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Renoncer à la vente d'armes à l'Arabie saoudite coûterait trop cher, plaide Trudeau

Gros plan de Justin Trudeau qui lève la main gauche en regardant au loin.
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, ne veut pas que les Canadiens se retrouvent avec une facture d'un milliard de dollars. Photo: La Presse canadienne / Nathan Denette
La Presse canadienne

La facture sera salée si Ottawa déchire le contrat de véhicules blindés qui le lie à Riyad, a plaidé mardi Justin Trudeau, alors que la pression s'accentue sur le Canada pour qu'il sanctionne le royaume pour le meurtre brutal du journaliste dissident Jamal Khashoggi.

« La réalité, c'est qu'on est dans une situation où le contrat qui a été signé par Stephen Harper et le gouvernement précédent rend ça extrêmement difficile de sortir de ce contrat sans des pénalités exorbitant[e]s [pour] les Canadiens », a-t-il dit mardi.

« C'est pour ça que nous sommes en train de travailler attentivement, pour voir quelles seraient nos options si nous voulions poursuivre une telle piste », a ajouté le premier ministre en marge d'une annonce sur la tarification du carbone.

En entrevue avec la radio de CBC, quelques heures plus tôt, il avait évoqué pour une première fois quelle pourrait être l'ampleur de la pénalité financière qui découlerait de la décision de déchirer l'entente d'une valeur de 15 milliards de dollars.

Je ne veux pas que les Canadiens se retrouvent avec une facture d'un milliard de dollars. Alors nous manœuvrons très prudemment, et c'est pas mal tout ce que je peux dire là-dessus.

Le premier ministre Justin Trudeau

Il a été impossible de confirmer s'il s'agit du montant de la pénalité à laquelle s'exposerait Ottawa s'il annulait l'entente ou si c'était une façon de parler, le bureau du premier ministre ayant refusé d'ajouter quoi que ce soit à cette déclaration.

Ottawa ouvert à d'autres mesures

Le gouvernement libéral demeure cependant « tout à fait ouvert » à « limiter » encore une fois les exportations de matériel militaire comme il l'a déjà fait dans le passé, a réitéré mardi Justin Trudeau.

Les libéraux ont suspendu pendant quatre mois deux permis d'exportation d'une entreprise ontarienne qui construit des blindés Gurkha après que Riyad eut été accusé d'avoir utilisé ces véhicules pour réprimer la minorité chiite de l'est du pays.

Le gel avait été décrété parce qu'Ottawa craignait que des blindés de fabrication canadienne aient été utilisés pour violer les droits de la personne. Dans le cas du journaliste Jamal Khashoggi, aucun soupçon de cette nature ne plane.

Entrevue avec le professeur et ancien diplomate Ferry de Kerckhove, de l'Université d'Ottawa.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a publié entre-temps une déclaration commune des pays du G7, dans laquelle on ne fait aucune mention de potentielles sanctions contre le régime saoudien.

On y élude aussi le fait que l'un des membres du groupe des sept, l'Allemagne, a signalé son intention de geler toute future exportation d'armes vers Riyad, et exhorté ses partenaires à emboîter le pas.

Scheer ne prend pas position

Le chef conservateur Andrew Scheer a catégoriquement refusé de dire à quelle enseigne il logeait, mardi. Il n'a jamais voulu dire si le gouvernement Trudeau devait annuler le contrat avec l'Arabie saoudite ou ce qu'il ferait lui-même comme premier ministre.

Tout au plus s'est-il aventuré à remettre de l'avant une idée qu'avait formulée l'un de ses députés la veille, soit que des sanctions pourraient être imposées à des ressortissants saoudiens en vertu de la « loi Magnitski ».

Son député Pierre Paul-Hus s'est dit incapable lui aussi de prendre position sur l'enjeu du contrat, car il estime ne pas avoir toute l'information nécessaire sur les circonstances entourant l'assassinat pour le faire.

« On connaît les faits... mais qui a demandé de faire ça? C'est ce qu'on ne sait pas. On ne peut pas présumer pour l'instant... Écoutez, qui je suis, là, pour arriver et pour dire que c'est eux [le régime saoudien] qui l'ont fait? », s'est-il questionné à voix haute en mêlée de presse.

Dans le camp néo-démocrate, la députée Hélène Laverdière a fait remarquer que le meurtre de Jamal Khashoggi n'est tristement qu'un nouveau crime qui vient s'ajouter à une longue liste de violations commises par le régime de Mohammed ben Salmane.

« C'est horrible, ce qu'on voit, mais c'est horrible ce qu'on voit depuis des années. C'est pour ça que nous autres, ça fait des années qu'on demande de suspendre les ventes d'armes à l'Arabie saoudite », a-t-elle regretté.

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