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Maintenant 10 colis suspects envoyés à des critiques de Trump, De Niro et Biden les derniers en lice

Les détails avec Mathieu Prost.
Radio-Canada

Une équipe de déminage de la police de New York a neutralisé jeudi un colis suspect envoyé à une adresse où se trouvent une maison de production et un restaurant associés à l'acteur Robert De Niro. Peu de temps après, deux autres colis suspects, adressés cette fois à l'ex-vice-président démocrate Joe Biden, étaient découverts dans un bureau de poste du Delaware.

Ces deux colis suspects sont de la même nature que ceux qui ont été envoyés plus tôt cette semaine à l'ex-président Barack Obama et à plusieurs personnalités démocrates, soit un prototype de bombe à tuyau, a indiqué le FBI, la police fédérale américaine.

Il s'agit des huitième, neuvième et dixième colis suspects de ce genre découverts cette semaine aux États-Unis.

La première opération de déminage a été lancée très tôt jeudi matin dans les locaux du 375 Greenwich Street, à New York, où se trouvent le siège de la compagnie Tribeca Films, créée par Robert De Niro, et le restaurant Tribeca Grill, dont il est copropriétaire.

C'est un employé de l'immeuble qui a contacté les policiers vers 4 h, après s'être rappelé avoir aperçu dans l'immeuble un colis semblable à ceux qui étaient décrits à la télévision comme étant potentiellement piégés.

L'évacuation n'a pas été nécessaire, puisque personne ou presque ne se trouvait dans l'immeuble à cette heure matinale.

Le colis, une enveloppe matelassée adressée à Robert De Niro, a été transporté dans un camion antibombe jusque dans un laboratoire du Bronx pour y être neutralisé et analysé.

Robert De Niro devant un lutrin s'adresse à des invités.L'acteur Robert De Niro au Tribeca Grill lors du Tribeca Film Festival de 2017. Photo : Getty Images / Nicholas Hunt

Robert De Niro, légende d'Hollywood, est connu pour être un farouche adversaire du président Donald Trump, qu'il a dénoncé à de nombreuses reprises. Il l'a notamment qualifié de «  chien  », de «  porc  » et de «  débile  » lors de la dernière campagne présidentielle.

En juin dernier, à la soirée des Tony Awards, Robert De Niro avait récidivé en déclarant «  fuck Trump  » à plusieurs reprises devant des millions de téléspectateurs.

Questionné par les journalistes sur ce colis, le porte-parole de Robert De Niro, Stan Rosenfield, a déclaré au réseau CNN que cette affaire est « extrêmement dérangeante et effrayante ».

« Il semble que toutes les personnes qui étaient visées ont une chose en commun : leurs convictions politiques. C’est tout ce que peux conclure à ce stade »,a-t-il ajouté.

Joe Biden également visé

L’ancien vice-président américain Joe Biden L’ancien vice-président américain Joe Biden Photo : Getty Images / Mark Wilson

Peu de temps après la découverte de ce colis suspect à New York, les autorités du Delaware ont lancé une opération de déminage dans un bureau de poste de New Castle, où deux paquets similaires ont été détectés par le personnel postal, a confirmé le FBI.

Des robots démineurs ont été déployés pour déplacer les paquets.

Selon le FBI, les colis découverts à New Castle sont tous deux adressés au vice-président de Barack Obama, Joe Biden.

L'ex-numéro 2 de la Maison-Blanche est régulièrement cité comme possible candidat démocrate à la présidentielle de 2020.

Les enquêteurs avares de détails

Dans un point de presse donné en après-midi, jeudi, des responsables de la police de New York et du FBI sont restés avares de détails quant à l'évolution de l'enquête.

Le responsable local du FBI, William Sweeney, s'est contenté de dire que les 10 colis suspects trouvés depuis le début de la semaine ont été transportés au laboratoire du FBI à Quantico, en Virginie, où ils sont analysés.

Il a aussi précisé que la poudre blanche trouvée avec le colis destiné à John Brennan ne posait aucun risque de nature biologique. La substance continue toutefois d'être évaluée.

