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L’hôpital pour enfants d’Halifax se prépare à des empoisonnements au cannabis

Une femme cuisine avec du cannabis chez elle avec son enfant qui l'observe, dans sa chaise haute.

L'utilisation de cannabis dans des recettes à la maison fait augmenter les risques d'empoisonnement accidentel chez les enfants, selon des médecins.

Photo : CBC/Eric Wooliscroft

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des médecins craignent que la légalisation du cannabis à usage récréatif ne mène à une vague d'empoisonnements chez les enfants, surtout à compter de l'an prochain, lorsque la vente de produits alimentaires contenant du cannabis pourrait aussi être légale.

Il est déjà permis d’ajouter à la maison du cannabis à ses plats et desserts préférés, ce qui fait craindre des accidents dans les foyers où se trouvent des enfants.

La directrice médicale de l’urgence à l’hôpital pour enfants IWK d’Halifax, la Dre Katrina Hurley, s’attend à voir une augmentation du nombre d’enfants qui se présentent à l’urgence après avoir mangé accidentellement des biscuits ou autres sucreries au cannabis destinées à leurs parents.

Lorsque c’est une sucrerie, il y a plus de risques qu’ils en consomment une grande quantité. Un joint ne présente pas le même risque, dit-elle.

La Dre Katrina Hurley, de l'hôpital pour enfants IWK à Halifax, en entrevue.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Selon la Dre Katrina Hurley, l'ingestion de cannabis peut aller jusqu'à tuer un jeune enfant.

Photo : CBC/Eric Wooliscroft

Ce qui est dangereux avec ces produits-là, c’est que les enfants sont vraiment à risque de toxicité avec le THC, car les produits comestibles en contiennent de grosses quantités. Parfois, ils peuvent [en] contenir 50 mg. Pour un enfant, 5 mg seraient déjà trop, précise Thelma Sonier, spécialiste au centre antipoison.

Déjà un empoisonnement par mois

Depuis deux ans, le centre antipoison de l’hôpital reçoit en moyenne un signalement par mois concernant un enfant qui a ingéré accidentellement du cannabis. Il y a 10 ans, ces cas étaient exceptionnels.

Au cours des deux dernières années, on a remarqué qu’on reçoit à peu près un appel par mois pour les enfants de moins de 12 ans. On reçoit plus d’appels pour les plus vieux, peut-être environ une centaine d’appels par année sur le cannabis, précise Thelma Sonier.

Thelma Sonier assise devant un ordinateur dans son bureauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Thelma Sonier craint qu’il y ait plus de cas d’empoisonnement chez des enfants lorsque les produits comestibles au cannabis seront commercialisés.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Le centre va exercer une surveillance continue des cas qui lui sont rapportés au cours des prochains mois, précise une directrice, Laurie Mosher. Il prêtera une attention particulière aux circonstances des accidents et aux produits alimentaires consommés.

Nous avons défini des codes spéciaux pour les produits alimentaires et les boissons au cannabis, ainsi que les groupes d’âge des enfants qui en ont consommé, affirme Mme Mosher.

Le centre participe ainsi à un programme national de surveillance de la consommation de produits contenant du cannabis chez les enfants. Santé Canada et l’Agence de la santé publique du Canada y participent également.

La Dre Hurley avoue que la légalisation du cannabis à usage récréatif lui fait craindre le pire. Elle espère toutefois qu’en faisant de la sensibilisation, on pourra éviter une explosion des cas d’empoisonnements chez les enfants.

Un risque qui peut être mortel

Il ne faut pas prendre les risques à la légère, dit-elle.

Je dirais que l’ingestion de cannabis peut aller jusqu’à tuer un jeune enfant. Une quantité suffisante pourrait le rendre à ce point somnolent qu’il aurait de la difficulté à respirer correctement.

Une citation de : La Dre Katrina Hurley de l'hôpital pour enfants IWK à Halifax

Et si l’enfant a une maladie cardiaque ou pulmonaire, les effets du cannabis pourraient être encore plus grands, craint-elle. Au centre antipoison, on confirme que des enfants ont été admis aux soins intensifs après avoir ingéré du cannabis.

Un enfant mangent des biscuits, assis sur le sol.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les jeunes enfants ne feront pas la distinction entre des biscuits qui contiennent du cannabis et des biscuits ordinaires.

Photo : CBC/Steve Lawrence

La Dre Hurley prévient d’ailleurs les parents d’enfants qui sont amenés à l’urgence qu’ils s’exposent à des conséquences désagréables.

Si j’avais des inquiétudes par rapport au bon entreposage de substances potentiellement toxiques, j’aurais sans doute la responsabilité de prévenir les services de protection de l’enfance.

Sa collègue Laurie Mosher recommande aux parents de ne courir aucun risque.

Si vous avez des produits alimentaires au cannabis, vous devez les conserver dans une boîte ou un sac [entreposés dans un lieu] verrouillé et les garder hors de la vue des enfants, parce qu’un enfant ne fera pas la différence entre ces produits et des bonbons, des pâtisseries ou des biscuits ordinaires.

Avec les renseignements d'Angela MacIvor et de Pierre-Alexandre Bolduc

Avec les informations de CBC

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