•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Retard du pont Champlain : des pénalités seront imposées au consortium, assure le ministre

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
M. Champagne, affublé d'un casque de construction, répond aux questions des journalistes.

Le ministre François-Philippe Champagne s'est rendu sur le chantier du nouveau pont Champlain, jeudi.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les pénalités prévues dans le contrat qui lie le gouvernement fédéral au consortium Signature sur le Saint-Laurent seront imposées, a confirmé jeudi matin François-Philippe Champagne, ministre responsable du nouveau pont Champlain.

« Quand il y a un retard, il y a des conséquences », a-t-il répété, après avoir confirmé que l'ouverture du pont actuellement en chantier entre Montréal et Brossard, serait retardée.

Le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités a ainsi confirmé la nouvelle dévoilée mercredi par Radio-Canada selon laquelle le pont pourrait ne pas être prêt avant juin 2019.

Selon le contrat, des pénalités de 100 000 $ par jour peuvent être imposées pendant les sept premiers jours de retard. Elles passent ensuite à 400 000 $ par jour, jusqu’à concurrence de 150 millions de dollars.

Il est encore trop tôt, toutefois, pour déterminer la date précise à laquelle les pénalités commenceront à s’accumuler, a précisé M. Champagne, considérant qu’il « y a certains délais qu’on appelle excusables » prévus dans le contrat.

Le pont Samuel-de-Champlain – ce sera son nouveau nom – devait être ouvert à la circulation permanente dès le 21 décembre 2018. Des retards ont été accumulés au cours des trois dernières années et demie de construction, notamment lors d’une grève des grutiers, l’été dernier.

François-Philippe Champagne a précisé que la structure du pont sera terminée comme prévu le 21 décembre, mais que les travaux de « finition » devront attendre le retour du beau temps, puisqu’ils ne peuvent être réalisés en hiver.

Car l’asphaltage et l’imperméabilisation du tablier requièrent un certain taux d’humidité et une température à un certain degré, a expliqué le ministre. « Il n’y a personne qui asphalte la cour d’entrée en janvier, les gens comprennent ça », a-t-il dit.

En entrevue sur ICI RDI, le directeur de la coordination du consortium Signature sur le Saint-Laurent, Daniel Genest, a précisé qu’il faut une température supérieure à zéro degré Celsius pour poser la membrane imperméable qui protège les dalles et le tablier en béton.

Plus on rentre dans le creux de l’automne, plus c'est difficile de faire ce type d’opération là.

Daniel Genest, directeur de la coordination au consortium Signature sur le Saint-Laurent

Selon M. Genest, une première portion de 500 m du pont a été imperméabilisée et a reçu la première des deux couches d’asphalte qui doivent être posées. Une telle opération nécessite cinq jours de travail. Or, il reste 13 portions de 500 m à préparer, et les fenêtres de beaux temps de cinq jours consécutifs se font plus rares, dit-il.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
François-Philippe Champagne, ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités (à droite) et Daniel Genest, directeur de la coordination du consortium Signature sur le Saint-Laurent.

Entrevue avec François-Philippe Champagne, ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités et Daniel Genest, directeur de la coordination du consortium Signature sur le Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada

Les travaux avancent rapidement; il ne reste plus que 37,5 mètres à faire pour fermer la structure, ce qui sera terminé à la mi-novembre.

Par la suite, il faudra terminer la pose des 9638 dalles de tablier en béton (près de 7000 sont déjà installées), ce qui sera fait d'ici la fin de novembre.

L’ancien pont est sécuritaire, confirme le ministre

Le maintien de l’actuel pont Champlain engendrera des dépenses supplémentaires de l’ordre de 10 millions de dollars, a par ailleurs confirmé le ministre Champagne. Déjà, 50 millions de dollars ont été investis en 2018 pour le maintenir en service jusqu'à l'ouverture de la nouvelle infrastructure.

« C’est un pont sécuritaire, monitoré [surveillé, NDLR] en temps réel », a indiqué le ministre, précisant que « les gens doivent avoir confiance ». « Il faut comprendre que 60 millions d’usagers passent sur ce pont chaque année. On parle de plus de 20 milliards [de dollars] de marchandises. C’était un investissement nécessaire pour maintenir un accès névralgique ».

