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Propos sur l'islam et l'immigration : une enseignante de la Rive-Sud perd son emploi

Une salle de classe vide à l’école secondaire

Ce sont des messages publiés durant la fin de semaine qui ont attiré l'attention d'internautes et de la Commission scolaire.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Radio-Canada

Une suppléante dans plusieurs écoles de la Rive-Sud de Montréal ne pourra plus enseigner aux élèves de la Commission scolaire Marie-Victorin. Radio-Canada a appris que la direction a mis fin à l'emploi d'Anne-Marie Thibault en raison d'une série de publications polémiques sur sa page Facebook.

Un texte de Thomas Gerbet (Nouvelle fenêtre)

Anne-Marie Thibault a publié plusieurs messages controversés ces derniers mois. Elle a par exemple écrit que « l'islam est le cancer de l'humanité », a soutenu l'idée de castrer les pédophiles et a qualifié l'auteur de la tuerie à la mosquée de Québec, Alexandre Bissonnette, de « prisonnier politique ».

L'enseignante est membre du Front patriotique du Québec. Plus tôt cette année, elle a « adoré » une publication d'un internaute qui déclarait au sujet de l'immigration que « protéger son pays d'une invasion n'est pas du racisme ni de la xénophobie, mais du patriotisme ».

Mais c'est un message publié dans la nuit de vendredi à samedi, à 0 h 52, qui a attiré l'attention sur sa page.

Un des messages publié par l'enseignante suppléante.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un des messages publié par l'enseignante suppléante.

Photo : Facebook/Anne-Marie Thibault

La publication a été révélée par le professeur de philosophie au Collège Ahuntsic et blogueur Xavier Camus. Rapidement, des internautes ont dénoncé les propos à la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV), où Anne-Marie Thibault est suppléante occasionnelle depuis la rentrée d'automne.

Selon nos sources, la CSMV a mis fin à son lien d'emploi avec l'enseignante, en début de semaine, après avoir mené des vérifications puisque certaines publications avaient été effacées. La suppléante occasionnelle ne sera plus appelée pour faire des remplacements.

La Commission scolaire a confirmé que l'enseignante n'était « pas à l'emploi », en date du 24 octobre. La CSMV n'a pas souhaité partager les conclusions « confidentielles » de son enquête, mais précise qu'elle « se dissocie de tout propos raciste ou xénophobe ».

Anne-Marie Thibault est une retraitée de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), pour laquelle elle a travaillé comme enseignante. La CSDM a elle aussi tenu à se dissocier des propos de son ancienne employée.

Mme Thibault n'a pas répondu aux messages que nous lui avons envoyés par l'entremise de Facebook. Elle publie abondamment sur le réseau social à propos de toutes sortes de sujets, notamment la religion.

Message publié par l'enseignante, samedi 20 octobre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Message publié par l'enseignante, samedi 20 octobre.

Photo : Facebook/Anne-Marie Thibault

L'article 22 de la Loi sur l'instruction publique stipule qu'« il est du devoir de l’enseignant [...] de prendre les moyens appropriés pour aider à développer chez ses élèves le respect des droits de la personne ».

Début octobre, Anne-Marie Thibault écrivait sur Facebook que ce qu'elle désire enseigner à ses élèves, c'est « respecter son prochain malgré les divergences d’opinions ».

Cette histoire n'est pas sans rappeler celle du professeur du cégep du Vieux-Montréal, Jean Laberge, qui avait été suspendu (avant de démissionner) pour des propos homophobes sur Facebook. Il avait alors clamé sa « liberté d'expression ».

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