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Inspections et relocalisations aux Terrasses de la Chaudière

Les imposants édifices de brique brune des Terrasses de la Chaudière

Le complexe des Terrasses de la Chaudière a été construit en 1978.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Radio-Canada a appris que le gouvernement du Canada prend des mesures supplémentaires pour résoudre les problèmes persistants liés à l'environnement de travail auxquels sont confrontés des employés fédéraux qui oeuvrent aux Terrasses de la Chaudière, dans le secteur de Hull.

Un texte de Stéphane Leclerc et Catherine Lanthier

Radio-Canada a obtenu une lettre signée par les plus hauts fonctionnaires des ministères concernés, soit par les sous-ministres et les sous-ministres délégués des ministères Services aux Autochtones Canada (SAC) et Relations Couronne-Autochtones / Affaires du Nord Canada (RCAANC).

Le document, acheminé à certains employés de ces deux ministères qui travaillent aux Terrasses de la Chaudière, révèle qu’« une étude réalisée par étage permettra de déterminer la capacité maximale d’occupation de tous les étages ».

La lettre nous apprend que des employés qui travaillaient au 19e étage du 10, rue Wellington, ont dû être relocalisés. Comme l’avait révélé Radio-Canada, le nombre d’employés qui travaillaient sur cet étage excédait largement la capacité maximale prévue par le système d’aération pour amener suffisamment d’air frais aux employés. En fait, ces employés manquaient d’air frais.

Nous examinons présentement diverses options pour des locaux temporaires et des espaces de travail de rechange lorsque nécessaire.

Extrait de la lettre signée par Daniel Watson, sous-ministre des relations Couronne-Autochtones et des Affaires du nord, Jean-Francois Tremblay, sous-ministre pour Services aux Autochtones Canada, Diane Lafleur, sous-ministre déléguée d’Affaires autochtones et du Nord Canada, et Sony Perron sous-ministre adjoint principal pour Services aux Autochtones Canada.

La lettre confirme également qu’un « décompte continu » des employés du 19e étage est toujours appliqué, « pour s’assurer que l’étage n’excède pas la capacité maximale de personnes. »

À la recherche « d’anomalies »

La lettre informe les employés qu’une inspection de tous les étages occupés par ces ministères aux Terrasses de la Chaudière aura lieu, « afin de relever de possibles anomalies supplémentaires qui pourraient exister ».

Ces inspections auront lieu au cours des prochaines semaines. Les équipes qui y seront affectées « feront rapport directement de leurs constatations » aux plus hautes instances des deux ministères, afin que ceux-ci puissent prendre « sans délai les mesures nécessaires. »

Régler le problème des chauves-souris

Selon le document, l’entreprise gestionnaire de l’immeuble, Brookfield Global Integrated Solutions (BGIS) et Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) ont déjà « mis en place des mesures afin de répondre aux inquiétudes concernant les chauves-souris ».

Comme l’avait rapporté Radio-Canada, des fonctionnaires fédéraux se disaient incommodés par la présence de ces bestioles au 6e étage du 15 et 25, rue Eddy. Des photos d’excréments de chiroptères avaient même été captées et acheminées à la société d’État.

Le courriel ajoute qu’un « projet a été lancé pour résoudre les problèmes liés à la qualité de l’air et la ventilation » sur ces étages.

Des excréments présumément de chauve-sourisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des excréments présumément de chauve-souris, pris en photo au 6e étage du complexe situé sur la rue Eddy.

Photo : Courtoisie/Employé ministère Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord

Services aux autochtones confirme ces mesures

Le ministère des Services aux autochtones n’a pas voulu répondre à nos questions devant la caméra. Dans un courriel envoyé en fin de journée mercredi, le ministère confirme toutefois les détails du plan d’action présenté dans notre article.

On ajoute même que des travaux de planification ont été entrepris au 6e étage du 15 et 25 rue Eddy, pour le remplacement de fenêtres. Des photos que nous avons obtenues montrent du givre qui s’accumule au coin de certaines fenêtres.

Du givre sur une fenêtre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Du givre s’accumule au coin de certaines fenêtres 6e étage du 15 et 25 rue Eddy.

Photo : Radio-Canada

Une autre illustre une large fissure dans une fenêtre. Le ministère souligne d’ailleurs que certains employés du 6e étage doivent aussi être relocalisés.

Une large fissure dans une fenêtre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une large fissure dans une fenêtre des Terrasses de la Chaudière.

Photo : Radio-Canada

Des infractions au Code canadien du travail

Ces mesures s’inscrivent dans un plan d’action élaboré avec SPAC et BGIS qui visent à « réprimer les infractions » au Code canadien du travail.

En effet, RCAANC et SAC sont visés par une vingtaine d’infractions, auxquelles ils devaient répondre avant 12 octobre dernier.

Le ministère et ses partenaires ont promis de corriger la situation pour 14 de ses infractions dès le vendredi 26 octobre. La plupart concernent des problèmes relativement mineurs, comme le changement d’emplacement d’une buvette, d’une prise de courant, d’une trousse de secours. D’autres touchent l’incompétence d’employés pour réaliser certaines enquêtes ou analyses et des tâches d’entretien du système d’aération.

Des problèmes qui durent depuis des années

Certains employés qui travaillent aux Terrasses de la Chaudière ont également admis ressentir des symptômes physiques relativement à leur environnement de travail depuis 2014.

C'est le système de ventilation du 10, rue Wellington qui poserait problème. Il n’a pas été conçu pour le nombre d’employés qui y travaillent, selon des documents et des courriels obtenus par Radio-Canada. La quantité d’air frais disponible pour les 171 employés du 19e étage de cette tour du complexe y serait largement insuffisante, selon l’entreprise qui gère les Terrasses.

Ces étages n’ont pas été conçus pour recevoir plus de 105 personnes à l’origine, a affirmé un gestionnaire technique de Brookfield Global Integrated Solutions (BGIS) dans un courriel obtenu par Radio-Canada.

Autrement dit, chaque employé du 19e dispose en moyenne de 60 % de l’air frais nécessaire pour bien effectuer ses tâches.

Le 6e étage du 25, rue Eddy serait quant à lui aux prises avec de nombreux problèmes, notamment la présence de chauves-souris et de leurs excréments depuis quelques années.

Le syndicat demande des actions

C'est l’ancien gouvernement fédéral qui a entamé un projet « environnement de travail 2.0 » pour entasser les employés dans des espaces qui n’étaient pas conçus pour en accueillir autant, a soutenu Kevin King, président national du Syndicat des employées et employés nationaux.

À quoi pensait l’ancien employeur? Et pourquoi le gouvernement actuel ne fait-il rien pour rendre disponible assez d’espace pour bien accueillir tous les employés?, a fait valoir le représentant syndical.

Kevin King répond aux questions d'un journaliste dans son bureau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kevin King, président national, Syndicat des employées et employés nationaux

Photo : Radio-Canada

M. King souhaite entre autres que les ministères concernés trouvent des espaces qui répondent aux normes du Code canadien du travail.

Il devrait y avoir une évaluation complète de la qualité de l’air à l’intérieur de l’édifice, mais aussi aux environs immédiats du bâtiment pour s’assurer que les ministères concernés apportent des correctifs au bénéfice de leurs employés, a-t-il dit.

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