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Il y aurait assez d'oxygène sur Mars pour permettre la vie

Radio-Canada

L'eau très salée située sous la surface de Mars pourrait contenir assez d'oxygène pour permettre la présence de formes de vie simple comme des microbes et même la respiration d'animaux un peu plus complexe comme des éponges, selon des modèles mis au point par des scientifiques américains.

Un texte d'Alain Labelle

En juillet dernier, un vaste lac souterrain a été détecté par l’instrument radar Marsis embarqué à bord de l'orbiteur européen Mars Express à un endroit où jamais de l'eau liquide, condition indispensable au développement de la vie, n'avait encore été trouvée à ce jour.

La planète Mars.Agrandir l’imageLa planète Mars Photo : NASA/JPL

Situé à 1,5 km de profondeur sous la calotte glaciaire du pôle Sud, ce lac ferait environ 20 km de large.

De plus, les analyses menées grâce à d’autres sondes laissent aussi à penser que de l'eau pourrait se trouver dans des bassins salins souterrains, car des sels de perchlorate (composés de chlore et d'oxygène) ont été détectés à divers endroits sur Mars.

Le pôle Sud de Mars.Agrandir l’imageL'eau liquide se trouve sous la glace (en blanc) au pôle Sud de Mars Photo : ESA/DLR/FU BERLIN/CC BY-SA

Comme le sel abaisse le point de congélation de l'eau, cela signifie que l'eau contenant du perchlorate pourrait rester liquide malgré les températures glaciales sur Mars, où les nuits à l'équateur peuvent descendre sous les -70 degrés Celsius.

Mars, la voisine : Notre fiche descriptive de la planète.

L’hypothèse de la vie souterraine

Le modèle développé par les scientifiques de l'Institut de technologie de la Californie (Caltech) du Jet Propulsion Laboratory (JPL), associés à la NASA, décrit les conditions dans lesquelles de l'eau salée oxygénée pourrait exister sur la planète voisine de la Terre, et remet en question les théories actuelles sur l'habitabilité de la planète.

En fait, si les circonstances s'y prêtent, l'eau sur Mars pourrait contenir plus d'oxygène qu'on ne le pensait auparavant, théoriquement assez pour permettre la respiration aérobie.

Cette thèse va donc à l'encontre de la vision actuelle du potentiel d'habitabilité de Mars. C’est que même si la présence d’eau est confirmée, les scientifiques rejettent habituellement l'idée qu'elle pourrait être oxygénée, puisque l'atmosphère de Mars est environ 160 fois plus mince que celle de la Terre et contient surtout du dioxyde de carbone.

L'oxygène est un élément clé pour déterminer l'habitabilité d'un environnement, mais il est relativement rare sur Mars.

Le Pr Woody Fischer, géobiologiste au Caltech

« Personne n'a jamais pensé que les concentrations d'oxygène dissous nécessaires à la respiration aérobie pourraient théoriquement exister sur Mars », explique le chercheur Vlada Stamenkovic, du JPL et principal auteur de l'étude.

L’oxygène pénètre dans l'eau à partir de l'atmosphère. Il se diffuse ensuite dans le liquide pour maintenir un équilibre entre l'eau et l'air. Selon les chercheurs, si l'eau salée est suffisamment proche de la surface du sol martien, elle peut absorber efficacement l'oxygène de la mince atmosphère.

Pour tenter d’établir quelle quantité d'oxygène peut être absorbée, l’équipe de scientifiques a développé un modèle chimique décrivant comment l'oxygène se dissout dans l'eau salée à des températures inférieures au point de congélation de l'eau.

Puis, elle a examiné le climat de Mars et la façon dont il a changé au cours des 20 derniers millions d'années, période au cours de laquelle l'inclinaison de l'axe de la planète s'est modifiée, modifiant les climats régionaux.

Des régions ciblées

Ainsi, les modèles de solubilité et de climat combinés ont permis aux chercheurs de déduire quelles régions de Mars étaient les plus aptes à supporter des solubilités élevées en oxygène, tant aujourd'hui que dans le passé géologique récent de la planète.

L'équipe a donc établi qu'à des altitudes assez basses (où l'atmosphère est la plus épaisse) et à des températures assez basses (où les gaz comme l'oxygène ont plus de facilité à rester dans une solution liquide), une quantité inattendue d'oxygène peut se trouver dans l'eau, et ce, au-dessus du seuil nécessaire à la respiration aérobie dans les océans terrestres.

En outre, l'emplacement de ces régions a changé à mesure que l'inclinaison de l'axe de Mars a évolué au cours des 20 derniers millions d'années. Les plus fortes solubilités à l'oxygène s’étant produites au cours des cinq derniers millions d'années.

Ces nouvelles connaissances pourraient éventuellement servir à établir où de futures missions vers Mars devraient atterrir et ainsi faciliter la recherche de signes d'environnements habitables passés et même présents.

Le détail de cette étude est publié dans la revue Nature Geoscience (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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