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Un homme en complet lèvre les bras dans les airs.

John Tory célèbre sa réélection en compagne notamment de sa femme, Barbara Hackett.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

Les électeurs de Toronto ont reconduit, sans surprise, le maire sortant, John Tory, dans ses fonctions pour un deuxième mandat de quatre ans avec près de 63,5 % des voix. Sa plus proche adversaire était l'ancienne urbaniste en chef de la Ville, Jennifer Keesmaat qui a reçu près de 23,6 % des suffrages.

Ironiquement, c'est Doug Ford, et non pas M. Tory ou Mme Keesmaat, qui aura volé la vedette dans la campagne, le premier ministre ontarien ayant décidé en pleine campagne d'amputer la taille du conseil municipal de moitié.

Deux hommes se parlent debout dans un bureau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire de Toronto John Tory (à g.) et le premier ministre Doug Ford (archives)

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

Toronto a contesté la décision devant les tribunaux, gagnant la première manche, mais perdant sa cause en appel.

Le triomphe de la continuité

Photo en mosaïque d'une femme et d'un hommeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les deux principaux candidats à la mairie de Toronto : Jennifer Keesmaat et John Tory.

Photo : La Presse canadienne

Le maire Tory, 64 ans, a recueilli près des deux tiers des voix, lundi.

M. Tory n'a pas fait de vague durant la campagne. Avec le slogan « Un leadership qui fonctionne », il a occupé le centre de l'échiquier politique, promettant de garder le cap en matière d'expansion du transport en commun, en plus d'ajouter des logements sociaux, notamment.

Il a prononcé quelques mots en français, lors de son discours de la victoire, lundi soir.

Une ville abordable et juste [est essentielle] et on a besoin d'un travail plus rapide [en matière de logement social].

John Tory, maire de Toronto

Son adversaire principale, l'ancienne urbaniste en chef de Toronto Jennifer Keesmaat, s'était lancée dans la campagne à la dernière minute, sans même en parler d'abord à ses parents, avait-elle confié. Sa motivation : la décision du premier ministre Ford de s'immiscer dans l'élection municipale et la réaction molle, selon elle, à ce sujet du maire Tory.

La mère de famille disait avoir une vision audacieuse pour la Ville, promettant entre autres de démolir la portion est de l'autoroute Gardiner pour la remplacer par un boulevard.

Toutefois, à bien d'autres égards, les programmes électoraux des deux candidats se ressemblaient beaucoup, notamment en ce qui a trait à la réduction de la criminalité.

L'une des armes saisies par la police de Toronto lors de sa récente opération « Projet Sizzle ».Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une arme saisie par la police de Toronto.

Photo : Radio-Canada/Pierre-Olivier Bertnatchez

Je promets de redoubler d'efforts pour m'attaquer à la violence, a dit le maire après sa victoire, lundi soir. Il faut aussi investir dans les communautés.

Mme Keesmaat n'a pas été capable d'attirer une majorité d'électeurs mécontents, souligne le politologue Peter Graefe de l'Université McMaster, alors qu'elle se positionnait comme une candidate progressiste plutôt de gauche.

Le maire Tory a promis après sa victoire d'examiner certaines des idées de son adversaire, y compris celle de faciliter l'accès à l'habitation grâce à un programme du type « louer pour acheter ».

Durant la campagne, il avait refusé de participer à un débat à deux avec Mme Keesmaat à CBC, affirmant qu'il privilégiait les débats avec plusieurs candidats pour qu'une pluralité de points de vue soit représentée.

Mme Keesmaat n'a pas fermé la porte, lundi soir, à une candidature potentielle au provincial ou au fédéral.

Justin Trudeau et la mairesse de Montréal, Valérie Plante, félicitent John Tory

Un bandeau annonçant le dossier de Radio-Canada sur les élections municipales en Ontario

Un conseil municipal amputé

Le nombre d'arrondissements en jeu dans cette élection est passé soudainement de 47 à 25 à la mi-septembre, à peine un mois avant le scrutin, à cause de la cure minceur imposée par Doug Ford, selon qui les conseillers étaient trop nombreux à Toronto, ce qui paralysait les travaux du conseil.

En Ontario, il n'y a pas de partis en politique municipale, le maire doit donc convaincre individuellement les échevins de l'appuyer afin d'obtenir une majorité des votes.

Photo d'une carte de Toronto divisée en 25 arrondissements.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La carte des arrondissements de Toronto

Photo : Google/Radio-Canada (Camile Gauthier) / Camile

Cliquez ici pour mieux voir cette carte sur votre appareil mobile (Nouvelle fenêtre)

La réduction de la taille du conseil avait même forcé nombre de conseillers sortants à se présenter l'un contre l'autre. Quelques exemples :

  • Quartier no. 1 (Etobicoke North) : Michael Ford, le neveu du premier ministre Doug Ford, a été réélu, battant son ami Vincent Crisanti. Le clan Ford représente le secteur depuis 2000, alors que Rob Ford y avait été élu, pour ensuite être réélu deux autres fois dans le quartier, avant de remporter la mairie en 2010. Son frère, Doug, lui avait alors succédé en tant que conseiller. Le premier ministre Doug Ford l'a d'ailleurs félicité publiquement pour sa victoire, lundi soir.
  • Quartier no. 7 (Humber River-Black Creek) : Un grand revers pour le conseiller de longue date Giorgio Mammoliti, qui a mordu la poussière contre son collègue Anthony Perruzza.
  • Quartier no. 12 (Toronto-St. Paul's) : Un autre vétéran du conseil, Joe Mihevc, s'est fait battre par un collègue, dans ce cas-ci Josh Matlow, un conseiller qui a été un critique fréquent du maire John Tory.
  • Quartier no. 14 (Toronto-Danforth) : La conseillère de gauche Paula Fletcher a battu sa collègue de gauche Mary Fragedakis.

Une autre course locale qui était suivie : celle du quartier numéro 19 (Beaches-East York) où s'opposaient un grand nombre de nouveaux candidats. Le maire John Tory a gagné son pari en donnant son appui à Brad Bradford, le qualifiant de défenseur du projet de nouvelle ligne de métro vers le centre-ville (Downtown Relief Line).

Le saviez-vous?

Depuis la fusion municipale de 1998, Mel Lastman est celui qui a remporté la victoire la plus écrasante dans une course à la mairie de Toronto. Il avait obtenu 79,96 % des voix en 2000. Aucune femme n'a dirigé Toronto depuis la fusion municipale. Barbara Hall avait, toutefois, été mairesse de l'ancienne Ville de Toronto.

Avec des informations fournies par Lyne-Françoise Pelletier et Eve Caron

Toronto

Affaires municipales