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Un groupe de mamans pour parler carrière

Une jeune femme et une petite fille écrivent chacune sur une feuille de papier, dans une cuisine.
Pendant son congé de maternité, Carole-Anne Martin jongle entre ses tâches de mère, d'étudiante et de future entrepreneure. Photo: Radio-Canada / Manuel Carrillos Avalos
Radio-Canada

Quand elle est tombée enceinte de son deuxième enfant, Carole-Anne Martin savait ce qu'elle voulait faire pendant son congé de maternité : rencontrer des mamans qui, comme elle, désiraient rester connectées au monde du travail.

Un texte de Sophie Muller

« Je tiens beaucoup à continuer de travailler, dit Carole-Anne Martin, qui compte avoir cinq enfants. Je crois que nous, les femmes, une fois qu’on a des enfants, on s’oublie. »

Elle s'est donc inscrite dans le groupe Pros&Babes, un groupe de mères d'Edmonton pas comme les autres. La principale différence avec les groupes traditionnels, c’est que l’on peut y afficher, sans tabous, ses ambitions professionnelles, et parler d’autres choses que de couches et de diversification alimentaire.

« Je voulais donner la chance aux mères de faire un pas positif pour leur carrière », explique Kinia Romanowska, la fondatrice du groupe. « Les participantes, en général, veulent retourner travailler, pensent qu’il n’y a pas assez de soutien pour elles et cherchent à voir comment elles peuvent planifier un retour au travail constructif, plus positif. »

Femme aux cheveux noirs tirés qui sourit à la caméra.Kinia Romanowska Photo : Radio-Canada / Geneviève Tardif

Lancé il y a un an environ à titre d'« expérience », selon Kinia Romanowska, le groupe compte désormais une centaine de participants et vient de lancer un programme similaire à Winnipeg.

Briser les tabous

Interrogée sur la réaction des participantes, la fondatrice raconte que plusieurs d’entre elles pensent que ce groupe a « sauvé [leur] santé mentale ». « Elle disent : ''C’est génial d’avoir une tribu de mamans qui comprennent [notre] désir de retourner au travail.'' »

Car afficher ses ambitions professionnelles lorsque l’on est une jeune mère n’est pas toujours facile, confirme Tara Dragon, experte en travail flexible.

Il y a un stigmate associé aux mères qui sont trop centrées sur leur carrière, on les voit comme de mauvaises mères, et cela doit changer.

Tara Dragon, fondatrice de Work Evolution

Pour Carole-Anne Martin, les deux ne sont absolument pas incompatibles. Elle profite d’ailleurs de son congé de maternité pour reprendre ses études et se voit déjà comme une future entrepreneure.

Un jeune femme est assise sur un canapé à côté d'une petite fille et tient un bébé dans ses bras.Carole-Anne Martin avec ses filles, Anabelle, 19 mois, et Sabrina, 2 mois. Photo : Radio-Canada / Manuel Carrillos Avalos

Flexibilité au travail

« Les femmes apprennent beaucoup pendant leur congé de maternité. On devient plus polyvalentes », dit-elle. Dans son cas, elle estime désormais mieux connaître ses limites et pense qu’elle sera plus productive lorsqu’elle reprendra le travail.

Pourtant, le congé de maternité est rarement vu comme une occasion de progresser professionnellement. « Historiquement, les données montrent que prendre un congé maternité constitue un risque pour la carrière des femmes », dit Tara Dragon.

C’est d’ailleurs pour tenter de changer cela que l’experte a créé, l’an dernier, Work Evolution, un service pour les professionnels et les employeurs qui cherchent à travailler de manière plus flexible.

Femme assise dans un fauteuil.Tara Dragon Photo : Radio-Canada / Manuel Carrillos Avalos

« Les femmes, les parents, les employeurs ont besoin de comprendre que ce n’est pas tout ou rien, dit-elle. On peut très bien être une mère et une professionnelle à la fois, et il y a plusieurs façons d’y arriver. »

Malheureusement, ajoute l'experte, beaucoup d’employeurs voient encore les choses de manière traditionnelle : un employé doit travailler 40 heures par semaine. Or, plusieurs études, selon elle, montrent que l’on peut être tout aussi productif, sinon plus, en travaillant un peu moins.

Les employeurs ont aussi tendance à sous-estimer l’anxiété des mères qui reviennent d’un congé de maternité, pense Tara Dragon. Et peu d’entre eux leur offrent la possibilité de travailler à temps partiel, par exemple.

Quelle que soit la façon de le faire, Carole-Anne Martin sait qu’elle continuera de travailler. « Cela fait partie de moi », conclut-elle.

Alberta

Société