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Protection de la baleine noire : le ministre et les pêcheurs font le point

Jonathan Wilkinson.

Jonathan Wilkinson à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, le 23 octobre 2018.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Radio-Canada

Le ministre fédéral des Pêches a participé mardi à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, à une table ronde avec des représentants des industries de la pêche et des scientifiques, afin de faire le point sur les mesures de protection de la baleine noire de l'Atlantique Nord.

Certains, incluant plusieurs dans cette pièce, nous ont dit que les mesures en 2018 sont allées trop loin, a reconnu le ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière, Jonathan Wilkinson.

Afin de protéger les baleines noires, une espèce menacée qui ne compterait plus que 450 individus, des zones de pêches ont été fermées en certains endroits, la vitesse des navires est limitée, et Pêches et Océans Canada effectue une surveillance accrue.

Des dizaines d'intervenants autour d'une grande table.

Le ministre Jonathan Wilkinson (au centre, de dos) a rencontré divers intervenants à une table ronde dans un hôtel de Dartmouth, mardi.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Nous reconnaissons que certaines de ces mesures ont réellement eu des conséquences très difficiles pour le gagne-pain de plusieurs de vos membres, a dit M. Wilkinson aux représentants de l’industrie des pêches présents à la rencontre.

Il se dit prêt à écouter leurs points de vue pour trouver un juste équilibre entre la protection d'une espèce en danger et les intérêts économiques des communautés côtières.

Les mesures ont été imposées par le gouvernement fédéral à la suite d’une année 2017 catastrophique pour la baleine noire de l’Atlantique Nord. On a déploré la mort de 17 baleines, dont une douzaine en eaux canadiennes. L’activité humaine, en particulier les risques d’empêtrement des mammifères dans les cordages de pêche et les collisions avec les navires, est une cause importante de mortalité.

Un casier rouillé pour la pêche au crabe des neiges est examiné par un homme sur une plage.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ce casier rouillé qui était utilisé pour la pêche au crabe des neiges a été retrouvé sur la carcasse d'une baleine noire, à Miscou au Nouveau-Brunswick.

Photo : CBC / Courtoisie de Liam Shea

Les mesures de conservation ont porté leurs fruits, affirme Jonathan Wilkinson. Grâce à ces mesures, soutient-il, aucune baleine n’a péri en raison de l’activité maritime ce printemps et cet été.

La médiatrice environnementale Lyne Morissette apporte un bémol aux propos du ministre des Pêches. C’est une fausse idée de succès qu’on a cette année, dit celle qui est directrice générale chez M –  Expertise Marine.

On a eu zéro mortalité, mais le lien de cause à effet n’est pas si facile que ça à faire.

Lyne Morissette, au sujet des mesures de protection de la baleine noire

Mme Morissette se réjouit que la coexistence semble le mot d’ordre de la rencontre de mardi. Il est crucial, dit-elle, d’écouter les pêcheurs.

Lyne Morissette à Dartmouth en Nouvelle-Écosse le 23 octobre 2018.

Lyne Morissette, médiatrice environnementale et directrice générale chez M – Expertise Marine.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Léger

Pour avoir étudié plusieurs exemples de problématiques de conservation de n’importe quelle espèce en péril, les parties importantes dans l’équation doivent être impliquées le plus tôt possible, au lieu de recevoir des décisions de gestion à la dernière minute et de réagir, souligne-t-elle. Les pêcheurs, poursuit-elle, ont les connaissances et les ressources pour être parties prenantes de ces efforts.

Martin Noël à Dartmouth en Nouvelle-Écosse le 23 octobre 2018.

Martin Noël, président de l’Association des pêcheurs professionnels crabiers acadiens.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Léger

Pour Martin Noël, président de l’Association des pêcheurs professionnels crabiers acadiens, les mesures imposées pour la conservation des baleines noires étaient nécessaires pour 2018, mais imparfaites. Les activités de pêche ont été restreintes, déplore-t-il, même lorsque les baleines ne se trouvaient pas dans les environs.

Quand il n’y a pas de baleines, on ne peut pas les protéger, dit-il. Un très grand territoire, où il y a peut-être 20 à 30 % de la biomasse du crabe des neiges, n’a pas été accessible, en aucun cas, aux pêcheurs.

M. Noël demande au gouvernement de faire preuve de flexibilité pour la suite de choses. De permettre aux gens aux pêcheurs d’aller dans ces endroits-là quand il n’y a pas de baleine, évidemment ça aiderait beaucoup.

On est extrêmement d’accord avec le fait que quand elles sont là, il faut trouver une manière pour les protéger, insiste M. Noël. Mais aussi, permettre aux pêcheurs de faire leur pêche de façon optimale, ça veut dire fermer les endroits spécifiquement où elles sont, de façon à ce que ça cible vraiment les endroits où les baleines sont présentes.

C’est aussi l’avis de Lyne Morissette. Peut-être qu’on pourrait avoir des mesures un peu plus souples, affirme-t-elle.

Une baleine noire trouvée morte dans le golfe du Saint-Laurent.

Une baleine noire trouvée morte dans le golfe du Saint-Laurent.

Photo : Pêches et Océans Canada

Les zones de conservation sont choisies en fonction des meilleures données scientifiques qui sont disponibles, indique Mme Morissette. D’affiner ces connaissances sur le comportement des baleines noires va permettre d’adopter des mesures de conservation plus ciblées et plus efficaces.

On pourrait relâcher un peu [les mesures], sans mettre en péril la survie de la baleine noire, et je pense que c’est ce qu’il faut faire, dit-elle.

L’efficacité, ça se mesure en protection de la baleine, mais aussi en accès par les pêcheurs, résume la scientifique.

Avec les informations d’Olivier Lefebvre

Avec les informations de La Presse canadienne

Nouvelle-Écosse

Industrie des pêches