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Montgomery’s, l’antidote aux restos mornes

Un plat et des couvers sur une table
La tarte Tatin du restaurant Montgomery's de Toronto Photo: Radio-Canada / Cédric Lizotte

À Toronto, pour chaque restaurant exaltant, on en trouve dix qui sont fades, beiges et prévisibles. Heureusement, j'ai découvert l'antidote.

Une chronique de Cédric Lizotte

Le restaurant Montgomery’s, sur la rue Queen Ouest près de l‘avenue Ossington, est le contrepoison à l’asthénie du mangeur voulant s’offrir un brin d’aventure avec son alimentation quotidienne.

L'établissement est à contre-courant de la récente mode en restauration, qui privilégie les salles à manger parfaitement manucurées, aux accents métalliques éclatants, aux tuiles blanches et aux néons agressants, avec un menu sans surprise – poulet frit par-ci, pâtes quelconques par-là, et probablement au moins un plat de légumes grillés.

La façade d'un restaurantLe restaurant Montgomery's, sur Queen Ouest à Toronto Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Dans ce contexte, le restaurant Montgomery’s est un triptyque d’ahurissement : service, décor et plats envoient paître les conventions.

Deux photos juxtaposéesAgrandir l’imageLe décor de la salle à manger est plutôt éclectique Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Le décor est complètement hétéroclite. La salle aussi. On entre par la cuisine!

Au lieu d’être accueillis par un maître d’hôtel, c’est le chef Guy Rawlings qui nous dit bonjour. De vieilles tuiles, certaines cassées, ornent le plancher à l’entrée. La salle à manger se trouve au fond de la salle.

De la brique, du béton, des planches exposées, le tout peint de blanc; des tables et chaises de bois du style milieu du siècle moderne; un vieux tapis est accroché au mur d’un côté; opposé à celui-ci, un mur totalement dénudé à l’exception d’un minuscule cadre délibérément installé sans être au niveau.

Le portrait d'un hommeAgrandir l’imageLe chef Guy Rawlings accueille les clients et sert les plats lui-même. Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Le restaurant est la propriété du chef Rawlings et de sa femme, Kim. Il s’agit d’un restaurant « locavore » qui met en scène la fermentation au lieu du citron, le gras animal en guise d’huile, et fait pousser tout plein d’herbes éclectiques sur son toit.

Une petite sélection de fromages du Québec est au menu. Une courte liste de vins est ornée de l’explication suivante : Nous nous concentrons sur le vin et avons quelques bières et cidres. On a plusieurs bouteilles de vin naturel. C’est seulement parce qu’on aime bien leur goût.

Le chef lui-même présente les plats.

Bref, tout est en place.

Une table mise et une nature morte au murAgrandir l’imageDans un coin de la salle à dîner se trouve une nature morte inondée de lumière violette. Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Et M. Rawlings se présente pour offrir son premier amuse-bouche : une soupe de laitue grillée.

Un plat et des couvertsAgrandir l’imageLa soupe de laitue Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Oui, vous avez bien lu.

La laitue est légèrement calcinée et le bouillon est ultra-umami. Super avec une gorgée de blanc. Tout de même : ça prend du cran pour débuter avec un tel plat!

Deux plats sur une tableAgrandir l’imageLe steak est assaisonné à l'aide de beurre aux pissenlits. Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Il y a un steak vieilli à sec et grillé, puis assaisonné de beurre aux pissenlits. Il est accompagné de maitakés aromatiques et fragrants.

Une table avec plusieurs petits plats pris en plongéeAgrandir l’imageDes amuse-bouches au début du repas Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Un pain au levain avec un beurre de culture. Faits maison, dans les deux cas, évidemment.

Deux plats sur une table pris en plongéeAgrandir l’imageLe plat de maquereau et une salade Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Un filet de maquereau juteux et parfaitement grillé avec une rustique choucroute maison et des groseilles.

D’hyperminces tranches de jambon, vieilli et séché au restaurant, qui semblent fondre au contact avec les lèvres.

Une femme sert du miel à l'aide d'une cuillerAgrandir l’imageLe miel est servi avec la cire. Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Il y aura bien du dessert, mais avant, deux fromages québécois : un bleu et un chèvre ferme. Les deux sont accompagnés de miel ontarien, servi à même les alvéoles de cire.

Et pour conclure, une tarte Tatin hyperclassique et parfaitement réussie.

Un plat et des couverts sur une tableAgrandir l’imageLa tarte Tatin classique, parfaitement exécutée Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

M. Rawlings construit des plats qui saisissent les sens à l’aide d’ingrédients si subtils, raffinés et relativement rares. C’est, à mon goût, le signe d’un talent unique.

Au restaurant Montgomery’s, le mangeur qui cherche à chasser le spleen et la monotonie est entre bonnes mains.

Montgomery's (Nouvelle fenêtre)
996, rue Queen O.
Toronto, ON
M6J 1H1
(647) 748-4416

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