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Le processus de révision du pipeline Trans Mountain mené par l’ONE « pire » que le dernier

Le chef Stewart Phillip en entrevue.
Le grand chef de l'Union des chefs autochtones de la province, Stewart Phillip, ne veut pas entendre parler du projet d'expansion du pipeline Trans Mountain. Photo: Radio-Canada / Julie Landry
Radio-Canada

Le nouveau processus d'évaluation du pipeline Trans Mountain mené par l'Office national de l'énergie (ONE) à la demande du gouvernement Trudeau répète les mêmes erreurs que le précédent, selon des environnementalistes et Premières Nations de la Colombie-Britannique.

À la fin du mois d'août, la Cour d'appel fédérale a annulé le décret qui permettait au projet d'expansion du pipeline Trans Mountain de se réaliser, concluant notamment que les Premières Nations n'avaient pas été suffisamment consultées.

Des groupes autochtones, des environnementalistes et des politiciens comme le grand chef de l'Union des chefs autochtones de la province, Stewart Phillip, et la chef du Parti vert fédéral, Elizabeth May, estiment maintenant que le nouveau processus de l’ONE est trop restreint et ne répond pas au besoin de réconciliation entre les peuples autochtones et le gouvernement.

« Le nouveau processus de l’ONE est encore pire que celui que nous avons critiqué », déplore le grand chef Stewart Phillip.

Les opposants reprochent également à l’ONE d’avoir restreint la portée géographique de l’étude des conséquences des pétroliers sur la vie marine à 12 miles nautiques (22 kilomètres) de la côte, acquiesçant à une demande du gouvernement albertain.

« L’ONE est manifestement incompétente pour mener des évaluations environnementales », dénonce Elizabeth May depuis Ottawa.

Alors qu’il s’agit maintenant d’un pipeline qui appartient au public, il est absurde que nous ayons des barèmes de révision moins stricts que ceux imposés à l’industrie privée.

Elizabeth May, députée du Parti vert fédéral de Saanich-Gulf Islands

« C’est non »

Pour le grand chef Stewart Phillip, aucun processus de l’ONE ne serait satisfaisant, puisqu’il s’oppose carrément au projet d’expansion de Trans Mountain. « C’est non », lance-t-il.

Tzeporah Berman, responsable des programmes à Stand.Earth, critique le processus qui lui paraît conçu pour arracher un appui à ce projet à tout prix.

Un avocat de West Coast Environmental Law, Eugene Kung, est catégorique : une autre poursuite se profile. Il regrette lui aussi la portée trop « étroite » du nouveau processus.

Des travailleurs marchent près du terminal Westridge à Burnaby.Terminal pétrolier à Burnaby. Photo : Reuters / Chris Helgren

Le gouvernement accusé d'être trop proche de l'industrie

Justin Trudeau ne parvient pas à satisfaire son désir de réconciliation avec les Autochtones, croient les Premières Nations présentes à la conférence de presse.

« Notre premier ministre agit sans avoir le sens de responsabilité pour nos générations futures », affirme Stewart Phillip, qui se dit préoccupé par la question des changements climatiques. « Le gouvernement Trudeau travaille main dans la main avec l’industrie pétrolière et il agit comme s’il lui était redevable. C’est complètement déplorable », affirme-t-il.

Des appuis politiques

Jean Swanson, conseillère municipale nouvellement élue à Vancouver sous la bannière COPE, soutient les revendications des Premières Nations.

« Nous utiliserons tous les outils à notre disposition pour freiner ce projet [d’expansion du pipeline] », affirme-t-elle. « Il faut le mentionner : les citoyens ont élu des représentants à Vancouver clairement opposés à Trans Mountain. »

L’absence, remarquée, du nouveau maire de Vancouver au point de presse est due à une contrainte de temps, selon l'attachée de presse de Kennedy Stewart.

Les groupes autochtones et environnementaux, ainsi que les représentants de l'industrie pétrolière, ont jusqu'au 30 novembre pour soumettre des preuves et documents à l'ONE.

Pour leur part, l'entreprise et des ministères fédéraux ont jusqu'à la fin du mois d'octobre pour présenter leurs preuves.

Colombie-Britannique et Yukon

Industrie pétrolière