Le vieux pont sera doté de renforts sur 39 chevêtres. Des travaux sous-marins sont en cours sur cinq semelles de piliers. La société Les Ponts Jacques-Cartier et Champlain Incorporée dispose également de treillis modulaires et de diaphragmes de remplacement qui ont été fabriqués pour elle et mis de côté pour être utilisés « si nécessaire ».

La construction du nouveau pont Samuel-de-Champlain est évaluée à 4,2 milliards de dollars. Quelque 1600 ouvriers y travaillent. Le pont est conçu pour avoir une durée de vie de 125 ans. Il mesurera 3,4 km.

Le ministre Champagne n’a pas donné de date précise quant à l’ouverture du pont à la circulation.

Le nouveau pont Champlain à côté de l'ancien.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La livraison du nouveau pont Champlain est retardée de plusieurs mois.

Photo : Radio-Canada

Réactions variées

Il n'empêche que le Conseil du patronat du Québec (CPQ) ne s’offusque pas de ce retard. « Cette décision permettra de livrer de façon sécuritaire un chantier qui est crucial pour la vitalité économique de la métropole, dont le legs devra durer pendant plusieurs décennies », écrit-il dans un communiqué transmis jeudi.

Il souligne en outre qu’« il importe de bien faire les choses », étant donné que le nouveau pont Champlain accueillera le Réseau express métropolitain (REM), un autre « projet stratégique pour l’économie du Québec et la mobilité des travailleurs ».

La mairesse de Montréal Valérie Plante s’est dite « déçue » de l’annonce, tout en reconnaissant l'importance de « bien faire les choses ». « On ne va pas lésiner sur la finition, on veut que ce soit bien fait. C’est un pont pour 125 ans », a-t-elle dit.

Un projet de cette ampleur-là, ça allait très vite, c’était un échéancier très ambitieux. Ce que je veux, c’est que le pont soit [terminé] le plus rapidement possible. Je me croise les doigts pour que ce soit avant juin.

Valérie Plante

Mme Plante a rappelé au ministre Champagne deux priorités de son administration, à savoir la minimisation des entraves routières d’ici l’ouverture du pont, et la question de la piste cyclable. La Ville aimerait qu’elle soit ouverte tout au long l’année, contrairement à celle du pont Jacques-Cartier.

Une rencontre est prévue sous peu avec les parties prenantes du dossier pour revoir les mesures de mitigation autour des accès du pont, a par ailleurs annoncé Jean-François Parenteau, maire de l’arrondissement de Verdun, qui comprend l’île des Sœurs, à l'extrémité du pont. « Il y a des choses qui vont être modifiées par rapport à l’aménagement qu’on a en ce moment », a-t-il expliqué, précisant qu’il « faut absolument, dans un court délai, améliorer la situation pour les gens de l’île des Sœurs ».

« C’est sûr qu’on a hâte de sortir des travaux », a admis M. Parenteau, soulignant la « résilience incroyable » des résidents de son arrondissement. « On se croise les doigts pour que ça dure 125 ans. »

Le député néo-démocrate de Rosemont–La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, a qualifié de regrettable ce retard, profitant de l'occasion pour réitérer l'opposition de son parti face à la méthode choisie par le gouvernement de Stephen Harper pour réaliser ce projet.

« Au NPD, on a toujours dit que la formule en PPP (partenariat public-privé), ce n'était pas miraculeux et on espère que les pénalités qui étaient prévues au contrat vont être appliquées », a-t-il dit.

Plus qu'un pont

Outre le pont lui-même, le projet comprend plusieurs autres éléments liés au corridor entre Brossard et l'échangeur Turcot.

Ainsi, le nouveau pont de l'Île-des-Sœurs doit lui-même être inauguré le 12 novembre prochain.

Le tronçon de l'autoroute 15 entre le pont de l'Île-des-Sœurs et la sortie Atwater, qui passera de quatre voies à six voies, devrait être terminé à l'automne 2019.

Le couloir réservé aux piétons et aux cyclistes sur le nouveau pont doit quant à lui être ouvert durant l'été 2019.

Fait à noter, le nouveau pont aura des voies d'accotement de chaque côté, de sorte que le transport en commun ne nécessitera pas l'installation manuelle de cônes orange et la fermeture d'une voie en sens inverse de l'heure de pointe, les autobus ayant l'accès exclusif à cet accotement jusqu'à l'entrée en service du Réseau express métropolitain (REM).

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !