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Hausse du salaire minimum à 16 $ chez Simons, une décision applaudie

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Devanture du magasin Simons dans le Vieux-Québec.

Devanture du magasin Simons dans le Vieux-Québec.

Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Maison Simons hausse le salaire de base de tous ses employés. Le taux horaire passe de 13 $ à 16 $ dans tous les magasins du Québec.

Un texte de Fanny Samson

La chaîne de magasins, dont le siège social est à Québec, a confirmé à Radio-Canada que la politique est en vigueur depuis plusieurs semaines.

« On a pris la décision de ne pas en parler publiquement. Cela va rester entre nous et nos employés », a affirmé jeudi le vice-président marketing, Philippe Normand.

Selon le spécialiste du commerce de détail Jacques Nantel, l'entreprise n’avait pas le choix.

Simons a toujours eu d’excellentes pratiques, surtout un positionnement très défini. C’est vraiment le détaillant de vêtement à suivre au Canada.

Jacques Nantel, professeur en marketing, HEC Montréal

Le professeur en marketing à HEC Montréal souligne qu’il ne s’agit pas du magasin le plus haut de gamme, mais qu’il est sans doute celui qui a le meilleur rapport qualité-prix, « et surtout avec du service ».

Jacques Nantel, professeur émérite à HEC MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jacques Nantel, professeur émérite à HEC Montréal

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Mac Farlane

De son côté, Yan Cimon, professeur de stratégie à la Faculté des sciences de l’administration de l'Université Laval, croit que la décision de Simons s'inscrit dans une tendance nord-américaine.

« Il y a divers mouvements au Canada aussi pour hausser les salaires à partir d’un nouveau plancher de 15 $ de l'heure. Dans ce sens-là, Simons est un citoyen corporatif exemplaire », dit-il.


Pénurie de main-d'oeuvre

En cette période de pénurie de main-d'oeuvre, M. Nantel croit qu'une telle décision est la meilleure stratégie à prendre pour l'entreprise puisque le recrutement est difficile.

Il affirme que La Maison Simons figure, selon lui, parmi les cinq meilleurs détaillants au Canada.

« Pour maintenir ce positionnement-là, évidemment, ça prend du personnel qualifié dans une situation où il y a de plus en plus pénurie de main-d’oeuvre. Pour aller chercher les meilleurs, Simons se devait de prendre cette mesure-là », ajoute-t-il.


Industrie en transformation

Employées dans un entrepôt de Simons qui préparent des commandes. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Employées dans un entrepôt de Simons

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

La Maison Simons a entrepris un virage numérique au cours des derniers mois.

En mai, le gouvernement du Québec avait d'ailleurs octroyé une aide financière de 98 millions de dollars afin que l'entreprise québécoise accélère sa transformation.

Simons pouvait augmenter le salaire de ses employés, dit M. Nantel, mais plusieurs commerces ne pourront pas le faire. « Les autres vont avoir de la difficulté », dit-il, précisant que la lutte ne fait que commencer.

Plusieurs intervenants de l'industrie craignent une pression à la hausse sur les salaires.

Des employés d'ailleurs pourraient quitter leur emploi actuel pour obtenir un meilleur salaire chez Simons, estime M. Nantel.

Le PDG du Conseil québécois du commerce de détail, Léopold Turgeon, rappelle que 90 % des commerces de détail ont moins de 50 employés. « Ce n'est pas parce qu'ils ne veulent pas, c'est qu'ils ne peuvent pas, parce qu'évidemment la marge nette de nos détaillants, tous confondus, on parle de 2 %, alors si on augmente la masse salariale, c'est évident que ça n'arrive pas. »

La présidente de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, Julie Bédard, soutient que certains patrons devront être « créatifs » pour retenir leurs employés.

« C’est sûr que ça va créer une pression, et il y a des gens qui n’auront pas nécessairement les moyens de se payer ces salaires-là. Et il va leur appartenir, pour la survie et pour être capable d’attirer des talents, d’offrir autre chose », déclare-t-elle.


Le syndicat satisfait

Daniel Boyer, président de la FTQAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Daniel Boyer, président de la FTQ

Photo : La Presse canadienne

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) applaudit la décision de La Maison Simons.

Selon le président, Daniel Boyer, le geste posé par le fleuron québécois force le débat autour d'un salaire minimum à 15 $ de l'heure au Québec.

Quelle belle nouvelle! Ça donne envie d’aller magasiner chez Simons. C’est un fleuron québécois, dans un secteur qui n’est pas facile.

Daniel Boyer, président de la FTQ

« Les gens qui gagnent aujourd’hui 12 $ de l’heure, qui vont gagner demain 15 $ de l’heure, ils ne mettront pas ça dans leur REER et leur CELI. Ils vont dépenser pour des biens et des services qu’ils ont besoin dans leur vie de tous les jours, ça va faire tourner l’économie », ajoute-t-il.

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