James O'Neil, chef de la police de New York, a refusé de commenter des informations qui circulent dans la presse américaine selon lesquelles les colis suspects pourraient n'être que des canulars ne présentant aucun danger réel.

Les autorités les considèrent comme des colis pouvant exploser, comme le prescrit le protocole des unités antibombe, s'est-il contenté de dire.

Les responsables n'ont pas davantage commenté des informations avançant que des colis auraient été expédiés de Floride.

Les autorités policières et le maire de New York, Bill de Blasio, ont profité de l'occasion pour demander à tous les New-Yorkais de demeurer vigilants.

Ils faisaient écho à des propos similaires tenus plus tôt dans la journée par le directeur du FBI, Christopher Wray.

Dix colis suspects

L'affaire a commencé lundi avec un colis envoyé au domicile du milliardaire George Soros, démocrate connu devenu une cible des ultranationalistes américains et européens.

Cela a été suivi mardi et mercredi par l'interception d'autres colis explosifs adressés à l'ex-secrétaire d'État démocrate Hillary Clinton, qui réside dans la banlieue de New York, et à l'ex-président démocrate Barack Obama, qui habite à Washington.

Peu après, la chaîne d'information CNN, souvent dénoncée par Donald Trump, qui l'accuse de critiquer systématiquement sa présidence, évacuait ses bureaux new-yorkais après la découverte d'un colis suspect adressé à John Brennan, ex-directeur de la CIA et maintenant commentateur sur CNN.

La représentante Debbie Wasserman Schultz, ex-présidente du comité national du parti démocrate, a également été visée, ainsi que deux autres personnalités démocrates, l'ex-secrétaire à la Justice de M. Obama, Eric Holder, et la représentante californienne Maxine Waters, qui a reçu deux colis. Ces deux dernières personnes ont en commun d'être Noires.

Tous les colis ont été envoyés dans une enveloppe matelassée portant une adresse imprimée par ordinateur. Toutes donnaient comme expéditeur le nom (écrit avec des fautes d'orthographe) de Mme Wasserman Schultz.

Jeudi soir, le Time Warner Center était évacué pour une deuxième fois en une semaine. Après avoir procédé à une évaluation de deux colis laissés sans surveillance dans le centre commercial de Manhattan, la police de New York a rapidement informé les citoyens qu'il n'y avait aucun danger.

À ce point de l'enquête, nous ne savons toujours pas si c'est le fait d'une seule personne ou d'un réseau.

Le chef de la police new-yorkaise, James O'Neill

Le chef de la police new-yorkaise a toutefois dit qu'il a bon espoir que le ou les responsables soient identifiés et arrêtés dans les prochains jours.

La faute aux médias, selon Trump

Depuis lundi, de nombreuses voix dénoncent une polarisation de la vie politique américaine qui est allée trop loin depuis l'élection de Donald Trump.

Malgré l'appel au rassemblement lancé mercredi par M. Trump et des condamnations de la violence par plusieurs responsables républicains, les chefs démocrates au Congrès ont accusé le président de cautionner la violence.

Ils ont notamment rappelé que le président a traité les médias d'« ennemis du peuple » et a tardé à dénoncer les militants d'extrême droite à l'origine de violentes manifestations à Charlottesville, au cours de l'été 2017.

Sans réagir directement à la découverte de nouveaux colis suspects, M. Trump a d'ailleurs repris ses attaques contre les médias de masse, jeudi, en leur attribuant une responsabilité dans le climat délétère actuel.

« Une très grande partie de la colère que nous voyons aujourd'hui dans notre société est causée par les reportages délibérément faux et inexacts des médias grand public que je qualifie de fausses informations », a-t-il écrit sur Twitter.

« C’est devenu si odieux et haineux que c’est au-delà de toute description. Les médias de masse doivent mettre de l'ordre dans leurs affaires, et vite! »

Avec les informations de Agence France-Presse, NBC, et CNN

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