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À l’urgence de l'Hôpital Fleurimont pour une visite... non médicale

Ghyslaine Desnoyers est bénévole à l'urgence depuis huit ans. Elle répond aux questions des patients, les dirige et les rassure.

Ghyslaine Desnoyers est bénévole à l'urgence depuis huit ans. Elle répond aux questions des patients, les dirige et les rassure.

Photo : Radio-Canada / Emilie Richard

Radio-Canada

Bruit de perceuse, va-et-vient d'ouvriers. Pendant une partie de l'automne, l'urgence de l'Hôpital Fleurimont a vécu au rythme des rénos. Pourquoi? Pour réaménager l'espace en attendant de déménager au rez-de-chaussée du nouveau Pavillon Enfant-Soleil dans environ deux ans.

C’est comme quand tu rénoves ta cuisine et que tu es obligé de vivre dedans, c’est déstabilisant, mais on s’y fait. On est du monde d’urgence. On est habitué de vivre dans le changement et dans les événements rapides, lance la nouvelle coordonnatrice des urgences du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Claudie Gagnon.

Lors de notre passage, il ne reste qu’à mettre la touche finale à cette urgence dite temporaire. Assise au milieu du branle-bas de combat, Mme Gagnon sourit et se dit satisfaite du travail accompli par les équipes médicales et par celles qui ont contribué aux rénovations. De toute façon, ce n’est certainement pas un chantier de construction qui va la stresser. Je me suis déjà fait dire, on ne fait pas de grands capitaines de bateau sur une mer calme et la dernière affaire à faire, quand tu travailles dans une urgence, c’est de paniquer. 

Un mot d’ordre qui tient, chantier ou pas.

Et du même souffle, Claudie Gagnon s’empresse d’ajouter qu’elle fait confiance à son personnel en place.

Je trouve qu’ils sont forts, intelligents, fins et vaillants. C’est ça que j’aime le plus [à l’urgence], c’est eux.

Claudie Gagnon, coordonnatrice des urgences du CIUSSS de l'Estrie-CHUS

Pas de frime, ça se ressent lorsqu’elle les croise sur le plancher. Elle les appelle d’ailleurs ses vikings. Ils voient des affaires que pas grand monde voit. Ils doivent quand même garder la tête froide et se concentrer sur l’aspect technique de leur travail pour donner le plus de chance de survie aux patients, explique l’infirmière de formation.

Claudie Gagnon, coordonnatrice des urgences du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, est en discussion avec François Laurin, assistant infirmier chef et Catherine Duquette-Morency, conseillère en bâtiment.

Claudie Gagnon, coordonnatrice des urgences du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, est en discussion avec François Laurin, assistant infirmier chef et Catherine Duquette-Morency, conseillère en bâtiment.

Photo : Radio-Canada / Emilie Richard

Elle souligne que les professionnels sur le plancher sont des pères et des mères de famille. Que le décès d’un enfant, par exemple, ça vient avec une charge émotive plus intense. Dans des cas plus difficiles, comme celui-là, un débriefing est fait. C’est surtout axé sur la technique pour se détacher du côté émotif. Qu’est-ce qui a bien été? Qu’est-ce qui pourrait être amélioré la prochaine fois?, explique Mme Gagnon.

Les jours suivants un événement tragique, elle erre dans l’urgence et observe comment ça se passe. Ils se surveillent et ils viennent me le dire. Tu devrais parler à telle personne, elle ne parle plus depuis que c’est arrivé. Parfois, juste d’en parler et de sortir nos larmes, ça l’air de rien, mais ça aide, ajoute-t-elle.

Dans l’équipe, elle peut notamment compter sur Donna Jeanson, une infirmière qui travaille à l’urgence de l’Hôpital Fleurimont depuis 16 ans. Elle souligne la force du travail d’équipe à son tour. On n’a pas le choix, lance-t-elle accoudée à un comptoir.

Donna Jeanson est infirmière à l'urgence depuis 16 ans.

Donna Jeanson est infirmière à l'urgence depuis 16 ans.

Photo : Radio-Canada / Emilie Richard

En plus des médecins, une équipe de 13 infirmières, quatre préposés au bénéficiaires et quatre agents administratifs permet de faire rouler l’urgence le jour. De soir et de nuit, le nombre d’effectifs diminue légèrement. À tous ces professionnels s’ajoutent quelques bénévoles. Encore une fois indispensables, encore plus en période de travaux.

