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Les femmes et Trump : genèse d'une révolution politique

Dans le district numéro10, dans le nord de la Virginie, la candidate démocrate Jennifer Wexton tente de déloger la représentante républicaine Barbara Comstock.

Photo : Radio-Canada / Christian Latreille

Christian Latreille

L'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche en novembre 2016 a été reçue comme une gifle par des millions d'Américaines. Deux ans plus tard, des femmes décident de se lancer en politique, surtout chez les démocrates, la plupart souhaitant freiner les républicains de M. Trump.

Cette année, 197 démocrates et 59 républicaines visent un siège au Congrès aux élections de mi-mandat du 6 novembre prochain. Un record. Jamais autant de femmes ne se sont impliquées en politique sur la scène nationale.

Dans le district numéro 10, dans le nord de la Virginie, la candidate démocrate Jennifer Wexton tente de déloger la représentante républicaine Barbara Comstock. La lutte est très serrée pour ce siège.

Dans cet État pivot, la question du respect des femmes est sur toutes les lèvres.

Jennifer Wexton.

Jennifer Wexton, candidate démocrate dans le district numéro 10 de la Virginie.

Photo : Radio-Canada / Christian Latreille

Il y a un manque de respect envers les femmes dans cette administration. Et la meilleure façon de changer le discours est de choisir de nouveaux élus à Washington.

Jennifer Wexton

Au quartier général des démocrates, la fébrilité est palpable.

Plusieurs des bénévoles présentes en sont à leur première expérience de porte-à-porte.

Ici, on ne décolère pas contre Donald Trump. Toutes les femmes à qui nous avons parlé sont encore outrées de son élection à la Maison-Blanche.

Dorothy McAuliffe, conjointe de l’ancien gouverneur de la Virginie, Terry McAuliffe.

Dorothy McAuliffe, conjointe de l’ancien gouverneur de la Virginie, Terry McAuliffe.

Photo : Radio-Canada / Marcel Calfat

« Je suis dégoûtée du manque de respect de ce président envers les femmes, les Noirs et à peu près tout le monde », affirme Dorothy McAuliffe, la conjointe de l’ancien gouverneur de la Virginie, venue appuyer la candidate démocrate.

Ce président n’a fait que créer le chaos, estime Margaret Grieshaber.

« Il met en danger nos institutions et nous fait honte sur la scène internationale. Je suis obligée de vous avouer que je déteste Donald Trump », dit-elle.

Le président soulève les passions. Les femmes ont en général une opinion très tranchée sur l’homme et ses politiques. On le méprise ou on le vénère.

Du côté républicain

Chez les femmes républicaines, le style, le langage et les manières du président dérangent beaucoup moins.

Les républicaines rencontrées à la foire de Haymarket, au coeur du district numéro 10, ne tarissent pas d’éloges.

Lea Pagliuca.

La républicaine Lea Pagliuca appuie le président Donald Trump.

Photo : Radio-Canada / Marcel Calfat

C’est un grand président. Il sait ce qu’il veut. Il se tient debout. Il est fantastique. Je voterai encore pour lui.

Lea Pagliuca

Certaines partisanes de M. Trump nous ont même admis en avoir assez des accusations d’agressions sexuelles contre les hommes.

« Ces histoires d’accuser les hommes à tort et à travers ont dépassé les limites, déclare Karen, qui refuse de nous donner son nom de famille. Je pense que ce sont les femmes qui vont en payer le prix à long terme. »

Esther Grace Ehrenman.

Esther Grace Ehrenman.

Photo : Radio-Canada / Marcel Calfat

Pour Esther Grace Ehrenman, une républicaine, il faut juger l’actuel président selon ses actes et non selon ses paroles.

« L’économie performe bien, ce qui crée de l’emploi pour plusieurs », affirme cette femme de 22 ans, qui n’est tout de même pas toujours d’accord avec la rhétorique incendiaire du chef de la Maison-Blanche.

Impopularité

Même si les républicaines sont plus actives en politique dans ce cycle électoral, l’enthousiasme semble davantage présent du côté des démocrates.

Elles comptent sur l’impopularité de Donald Trump pour regagner la Chambre des représentants.

Samedi matin, plusieurs femmes frappaient aux portes dans le district numéro 10.

Alicia Plerhoples, professeure de droit de l’Université Georgetown, à Washington.

Alicia Plerhoples, professeure de droit de l’Université Georgetown, à Washington.

Photo : Radio-Canada / Marcel Calfat

Nous sommes encore furieuses contre l’élection de Donald Trump, affirme Alicia Plerhoples.

« Nous craignons pour les programmes sociaux comme Medicaid, Medicare et la sécurité sociale depuis que les républicains ont baissé les impôts. Nous devons reprendre le pouvoir au Congrès pour rendre responsable l’actuelle administration », dit cette professeure de droit de l’Université Georgetown, à Washington.

Perrin McHugh, 18 ans, en est à ses débuts comme bénévole politique pour le Parti démocrate.

Cette jeune lesbienne a senti le besoin de s’impliquer pour changer les choses. Elle va voter pour la première fois.

Je constate que le pays est complètement divisé à cause de ce président, alors que nous devrions travailler davantage ensemble.

Perrin McHugh
Perrin McHugh est une bénévole politique pour le Parti démocrate.

Perrin McHugh est bénévole politique pour le parti démocrate.

Photo : Radio-Canada / Marcel Calfat

Les républicains du district numéro 10 nous ont refusé l’accès à leurs locaux et à leurs bénévoles. Une étrange stratégie en pleine campagne électorale.

« Les conservateurs craignent que trop s’afficher puisse avoir un impact négatif sur leur emploi et indisposer leur famille », affirme Esther Grace Ehrenman.

Chez les démocrates, au contraire, les femmes crient haut et fort leur opposition à Donald Trump et aux républicains.

Le danger, selon elles, c’est de ne pas aller voter.

« En 2016, 92 millions d’Américains n’ont pas voté à la présidentielle. Nous nous sommes réveillés le lendemain matin avec un président que plusieurs n’attendaient pas. Certains constatent aujourd’hui qu’ils doivent s’impliquer davantage », explique Dorothy McAuliffe.

L’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche a sonné le réveil des femmes en politique aux États-Unis.

Les femmes, surtout les démocrates, n’ont plus l’intention de se taire. Leur implication massive constitue non seulement un cri du coeur, mais même une révolution qui pourrait changer la carte politique des États-Unis le 6 novembre prochain.

Christian Latreille est correspondant de Radio-Canada à Washington

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