•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des patins à l’Assemblée nationale, Isabelle Charest découvre « une pression différente »

Isabelle Charest debout devant son bureau
Isabelle Charest est la nouvelle ministre déléguée à l'Éducation au sein du gouvernement majoritaire de François Legault. Photo: Radio-Canada / Romain Schué
Radio-Canada

« Ça m'arrive d'avoir du mal à dormir », sourit Isabelle Charest. Nommée ministre déléguée à l'Éducation par François Legault, responsable également du sport, des loisirs et des saines habitudes de vie, la triple médaillée olympique de patinage de vitesse découvre dans l'exercice du pouvoir « une pression complètement différente » de son expérience sportive. Un nouveau « grand défi », pour l'athlète olympique.

Un texte de Romain Schué, correspondant parlementaire à Québec

« Cette vue, c’est le genre de chose qui m’émerveille », confie Isabelle Charest en ouvrant la porte de son vaste bureau situé au 16e étage du ministère de l’Éducation, dont elle vient de prendre possession. « Je ne sais pas si on s’y habitue », plaisante-t-elle, en admirant les couleurs d’automne de Québec et de ses alentours.

Des paysages et des villes, l’intéressée en a vu beaucoup tout au long d’une riche carrière sportive. Mais après trois Jeux olympiques couronnés de succès comme athlète (1994, 1998, 2002) – deux médailles de bronze et une d’argent – et trois autres dans l’organisation de la sélection canadienne, la native de Rimouski de 47 ans voulait changer de décor.

Repoussées une première fois fin 2017, les approches de la Coalition avenir Québec (CAQ) ont finalement fait mouche, après une ultime participation aux JO d’hiver de Pyeongchang, en février, à titre de chef de mission de la délégation canadienne.

« [Avant] j’étais tellement prise, je me disais que ce n’était pas pour moi maintenant. Mais avec l’expérience des Jeux, où l’on gravite beaucoup avec le politique, et mon travail à la commission scolaire, j’ai pris conscience que ça pouvait m’intéresser, que j’avais des aptitudes », avoue la nouvelle députée de la circonscription de Brome-Missisquoi, qui a œuvré ces cinq dernières années comme coordonnatrice des communications au sein de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs.

J’avais fait le tour des Jeux. J’étais rendue à autre chose. Je suis revenue [de Corée du Sud] avec l’envie de relever un nouveau défi.

Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation
Isabelle CharestIsabelle Charest Photo : Comité olympique canadien

Faire « bouger les jeunes »

Dans un premier temps, François Bonnardel, le député caquiste de la circonscription voisine de Granby, avait plutôt sondé son conjoint et père de leurs deux enfants de 13 et 9 ans, Steve Charbonneau, vainqueur de deux Coupes Grey au football canadien. L’ancien joueur des Alouettes de Montréal avait finalement décliné les propositions, avant d’inciter Isabelle Charest à se lancer dans l’arène politique.

« Il a été très impliqué dans ma décision. Au départ, c’était un peu son projet et je ne voulais pas y penser. Puis, il m’a poussé, m’a dit de saisir l’opportunité et m’a donné son aval », assure-t-elle.

D’ailleurs, le travail se poursuivra à la maison, une fois la journée terminée, poursuit-elle. « Avec Steve [directeur général du sport adapté au Québec], le sport, on en a parlé toute notre vie », narre-t-elle, avant d’évoquer ses prochaines missions.

Je n’ai pas l’impression de débarquer comme un chien dans un jeu de quilles. Quelque part, [ce poste] est rassurant. Ça me permet de jumeler des choses qui m’interpellent beaucoup.

Isabelle Charest, députée de Brome-Missisquoi

Ses défis s’avèrent vastes. « Faire bouger les jeunes qui ne bougent pas » est son « grand objectif ». Ainsi, croit-elle, des passions pourront se développer et « le bassin d’athlètes élite va augmenter ».

La nouvelle ministre, forte de ses expériences passées, veut également « démocratiser le sport de haut niveau » et faire découvrir aux plus jeunes des disciplines méconnues. L’escrime, l’haltérophilie ou encore le tir à l’arc pourraient par exemple faire leur apparition dans les écoles, imagine-t-elle.

« Il existe un sport pour à peu près tout le monde. Il faut rendre accessible aux jeunes un sport qui les anime, qui les allume », explique-t-elle.

François Legault en compagnie de sa candidate Isabelle CharestLe CAQ souhaite rétablir le programme de traitements de fécondation in vitro. Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Une «  pression sociale  »

Entre deux rencontres dans ses nouvelles fonctions, Isabelle Charest ne cache pas quelques angoisses. La « pression sociale », décrit-elle, est bien « plus grande » désormais. Comme athlète, décrit-elle, « la seule pression, c’est celle qu’on se met sur les épaules ».

Qu’importe les commanditaires et les entraîneurs, « la pire des choses qui pouvait arriver, c’était de tomber », sans grande conséquence. Désormais, « il y a plein de choses qui se brassent dans ma tête », reconnaît-elle.

L’athlète est dans une zone de contrôle, dans sa bulle, il suit un plan, sait où il s’en va. [Le jour de l'élection] je n’avais aucun contrôle, c’était stressant.

Isabelle Charest, triple médaillée olympique

Son rôle de chef de mission de l’équipe canadienne l’a néanmoins préparée pour cette nouvelle vie, où organisation, travail d’équipe et résultats à long terme s'entremêlent, assure-t-elle. « Il y avait une équipe, je ne pouvais pas tout contrôler. Mon évaluation portait sur les résultats des athlètes, mais malgré la préparation, c’était les athlètes qui performaient. Mais, il fallait déterminer une vision. »

Se définissant comme « très posée », « consciente de [ses] limites » et « en observation dans un milieu complètement nouveau » avant « d'entrer en action », Isabelle Charest compte prendre son temps et avancer par étapes.

« L’évaluation finale, c’est dans quatre ans », au terme de son mandat et de celui du gouvernement, ajoute-t-elle, mentionnant « des moyens à prendre pour arriver à son objectif ». À l’image finalement du calendrier d’un sportif préparant la prochaine échéance olympique. Un domaine qu'elle maîtrise.

Politique provinciale

Politique