieusement classé.
Paul Ferland travaille à l'hôpital depuis 42 ans. On le voit dans un petit « magasin » de département de l'Hôpital Fleurimont. Tout est judicieusement classé. Photo: Radio-Canada / Emilie Richard

Paul Ferland est agent d'approvisionnement. Il a connu ce que l'on appelait « le magasin » du CHUS-Hôpital Fleurimont. Normal, il compte 42 ans d'ancienneté. Au fil du temps, il a donc vu le sous-sol de l'édifice se transformer et a vu naître le centre de distribution, là où sont entreposées toutes les fournitures médicales à haut volume : comme les millions de gants et de seringues utilisés annuellement. Cet entrepôt, à l'extérieur des murs de l'hôpital, est une première au Québec et Paul y a rêvé longtemps.

Un texte d'Émilie Richard

« On a fait le tour des régions, photographié les débarcadères, estimé les coûts, le nombre de tablettes. Je ne sais pas ce qu'il s’est passé, mais quand M. Tessier est arrivé, ça été magique, le projet a passé », se souvient-il en riant.

M. Tessier, c’est Alain Tessier qui est chef de service entreposage et distribution depuis 10 ans.

Ensemble, ils forment un duo des plus efficaces. La preuve est là.

Alain Tessier, chef de service entreposage et distribution, avec Paul Ferland, agent d'approvisionnement.Alain Tessier, chef de service entreposage et distribution, avec Paul Ferland, agent d'approvisionnement. Photo : Radio-Canada / Emilie Richard

Un succès

L’objectif avec le nouveau centre de distribution, inauguré en 2010, c’était de libérer de l’espace pour offrir davantage de soins aux patients.

Depuis toujours, les fournitures médicales étaient bien entassées au sous-sol. Le personnel n’avait qu’à descendre les chercher au besoin. Avec le nouvel entrepôt, les habitudes devaient être changées. « Avec les installations au sous-sol, c’est comme si tu vivais au dessus du dépanneur, mais si l’épicerie est à 7 km ou 70 km, ça demande plus de discipline et de gestion », image M. Tessier.

Donc, pour bien réussir la transition, l’équipe du service d'entreposage, distribution et gestion du matériel devait s’assurer que personne ne manque de rien.

Le centre de distribution de l'Hôpital Fleurimont. Cet entrepôt dessert, en plus de l'hôpital, 118 autres clients extérieurs.Le centre de distribution de l'Hôpital Fleurimont. Cet entrepôt dessert, en plus de l'hôpital, 118 autres clients extérieurs. Photo : Radio-Canada / Emilie Richard

Tout ce dont les départements peuvent avoir besoin au quotidien est à portée de main : fournitures médicales, papeterie, produits nettoyants, par exemple. Les magasiniers partent à 6 h 30 pour faire des lectures de ce qu'il manque dans les départements. Une heure plus tard, les commandes sont préparées. À 9 h 45, les items manquants sont livrés aux débarcadères de l’hôpital, puis acheminés au bon endroit. « En dedans de quatre heures, on peut regarnir une utilité [un petit magasin sur chaque unité de soins] sans problème », explique Paul.

Près de 2000 items à gros volume, comme les fournitures médicales ou les produits nettoyants, sont entreposés au centre de distribution. Près de 2000 items à gros volume, comme les fournitures médicales ou les produits nettoyants, sont entreposés au centre de distribution. Photo : Radio-Canada / Emilie Richard

Si ce travail de deuxième ligne n'est pas bien fait, au bout du compte, ce sont les patients qui s'en ressentent. « Si demain matin, on arrête d'apporter des fournitures, ça prend de 24 à 36 heures et on en entend parler, renchérit Alain. Le rôle qu'on a est très important. »

Alain Tessier visite régulièrement le centre de distribution situé à moins d'un kilomètre de l'Hôpital Fleurimont.Alain Tessier visite régulièrement le centre de distribution situé à moins d'un kilomètre de l'Hôpital Fleurimont. Photo : Radio-Canada / Emilie Richard

L’hôpital est desservi trois fois par jour par des camions en provenance du centre de distribution. Et les camions repartent rarement vides : on les remplit de carton prêt à être recyclé.

Une logistique qui fonctionne puisque Paul et Alain ont pu rapidement dire mission accomplie. « On avait commencé à desservir l’hôpital à partir du centre de distribution depuis deux ou trois semaines et le personnel nous demandait c’était à quel moment qu’on allait commencer », se rappelle tout sourire Alain Tessier. « Ça faisait un mois qu’on roulait », ajoute Paul en riant.

Cette première a-t-elle fait des petits? « Honnêtement, je pense qu’il n’y a pas un hôpital au Québec qui n’est pas passé dans les dernières années pour voir comment on avait fait ça », note le chef de service qui souligne la vision qu’a eue l’organisation de l’époque.

Le centre de distribution en chiffres

  • 621 clients desservis (un client est un endroit où sont livrés les items pour un département précis, comme le bloc opératoire ou un local à l'étage de la maternité.)
  • 118 clients desservis à l'extérieur de l'Hôpital Fleurimont
  • Près de 2000 items y sont en inventaire
  • 3 livraisons par jour entre le centre de distribution et l'Hôpital Fleurimont
  • 99,7 % de taux d'efficacité (excluant les fournisseurs)

Le centre de distribution, mais encore

Tout n'est pas livré à l'entrepôt. Sur les 6500 items en inventaire, 2000 d'entre eux atterissent sur les tablettes du centre de distribution. Pour les autres produits à moins gros volume, comme une brocheuse ou bien un équipement de radiologie et les médicaments destinés à l’entrepôt pharmacie, ils sont livrés directement aux débarcadères des hôpitaux Fleurimont ou de l’Hôtel-Dieu. « Tout ce que l'on voit dans l'hôpital, c'est arrivé par nos portes, tout doit être vérifié et enregistré dans le système », explique Paul Ferland qui ne connaît peut-être pas tous les produits, mais qui est certainement une source fiable pour ses collègues.

Il y a près de 2000 items à l'entrepôt pharmacie de l'Hôpital Fleurimont. Cet entrepôt occupe encore une partie du sous-sol de l'hôpital.Il y a près de 2000 items à l'entrepôt pharmacie de l'Hôpital Fleurimont. Cet entrepôt occupe encore une partie du sous-sol de l'hôpital. Photo : Radio-Canada / Emilie Richard

« Il a vu et vécu beaucoup de choses. C'est certain que c'est rassurant pour l'équipe. Il faut en profiter le temps qu'il est là pour acquérir l'expertise qu'il a développée. Quand je regarde un gars comme Paul, c'est l'exemple de la vocation même », dit fièrement son patron, M. Tessier.

Paul y répond. « On est un département de service. Moi, j'aime ça rendre service, alors je suis à la bonne place. »

On ne peut en douter lorsque Paul nous présente fièrement les rangements des départements, où tout est classé avec soins, ou s'arrête au débarcadère pour saluer une partie de son équipe.

Dominique Roux est magasinier. Il récupère du matériel qui vient d'être livré au débarcadère de l'Hôpital Fleurimont.Dominique Roux est magasinier. Il récupère du matériel qui vient d'être livré au débarcadère de l'Hôpital Fleurimont. Photo : Radio-Canada / Emilie Richard

Consommation annuelle de produits à haut volume (en achats directs et en inventaire)

Gants : 16 100 252 unités

Aiguilles : 2 545 122 unités

Seringues : 1 928 330 unités

Estrie

Santé