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Emprunter au Canada coûtera désormais plus cher

Stephen Poloz, gouverneur de la Banque du Canada, et Carolyn Wilkins, première sous-gouverneure, au sortir de la banque mercredi le 24 octobre 2018 à Ottawa. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Radio-Canada

La Banque du Canada hausse d'un quart de point de pourcentage son taux directeur, ce qui le porte à 1,75 %. Il s'agit de la troisième hausse cette année et de la cinquième à survenir depuis juillet 2017.

Le taux du financement à un jour est donc à son plus haut niveau en une décennie. Le taux directeur a une incidence sur les prêts hypothécaires et les marges de crédit. Il en coûtera donc plus cher pour emprunter.

Le taux du financement à un jour est le taux d’intérêt auquel les principales institutions financières se prêtent des fonds pour une durée d’un jour; la Banque fixe une valeur cible pour ce taux.

Le taux officiel d'escompte s'établit donc à 2 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 1,5 %.

De la croissance et moins d'incertitude

La banque centrale explique que les perspectives économiques mondiales restent solides; que l'économie américaine est particulièrement robuste et devrait se modérer au cours de la période de projection; et que le nouvel Accord États-Unis–Mexique–Canada réduira l'incertitude entourant les politiques commerciales en Amérique du Nord.

Elle cite aussi la bonne performance de l'économie canadienne et la composition de la croissance, plus équilibrée.

Cette augmentation du taux du financement à un jour permet à la banque centrale du Canada d'être en phase avec la Réserve fédérale américaine (FED), qui a haussé à trois reprises son taux directeur cette année.

La Banque du Canada prévient toutefois que les conflits commerciaux, notamment entre les États-Unis et la Chine, pèsent sur la croissance et les prix des produits de base à l'échelle mondiale. De plus, la volatilité des marchés financiers a refait surface et certains marchés émergents sont sous tension.

Toutefois, dans l'ensemble, les conditions financières mondiales demeurent expansionnistes.

Pour Royal LePage, l'élan de croissance de l'économie canadienne, qui semble se poursuivre pour 2018, ainsi que la santé du marché de l'emploi expliquent en partie la décision de la banque centrale canadienne.

Rappelons que le taux cible du financement à un jour est le principal instrument dont la Banque du Canada se sert pour mettre en œuvre la politique monétaire, qui vise à contenir le taux d'inflation entre 1 % et 3 %.

Dans son communiqué, mercredi, la Banque du Canada dit que « le taux d’intérêt directeur devra augmenter jusqu’à parvenir à une orientation neutre pour assurer l’atteinte de la cible d’inflation ».

La banque centrale canadienne ne parle plus d'augmentation « graduelle », notent les analystes. Par conséquent, d'autres augmentations du taux directeur pourraient être annoncées dans les mois à venir. Mais la Banque du Canada laisse entendre qu'avant d’agir, elle observera comment l’économie réagira à la hausse des taux. La banque centrale dit tenir compte du niveau élevé d’endettement des ménages canadiens.

Quelques impacts possibles de cette hausse

  • Les hypothèques

Les Canadiens possédant des hypothèques à taux variable seront directement concernés par la hausse. « Ça crée un peu d'insécurité pour eux, car une hausse de tes taux signifie une hausse des paiements », affirme Denis Doucet, directeur de la formation au Québec pour Multi-Prêts.

Pour les détenteurs de prêts hypothécaires à taux variable, « concrètement, une augmentation d'un quart de point de pourcentage représente une augmentation de 6 $ par mois, par tranche de 50 000 $ », dit Denis Doucet. « La moyenne des emprunts s'élevant à 200 000 $, on parle environ d'une différence de 25 $ par mois. »

Dans la foulée de l'annonce de la Banque du Canada, la Banque de Montréal, la TD, RBC Banque Royale, la Banque Laurentienne et le Mouvement Desjardins ont annoncé qu'ils porteront à compter de demain, jeudi, leur taux d'intérêt préférentiel de 25 points de base. Ce taux passera de 3,70 % à 3,95 %.

Dans les jours qui viennent, M. Doucet affirme que le taux de qualification pour obtenir du financement hypothécaire ne bougera pas. Mais il finira par augmenter aussi, explique-t-il : « Il y aura des effets en cascade ».

Les gens qui mettent leur maison en garantie pour accéder à un prêt, « réhypothéquer » en langage courant, seront directement touchés par la hausse du taux directeur. En effet, la plupart du temps, les marges de crédit hypothécaires sont assorties de taux d'intérêt variables.

  • Les marges de crédit

Utiliser l’argent disponible sur sa marge de crédit coûtera plus cher, puisque les taux d’intérêt de celles-ci sont directement liés à la hausse ou à la baisse du taux préférentiel, lui-même lié au taux directeur. Le taux préférentiel est le taux d’intérêt qu’imposent les banques à leurs clients d’affaires les plus solvables. Il s’agit d’un taux de référence sur lequel on négocie tous les prêts à taux variable.

  • Les prêts étudiants

S’ils ont choisi un prêt à taux variable, les détenteurs de prêts étudiants pourraient devoir payer davantage.

  • Les prêts automobiles

Ces prêts sont généralement à taux fixes. Les futurs acheteurs paieront donc un peu plus.

  • Les comptes d’épargne

Les épargnants pourraient bénéficier d’une augmentation des taux d’intérêt payés par la banque sur l’argent qu’ils déposent dans leur compte d'épargne. Toutefois, ces intérêts sont souvent si bas que les épargnants n’y verront guère de différence.

Avec les informations de Bloomberg, La Presse canadienne, et CBC

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