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L'affaire Khashoggi n'empêche pas l'Arabie saoudite de signer pour 50 milliards de contrats

Des participants regroupés autour d'un panneau vantant un fonds d'investissement saoudien
Malgré les retombées de l'affaire Khashoggi, l'Arabie saoudite accueille bon nombre de participants à son « Davos du désert ». Photo: Reuters / Faisal Nasser
Radio-Canada

L'Arabie saoudite va signer pour plus de 50 milliards de dollars de contrats dans les secteurs du gaz, du pétrole et des infrastructures à l'occasion de la conférence sur les investissements organisée à Riyad, un événement auquel ont renoncé plusieurs dirigeants d'entreprise à la suite du meurtre du journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi.

Le ministre de l'Énergie saoudien a reconnu, lors d'une conférence, que le premier exportateur mondial traversait « une sorte de crise », tout en ajoutant que le pays irait de l'avant dans sa volonté de diversifier l'économie.

Total, Hyundai, Norinco, Schlumberger, Halliburton, Baker Hughes et Trafigura sont au nombre des sociétés concernées par les contrats accordés par le Royaume, selon la télévision publique saoudienne.

Le PDG de la pétrolière Total, Patrick Pouyanné, qui s'exprimait à Riyad, a annoncé mardi que le groupe français déploierait un réseau de stations-service en partenariat avec l'entreprise publique pétrolière Saudi Aramco.

« Total n'a jamais été favorable aux mesures de sanctions et d'isolement, par exemple contre la Russie, l'Iran ou le Qatar, ni aux mesures de boycott », a expliqué M. Pouyanné dans un communiqué publié lundi, en réponse aux questions sur sa présence lors de l'événement.

Dans le cadre de la deuxième phase de la raffinerie Satorp, coentreprise entre les deux groupes, un complexe pétrochimique intégré et un parc en aval devraient également être bâtis.

Trafigura Group devrait construire une fonderie de cuivre, de zinc et de plomb.

Ce forum sur les investissements – appelé le Future Investment Summit (FII) – se déroule à partir de ce mardi et jusqu'au 25 octobre à Riyad.

L'édition de l'an dernier avait été marquée par l'annonce, par le prince Mohammed ben Salmane, de plans en vue de la construction d'une ville « futuriste », un projet évalué à 500 milliards de dollars.

Nombre d'entreprises et de hauts responsables ont renoncé à se rendre au FII à la suite du meurtre du journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi le 2 octobre dernier au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul.

Le fondateur et PDG du japonais SoftBank Group, Masayoshi Son, a annulé mardi sa prise de parole, selon une source au fait du dossier, mais on ignore encore s'il s'y rendra.

Le fonds public saoudien a accepté d'investir 45 milliards de dollars dans le Vision Fund du groupe nippon et possède par ce biais des participations dans une soixantaine de sociétés, dont la plupart devraient participer au FII.

Parmi les ouvertures économiques annoncées dans le cadre de la conférence, le pouvoir saoudien a fait savoir mardi que les étrangers pourraient investir dans les services audiovisuels, les transports terrestres et l'immobilier.

Un sommet dans une ancienne « prison »

Plusieurs banques occidentales, ainsi que d'autres compagnies, craignant de voir s'échapper les occasions d'affaires liées aux contrats rattachés au fonds souverain saoudien, dont la valeur atteint 250 milliards de dollars, ont dépêché des responsables moins importants, alors que leurs dirigeants annulaient leur participation au sommet économique.

L'événement se tient au Ritz-Carlton à Riyad, soit à l'endroit où des dizaines de princes, d'hommes d'affaires et de responsables avaient été séquestrés dans le cadre d'une offensive contre la corruption déclenchée peu de temps après la fin de la conférence de l'an dernier.

Les autorités ont indiqué que cette offensive avait permis de recueillir plus de 100 milliards de dollars de la part des suspects, dans le cadre d'ententes financières.

Cette somme n'a toutefois jamais pu être vérifiée, et les détails des crimes présumés n'ont pas non plus été rendus publics, alimentant les craintes à propos de la transparence du processus judiciaire.

Avec les informations de Reuters, et Associated Press

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