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Rapport sur le service ambulancier : Medavie n’a pas été consultée

Une ambulance du Nouveau-Brunswick.

Medavie déplore ne pas avoir été consultée pour un rapport publié par le gouvernement provincial sur ses services.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'entreprise qui gère les services d'ambulances au Nouveau-Brunswick, Medavie, n'a pas été consultée lors de la préparation du rapport qui a été publié mercredi par le gouvernement provincial. Elle s'en étonne, alors que d'autres intervenants critiquent le rapport qui, à leur avis ne cible pas les « vrais problèmes ».

Un texte de Camille Martel

Je n’étais pas au courant, j’ai seulement reçu une copie à la mi-journée, s’étonne Richard Losier, président de Services de santé Medavie Nouveau-Brunswick et directeur général d'Ambulance Nouveau-Brunswick. Il est surpris de ne pas avoir été consulté dans un dossier qui le concerne directement.

C’est nous qui gérons les services d’ambulance dans la province, ajoute-t-il, en précisant toutefois qu’il ne veut pas s’embarquer dans la politique.

Questionné sur les divers problèmes relevés par le gouvernement sur les services d’ambulance, Richard Losier avoue que le service n’est pas parfait, mais souligne qu'il a reçu la plus haute distinction de l'organisme Agrément Canada en juillet dernier.

À l’heure actuelle, on est imputable. Il faut livrer les services avec les moyens qu’on a et il faut suivre des indicateurs de performance, explique-t-il.

Il faut respecter la loi

Sur la question linguistique, M. Losier répond qu’il doit respecter la loi. Il faut qu’un ambulancier sur deux soit bilingue avec au moins un niveau 2.

Au Nouveau-Brunswick, un niveau 2 de bilinguisme signifie que la personne peut donner des explications simples et raconter des événements au passé, au présent et au futur. Au niveau 3, la personne peut donner des explications et des descriptions détaillées. Elle peut aussi soutenir une opinion, exprimer un point de vue et justifier une mesure. C’est généralement le niveau qu’on exige des hauts fonctionnaires.

La pénurie de main-d’œuvre chez les ambulanciers ne s’explique pas par l’exigence du bilinguisme, soutient M. Losier. C’est un travail difficile, il y a beaucoup d’absentéisme et il faut remplacer ces gens-là.

Selon lui, le nombre de paramédicaux va augmenter d'ici quelques années, puisque le nombre de programmes de formation a augmenté.

Richard Losier en entrevue dans un studio radiophoniqueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Richard Losier, président des services de santé Medavie NB, explique que rien ne va changer pour les patients ni pour le personnel des programmes extra-mural et télé-soins le 1er janvier.

Photo : Radio-Canada / Stéphan Bénard

Ça ne prendra pas 10 ans, mais quelques années.

Richard Losier, président de Services de santé Medavie Nouveau-Brunswick et directeur général d'Ambulance Nouveau-Brunswick

Il note toutefois que certaines régions à prédominance anglophone ont plus de difficulté à recruter du personnel bilingue.

Des régions qui perdent leurs ambulances

Le déploiement dynamique, soit le fait d’assigner des ambulances à d’autres régions selon les besoins, est activement contesté par plusieurs régions de la province.

Faute de personnel, il faut utiliser ce système, se justifie Richard Losier qui dit travailler de près avec certaines régions pour trouver des solutions.

À Saint-Quentin, on estime que le déploiement dynamique est dangereux, car il prive la région d’ambulances à certains moments.

On a deux ambulances et il y en a une qui est parfois partie faire un transfert de patients et l’autre déployée dans une autre région, déplore Joanne Fortin, présidente du Comité permanent de la santé de la ville de Saint-Quentin.

Joanne Fortin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Joanne Fortin, présidente du Comité permanent de la santé de Saint-Quentin.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Selon elle, le vrai problème ce n'est pas le bilinguisme ou le recrutement de personnel, mais plutôt le travail offert aux ambulanciers : Il y a trois ambulanciers à Saint-Quentin qui travaillent à temps partiel et ils aimeraient avoir des emplois à temps plein afin d'offrir un meilleur service à la population.

Il y a deux ambulances à Saint-Quentin; l'une est en service 24 h sur 24, 7 jours sur 7, alors que l’autre est seulement en service du lundi au vendredi de 8 h à 16 h.

De mauvaises conditions de travail

La situation est similaire à Belledune, dans le nord de la province, où le manque d’ambulances s'explique aussi par les mauvaises conditions de travail, selon le maire.

Les employés n’en peuvent plus, ils sont en épuisement professionnel ou en dépression, indique pour sa part Joe Noel, le maire de Belledune, qui a supervisé les services d’ambulance de la région pendant 25 ans avant de se lancer en politique municipale.

À mon époque, on avait un taux d’atteinte de nos objectifs de 98 %, maintenant c’est officiellement 67 %, mais je pense que c’est encore plus bas, s’indigne-t-il.

Le taux d’atteinte des objectifs fait référence au nombre de fois où une ambulance répond à un appel en 22 minutes et moins.

Une ambulance stationnée dans un petit garage en milieu ruralAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Aucun ambulancier n'était posté à la station de Belledune la nuit durant laquelle David Harvey est mort.

Photo : Gracieuseté Kayla Galley

Pour Joe Noel, le problème n’a rien à voir avec le bilinguisme. Il ne manque pas de personnel, mais il manque de bonnes conditions de travail. Si Medavie leur offrait des emplois à temps plein et que nos ambulances n’étaient pas sans cesse envoyées dans d’autres régions, on réglerait une bonne partie du problème.

Le maire de Belledune dit que ses citoyens sont inquiets et plusieurs lui ont rapporté être réticents à appeler une ambulance, par crainte de devoir attendre trop longtemps.

Les gens prennent leur voiture, ils n’ont pas le choix.

Joe Noel, maire de Belledune

Pour lui, comme pour Joanne Fortin de Saint-Quentin, la priorité est de régler les délais d’attente dans leurs régions respectives. Mme Fortin va s’entretenir la semaine prochaine avec Richard Losier pour tenter de trouver des solutions à certains problèmes, mais M. Noel n’aura pas la même chance. Il dit avoir contacté Medavie à plusieurs reprises et n’avoir jamais reçu de réponse.

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