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Recrutement de personnel : de « beaux » et complexes défis pour Québec solidaire

Alexandre Leduc, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé à l'Assemblée nationale
Un nouveau défi se dresse désormais devant Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé : recruter du personnel pour travailler avec les 10 députés de Québec solidaire. Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Radio-Canada

Comment gérer l'expansion d'un parti qui vient de passer de 3 à 10 députés à l'Assemblée nationale? Malgré l'arrivée de « tonnes » de curriculum vitæ, Québec solidaire (QS) doit désormais composer avec un « beau » mais complexe « défi » organisationnel : recruter du personnel, avec, pour le moment, un budget restreint, afin d'être « une opposition efficace et proactive ».

Un texte de Romain Schué, correspondant parlementaire à Québec

Dans les bureaux de Québec solidaire, on ne le cache pas : on est débordé. « On doit gérer une croissance et on travaille fort », affirme Gabriel Nadeau-Dubois.

Le co-porte-parole du parti, réélu dans la circonscription de Gouin, est l’un des deux députés solidaires ayant déjà une équipe à leurs côtés. Pour huit de ses futurs collègues sur les bancs de l’Assemblée nationale, tout est à construire.

La « priorité », soutient-il, est de finaliser la mise en place des bureaux de circonscription, avec, en moyenne, l’embauche de trois attachés politiques. L’heure est donc à la lecture de CV, aux entretiens et aux contrats. De nombreuses offres d’emploi ont d’ailleurs été publiées par le parti.

« On doit s’assurer rapidement que les députés soient bien entourés. Les dossiers des citoyens, dans les circonscriptions, n’attendent pas », affirme Gabriel Nadeau-Dubois, alors que les travaux parlementaires ne commenceront que le 27 novembre, comme l’a annoncé François Legault la semaine dernière.

177 000 $ pour les bureaux de circonscription

Chaque député, qu’importe le parti, dispose d’une masse salariale de 176 771 $ pour la rémunération de son personnel. Ce budget peut cependant être augmenté selon la taille de certaines circonscriptions, qui nécessitent par exemple la présence d’un autre bureau pour couvrir l’ensemble du territoire. Chaque élu peut répartir cette somme à sa guise.

En attente d’une reconnaissance et d'un budget

Une fois ce « beau défi » passé, Québec solidaire va s’atteler à un autre, encore plus important : nettement agrandir l’aile parlementaire du parti aux plus de 20 000 membres, qui compte actuellement 8 employés, dont 2 temporaires, embauchés juste après les dernières élections pour tenter de gérer le flux de demandes.

Or, avant de pouvoir recruter massivement, QS doit attendre les résultats des négociations avec la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ), les deux seuls partis reconnus officiellement à l’Assemblée nationale, qui bénéficient ainsi de sommes supplémentaires pour des travaux de recherche et de soutien.

Pour obtenir automatiquement ce statut, une formation politique doit avoir un minimum de 12 sièges ou au moins 20 % des voix dans l'ensemble de la province. Tout comme le Parti québécois, qui vit la même situation, QS souhaite ainsi un compromis avec la CAQ et le PLQ.

On doit gérer 10 députés avec les moyens pour 3 députés. On grandit, on travaille avec beaucoup d’enthousiasme. On ne fait pas de listes de gens qui vont perdre leur emploi. C’est plus agréable, c’est motivant.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS

« Le jour et la nuit », assure Nadeau-Dubois

« On trépigne d’impatience de débuter les négociations. Pour nous, ce serait le jour et la nuit. Par le passé, on s’est débrouillés, mais les autres députés ont toujours eu plus de ressources que nous. Il faut une égalité entre députés. Le bipartisme, c’est terminé, et l’Assemblée nationale doit refléter la pluralité des votes », ajoute Gabriel Nadeau-Dubois.

« Minimalement », complète Christian Dubois, directeur de l’aile parlementaire de QS, le bureau du parti, à Québec, doit tripler.

« Il nous faut des gens pour faire des recherches, faire le suivi des projets de loi, des commissions parlementaires, suivre toute l’actualité politique, préparer les questions à poser et regarder les demandes des citoyens », détaille-t-il.

Manon Massé parle en conférence de presse, tout les députés élus de QS se tiennent derrière elle.Manon Massé avec les neuf autres députés de Québec solidaire Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Des « talents » à convaincre

Si Gabriel Nadeau-Dubois a bon espoir d’obtenir cette reconnaissance officielle avec un budget adéquat, trouver le personnel approprié pourrait toutefois s’avérer complexe.

Il y a toujours eu beaucoup de gens qui veulent travailler avec Québec solidaire, mais on n'a pas toujours les moyens pour chercher plus de talents.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS

Sans dévoiler de chiffres, le parti reconnaît que les salaires proposés par les formations politiques, qui viennent avec des conditions de travail parfois compliquées, avec de longues journées, rendent la tâche difficile.

« Ce n’est pas le pactole, c’est un travail contraignant, exigeant, avec pas mal de stress. On ne peut pas offrir la même chose qu’un cabinet d’avocats ou une boîte de relations publiques », admet Christian Dubois.

Ce dernier mentionne également vouloir « améliorer les conditions qui sont modestes » des personnes déjà en place, si QS obtient cette importante rallonge budgétaire.

Notre défi, c’est de bien entourer nos députés. Il n’y aura aucun back bencher. Ce sont tous des gens hyper actifs, on s’attend à ce qu’il y ait beaucoup de travail.

Christian Dubois, directeur de l’aile parlementaire de QS

« La politique, on ne fait pas ça pour l’argent, mais par principes. C’est un défi d’attirer des talents », ajoute Gabriel Nadeau-Dubois, précisant que le parti « privilégie » les candidatures provenant des secteurs public, communautaire et syndical, et qu'il prône « la conciliation travail-famille ».

Malgré des moyens plus limités, mais grâce à « des idées emballantes », selon Christian Dubois, QS assure avoir reçu « des tonnes » de candidatures depuis quelques semaines. Des journalistes et des conseillers financiers ont eux pris contact avec le parti, glisse-t-on.

Bien qu'« aucune approche » n'ait été faite, reprend Gabriel Nadeau-Dubois, la porte est également ouverte aux ex-employés des autres formations politiques.

« On ne discriminera personne, mentionne l'ex-leader étudiant. On s'assurera juste que cette personne adhère à la philosophie de Québec solidaire. »

Manon Massé et son cabinet fantôme

À l'Assemblée nationale, Manon Massé défendra les dossiers liés aux affaires autochtones, aux changements climatiques et à la réforme du mode de scrutin.

Gabriel Nadeau-Dubois sera quant à lui responsable de l'éthique et de l'éducation supérieure.

Élu dans Laurier-Dorion, Andrés Fontecilla s'occupera notamment de l'immigration et du logement, alors que Ruba Ghazal (Mercier) s'est vu confier l'écologie et la transition économique.

Les finances ont été attribuées à l'ex-journaliste Vincent Marissal (Rosemont) et la justice sociale, tout comme la sécurité publique, à Alexandre Leduc (Hochelaga-Maisonneuve).

Députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien parlera entre autres de l'agriculture, du tourisme et des affaires municipales.

L'élue de Sherbrooke, Christine Labrie, sera responsable de l'éducation, de la famille et de la condition féminine.

Catherine Dorion sera porte-parole en matière de culture nationale, alors que Sol Zanetti devient responsable des dossiers de santé et d'indépendance.

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