Parmi eux, il y a Ghyslaine Desnoyers, une enseignante à la retraite qui est bénévole à l’urgence depuis huit ans. Des fois, c’est plus tranquille, d’autres fois, je n’arrête pas deux minutes, confie-t-elle.

Au même moment, une patiente arrive. Ghyslaine s’empresse d’aller la saluer. Elle l’aidera à enlever son manteau et lui dira quoi faire. Avec une patience exemplaire, elle lui expliquera aussi pourquoi l’urgence est sans dessus dessous. En quelques minutes, elle aura réussi à la rassurer, à la calmer.

Et pourquoi déjà ces travaux?

Parce que le garage qui reçoit les ambulances doit être détruit pour la construction du Pavillon Enfant-Soleil. Les ambulanciers devront se diriger maintenant à l’avant de l’établissement, ce qui imposait le déplacement des salles de triages et de la salle d’attente, par exemple.

Les nouveaux garages pour les ambulances sont construits à l'avant de l'urgence pour permettre la construction du Pavillon Enfant-Soleil.

Les nouveaux garages pour les ambulances sont construits à l'avant de l'urgence pour permettre la construction du Pavillon Enfant-Soleil.

Photo : Radio-Canada / Emilie Richard

L’attente, un défi de tous les instants

Impossible de faire une visite à l’urgence sans aborder le temps d’attente. Ce n’est pas vrai que quotidiennement les patients attendent 12 heures, assure Mme Gagnon. Il y a des cibles à respecter et l’urgence de l’Hôpital Fleurimont tire bien son épingle du jeu. La cible ministérielle à la performance des salles d’attente prévoit que 75 % des patients doivent être vus dans un délai plus petit ou égal à deux heures, à partir du moment où il arrive dans la salle d’attente, explique la coordonnatrice aux urgences.

À l’Hôpital Fleurimont, le taux atteint 68 %. Ce n’est pas parfait, mais c’est difficile de faire bouger ce chiffre-là, ajoute-t-elle. Des réorganisations internes sont notamment nécessaires. Si on veut améliorer la durée moyenne du séjour sur civière d'une heure, ça ne se fait pas entre un mardi et un mercredi. Ce sont plusieurs intervenants qui sont impliqués, on doit créer des alliances entres des collègues d'autres départements, énumère Claudie Gagnon.

« Je me suis déjà fait dire, on ne fait pas de grands capitaines de bateau sur une mer calme et la dernière affaire à faire, quand tu travailles dans une urgence, c’est de paniquer. » - Claudie Gagnon, coordonnatrice des urgences du CIUSSS de l'Estrie-CHUS

« Je me suis déjà fait dire, on ne fait pas de grands capitaines de bateau sur une mer calme et la dernière affaire à faire, quand tu travailles dans une urgence, c’est de paniquer. » - Claudie Gagnon, coordonnatrice des urgences du CIUSSS de l'Estrie-CHUS

Photo : Radio-Canada / Emilie Richard

Tout dépend aussi de la nature des cas.Quand c’est grave, c’est zéro minute d’attente. Les infirmières ont même la possibilité de diagnostiquer et de prodiguer certains traitements.

Toutefois, il y aura toujours des patients qui essaient tant bien que mal de voir leur médecin de famille, mais qui, en vain, n’ont d’autre choix que de franchir les portes de l’urgence. Si tu as une infection urinaire, ce n’est pas urgent, mais c’est tannant. Il faut la traiter, ça prend des antibiotiques. On va s’en occuper, mais ça va être un peu plus long que ce que l’on voudrait, précise gentiment Claudie Gagnon qui, à l’occasion, s'assoit aux côtés des patients pour leur piquer une jasette.

Et si ce n’est pas Claudie, il y aura certainement un bénévole qui vous aidera à faire passer le temps.

Le pavillon Enfant-Soleil

Le centre mère-enfant de 26 400 mètres carrés aura cinq niveaux. L'urgence, la pédopsychiatrie, la pédiatrie, la maternité et la néonatalogie déménageront entre ses murs.

Le nouveau bâtiment porte le nom Pavillon Enfant-Soleil puisqu'Opération Enfant-Soleil s'est engagé à y investir 10 M$.

À lire aussi : La construction du Pavillon Enfant-Soleil du CHUS commencera sous peu

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