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Une structure inconnue à ce jour dans la cellule humaine

Radio-Canada

Une nouvelle structure présente dans les cellules humaines a été observée par des scientifiques suédois et britanniques.

Un texte d'Alain Labelle

Cette structure est décrite comme un nouveau type de complexe protéique que la cellule utilise pour s'attacher à son environnement et s'avère jouer un rôle clé dans la division cellulaire.

Cette structure a été nommée adhérence réticulaire (pour reticular adhesions) pour refléter sa forme en filet.

Illustration 3D d'une cellule cancéreuse sur le point de subir une division cellulaire.Illustration 3D d'une cellule cancéreuse sur le point de subir une division cellulaire et qui adhère au substrat avec des adhérences réticulaires : chromate/ADN (bleu) ; membrane cellulaire (rouge) ; adhérences réticulaires (vert/jaune dans le fond de la cellule). Photo : John Lock

Explications

Les cellules qui composent un tissu sont entourées d'une structure en forme de filet appelée matrice extracellulaire. Pour se fixer à la matrice, les cellules possèdent à leur surface des molécules réceptrices qui contrôlent l'assemblage de grands complexes protéiques à l'intérieur.

Ces complexes dits d'adhésion relient l'extérieur à l'intérieur de la cellule et permettent également à la cellule de connaître son environnement immédiat, ce qui modifie ses propriétés et son comportement.

Le Pr Staffan Strömblad et ses collègues de l'Institut Karolinska de l’Université de Manchester ont identifié un nouveau type de complexe d'adhésion dont la composition moléculaire unique le distingue de ceux déjà connus.

C’est incroyablement surprenant qu'il reste une nouvelle structure cellulaire à découvrir en 2018.

Staffan Strömblad

« L'existence de ce type de complexe d'adhésion nous a complètement dépassés », explique le Pr Staffan.

Le saviez-vous?

  • Les cellules sont si petites qu’on peut les voir seulement au microscope;
  • Le corps en possède 200 types;
  • Un humain en possède en moyenne 30 000 milliards.

Selon les chercheurs, le complexe d'adhérence nouvellement découvert pourrait permettre de comprendre comment la cellule reste attachée à la matrice pendant la division cellulaire.

À ce jour, les complexes d'adhérence connus se dissolvent au cours du processus pour permettre à la cellule de se diviser. Or, celui-ci ne se dissout pas.

Nous avons montré que ce nouveau complexe d'adhérence reste et fixe la cellule pendant la division cellulaire.

Staffan Strömblad

Les chercheurs ont aussi montré que les structures nouvellement découvertes contrôlent la capacité des cellules filles à prendre la bonne place après la division cellulaire. Cette capacité a été interrompue lorsque les scientifiques ont bloqué le complexe d'adhésion mis au jour.

Cette percée a été réalisée sur des lignées cellulaires humaines principalement grâce à la microscopie confocale, qui permet de réaliser des images de très faible profondeur de champ (environ 400 nm), et à la technique de spectrométrie de masse, qui permet de détecter et d'identifier des molécules à partir de leur masse.

Les scientifiques veulent maintenant réaliser d’autres travaux qui permettront d’examiner le nouveau complexe d'adhésion dans les organismes vivants.

« Nos découvertes soulèvent plusieurs questions sur la présence et le fonctionnement de ces structures. Nous pensons qu'elles sont aussi impliquées dans d'autres processus que la division cellulaire, mais cela reste à découvrir », estime Staffan Strömblad.

L'étude est publiée dans la revue Nature Cell Biology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Biologie

Science