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Détérioration marquée des services à l’enfance aux T.N.-O., selon le vérificateur général

Un enfant triste dans l'entrée d'une maison.

Depuis 10 ans, environ 1000 enfants par année ont bénéficié des services de protection ou de prévention des Territoires du Nord-Ouest.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Bureau du vérificateur général du Canada s'inquiète de l'état des services à l'enfance et aux familles offerts dans les Territoires du Nord-Ouest. Son rapport déposé mardi révèle des « défauts graves » et une détérioration des services de protection ou de prévention à l'enfance.

Un texte de Mario De Ciccio

Dans son rapport, le vérificateur général dresse le portrait d’un système surchargé, qui n’évalue pas assez la sécurité des enfants, qui effectue mal ses suivis et qui s’est détérioré depuis le dépôt d’un premier rapport en 2014.

« Nous sommes très inquiets des constatations de cet audit », dit Glenn Wheeler, le directeur principal de l’audit et porte-parole du vérificateur général à Yellowknife. « Tant que le Ministère et les administrations ne feront pas les changements qu’ils avaient jugés nécessaires, comme ils s’étaient engagés à le faire, les enfants demeureront exposés à ses risques. »

Le rapport révèle, entre autres, que les vérifications de base, par exemple celles des antécédents familiaux ou des casiers judiciaires, ne sont pas toujours faites lors du transfert d’un enfant vers un nouveau tuteur. Dans un cas, un tuteur a plus tard été accusé d'agression envers l’enfant.

L’audit révèle aussi des lacunes quant au maintien du contact avec les enfants placés en famille d'accueil ou dans un autre milieu. Dans les cas étudiés par l’audit, les services sociaux ont gardé un contact régulier avec seulement un enfant sur dix. C’est moins que les quatre enfants sur dix du rapport de 2014.

À travers les 41 pages du rapport, le bureau du vérificateur général démontre que le ministère n'a pas encore mis en place le personnel et les ressources nécessaires pour répondre aux besoins.

Un homme assis à une table parle devant les microphones des médias de Yellowknife. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Glenn Wheeler est porte-parole du vérificateur général du Canada à Yellowknife. Il a aussi dirigé l’audit sur les services à l’enfance et aux familles dans les Territoires du Nord-Ouest.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

La situation se détériore

En 2014, le vérificateur général avait révélé des « déficiences systématiques et graves » qui menaçaient la sécurité des enfants.

Le gouvernement a depuis élaboré un plan d’action pour améliorer son système. Il a notamment regroupé et réorganisé son administration des services de santé et des services sociaux et adopté des changements à la Loi sur les services à l’enfance et à la famille.

Le nouvel audit conclut que les lacunes se sont aggravées et que les changements ont mal été mis en oeuvre ou n’ont pas été assez financés.

À notre avis, ces changements ont entraîné une dégradation des services pour les enfants et leurs familles.

Extrait du rapport du vérificateur général du Canada

Les 11 nouvelles recommandations du Bureau du vérificateur général pour répondre aux problèmes ont toutes été acceptées par le gouvernement territorial.

Améliorer le système

En entrevue après le dépôt du rapport, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Glen Abernethy, se dit désolé par les résultats de l’audit, qu’il qualifie de décevants et de pénibles.

Il estime que le plan d’action de son gouvernement en matière de service à l’enfance et aux familles tient toujours, mais il admet qu’il a eu de la difficulté à le mettre en oeuvre.

Un homme parle aux journalistes. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre de la Santé et des Services Sociaux des Territoires du Nord-Ouest, Glen Abernethy.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Il dit cependant avoir commencé il y a plusieurs mois à aborder les problèmes définis dans le rapport. Il prévoit aussi de proposer plus de financement pour embaucher davantage d'intervenants sur le terrain.

« Nous avons déjà les éléments fondamentaux en place, explique le ministre. Là où nous n’avons pas réussi, comme le démontre le vérificateur général, c’est dans l'appui aux employés, la mise en place de ressources adéquates et l'offre de la formation nécessaire. »

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